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Barberousse vu d'Italie

Le Moyen Âge est la période de l'Histoire située entre l'Antiquité et la Renaissance. Traditionnellement, on le fait commencer en 476 et le terminer en 1492.

Messagede armoisine » 24 Fév 2006 21:46

Emanation du sujet de capes. Ca me fait un condensé de révision et ça peut intéresser...

L'angle envisagé est la situation des villes d'Italie mi XIIè-miXIVès.

Or le début de la période s'ouvre avec l'avènement de Frédéric Ier Barberousse (si quelqu'un peut me dire d'où vient le surnom...). Empereur en 1152, il compte rétablir ses droits, son auctoritas sur le royaume d'Italie, où les villes ont profité d'une "vacance" de l'autorité pour s'émanciper. En effet, une autorité supérieure est nécessaire pour gérer les affaires publiques; la déficience du pouvoir impérial encourage les plus hardis et les plus à même d'exercer le pouvoir à s'organiser et à créer une communauté gouvernante. Par un serment commun, des institutions se mettent en place pour gérer la ville et ses premeirs représentants sont issus de la noblesse.
Ceux-ci sont également trop heureux de pouvoir récupérer un pouvoir temporel trop longtemps exercé par des autorités ecclésiastiques dont la réforme grégoreinne reconneit que ce n'était pas la mission première.

Les évêques, qui ont maintenu les villes face aux menaces extérieures, ont accumulé les biens et les pouvoirs temporels. Or il s'agit de revenir à une vision de la religion plus authentique et sans s'éclipser totalement, le pouvoir des évêques recule au profit des communes émergentes.

Quant il s'agit de récupérer le pouvoir sur un domaine comtal, la pénétration est facile. Il y a plus de réticences de la part du gouvernement épiscopal, mais le tout se passe sans heurt majeur, au début du XIès.

Il s'agit alors d'une commune dite "aristocratique", du fait des capitanei et vavasseurs, descendants des grandes familles. Les institutions varient d'une ville à l'autre et concernent quasi exclusivement les villes du Nord, de la Toscane à la Vénétie.
Le sud étant, depuis Roger Ier de Sicile notamment, sous la coupe des normands qui établissent une monarchie centralisée où la commune n'a pas lieu d'être.

L'organisation en commune est autonome, s'arroge ou développe le droit de battre monnaie, de construire des murs etc. Toutefois, la société y est assez poreuse. La fortune permettant l'accés à la partie haute de la citoyenneté: pouvoir se payer un cheval et un équipement militaire permet de participer à la défense de la ville dans la société des milites, sans distinction de naissance.

Toutefois, c'est l'avènement de Barberousse et ses ambitions politiques qui vont affirmer ce shéma politique.
En effet, dés 1154, il impose via la diète de Roncaglia le retour des droits régaliens et la soumission des cités dans l'ordre impérial. Milan, déjà largement avancée dans le processus est réticente et résiste.
C'est donc à l'occasion de la seconde diète de Roncaglia que Barberousse impose à Milan, défaite, une humiliation et un retour à l'ordre (les consuls et citoyens de Milan doivent venir demander pardon pieds nus, amende, serment de fidélité, restitution des droits). Il proclame ses droits régaliens, appuyé en cela par 6 professeurs de droit de l'Université de droit de Bologne, fer de lance du renouveau du droit romain. Il délègue des podestats dans ces villes, chargés de surveiller les autorités communales.

Forcément, les villes du Nord résistent. Mais en 1162 Milan échoue à nouveau et cette fois ci la ville est rasée. La sentence est dure et soulève l'indignation. A tel point que le pape, réticent jusque ici à l'émancipation des communes dans ses propres états, soutient les communes qui se regroupent en 1167 dans la ligue lombarde.
Milan est l'âme de la résistance et grâce aux efforts de tous, la ville est reconstruite. Qui plus est, l'empereur est battu à Legnano en 1176, la légende historique retenant le rôle de l'infanterie populaire milanaise (oubliant parfois le rôle des autres villes).

Cet acte signe la revanche de Milan. L'acte symbolique d'une milice communale terrassant l'empereur.

L'issue du conflit est la paix de Constance en 1183.
Au préalable, Barberousse a pris soin de séparer le pape des communes par une paix séparée.
La paix de Constance est plus une reconnaissance mutuelle qu'un traité de paix.
Pour l'empereur, il s'agit d'oublier les insolences par magnanimité. Il laisse aux gouvernements communaux ce qu'ils avaient coutume de tenir (droits et communaux, consulat, juridiction, vassaux royaux). C'est en quelque sorte une concession à titre de seigneurie (fief) et selon lui, un rétablissement de son autorité.

Mais pour les communes, c'est leur acte de naissance officiel. La reconnaissance de leur légitimité sur l'échelle du pouvoir. Ce texte fondateur de leurs "libertés" est donc inscrit dans le livre de droit de la commune (parrallèlement, développement d'une culture du notariat et de l'acte écrit).

On peut dire que ce texte consacre le gouvernement des communes et par là même le fractionnement du royaume d'Italie.
Si la lutte contre Barberousse a eu un effet unificateur et, à terme, légitimiste, la paix de Constance inaugure une ère de lutte entre groupes influents qui déchirera les villes d'Italie du Nord. L'essor commercial donnant aux luttes de factions une teinte économique qui supplante largement l'intérêt politique.

Voili voilà, corrections bienvenues!
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Messagede armoisine » 25 Fév 2006 12:07

Ben il était effectivement roux Barberousse....

Image

Je ne sais pas pourquoi je le voyais brun dans les illustrations. Bon, c'était évident en fait.

D'ailleurs ce surnom est assez courant:
Le nom de Barberousse désigne en réalité deux frères:
Baba Arudj (Mytilène, v.1474-Tlemcem, 1518)et
Khizr, Khayr ed-Din (Mytilène, v.1476-Istanbul), 1546 Corsaires
Il y retrouva son frère Khizr qui était également devenu un corsaire redouté, et tous deux se mirent au service du sultan de Tunis. Il y pris le surnom de "Baba Arudj" ("père Arudj") qui se transforma en "Barberousse" pour les occidentaux, surnom d'autant plus adéquat qu'il correspondait à la couleur de sa barbe.
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Messagede Ytyuï » 25 Fév 2006 13:52

Il n'y a pas une histoire avec Froiçois d'Assise? mais je ne sais plus à quel siècel ni où précisément. Mais c'était dans les petites guéguerre entre communes...
Barberousse(pas le vraie, celui du forum^^) va bien aimer ce sujet je crois! Faudra qu'il nous montre quand il l'aur enfin sa barbe! :D
Pourquoi devoir gagner sa vie alors que les dieux nous la donnent à la naissance?

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Messagede armoisine » 25 Fév 2006 14:03

La figure de françois d'Assise émerge en 1217 quand il conçoit un ordre sur le modèle de l'humilité apostolique.
Il est donc contemporain de Frédéric II, deuxième empereur à vouloir redresser les droits impériaux sur la péninsule. D'autant plus que frédéric II est à la fois empereur et roi de Sicile en 1220...

Je poursuivrai à son sujet plus tard, mais effectivement, l'émergence des ordres mendiants a une histoire en lien avec la ville: le mode de vie urbain, l'enrichissement mais le contexte de guerre, tout cela appelle une nouvelle foi plus en accord avec la pauvreté évangélique, et les ordres mendiants, qui s'établissent en ville, contribuent à la diffusion d'une nouvelle pastorale au sein des communes.
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Re: Barberousse vu d'Italie

Messagede Janus » 25 Fév 2006 17:35

Je me suis mieux documenté sur ça et je dois dire qu' il me semble tout correcte! Je veux seulement ajouter quelque petite chose ...

armoisine a écrit:Frédéric Ier Barberousse (si quelqu'un peut me dire d'où vient le surnom...).
Comme tu as dit, c'était tout simplement la couleur de sa barbe: ce sont les italiens qui lui ont donné ce surnom (peut etre parce-que ici les cheveaux roux sont vraiment tres rares!)

armoisine a écrit:Qui plus est, l'empereur est battu à Legnano en 1176, la légende historique retenant le rôle de l'infanterie populaire milanaise (oubliant parfois le rôle des autres villes).
.... oui! il s'agit de la "Compagnie de la Mort" milanaise (si j'ai bien compris). Ils utilisaient comme cri de guerre ( vu qu'il y a une discussion sur ça) " Saint Ambroise, Saint Ambroise!" ... qui était le Saint protecteur de Milan!

armoisine a écrit:Toutefois, la société y est assez poreuse. La fortune permettant l'accés à la partie haute de la citoyenneté: pouvoir se payer un cheval et un équipement militaire permet de participer à la défense de la ville dans la société des milites, sans distinction de naissance.
Oui ... mais je crois (mais je peux me tromper!) que ça en effet c'était bien rare: pour ce qui je me rappelle, ça était bien plus frequente à partir du XVeme siecle ... :?

armoisine a écrit:On peut dire que ce texte consacre le gouvernement des communes et par là même le fractionnement du royaume d'Italie.
Si la lutte contre Barberousse a eu un effet unificateur et, à terme, légitimiste, la paix de Constance inaugure une ère de lutte entre groupes influents qui déchirera les villes d'Italie du Nord.
En effet, j'ai lu aujourd'hui une chose assez interessante ...
Les italiens du Nord ont lutte pour obtenir l'Autonomie ... et pas l'Independance de l'Empire! Il n'était pas dans la mentalité de l'époque l'idée d'une complete independance! L'Empereur était "un pere trop severe" duquel il était necessaire s'affranchir ... mais pas se separer completement! Il y a des historiens qui supposent aussi que les italiens soient trop liés à l'institution imperielle ( de tradition romane). Pour eux c'était peut etre inconcevable de n'avoir pas un Empereur! Ce qu'ils voulaient ( selon certains historiens) c'était un Empereur qui laisse l'Allemangne et qui retourne où l'empire est né ...
Il s'agit seulement d'une theorie, mais je voulais vous la signaler! :)
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Messagede armoisine » 25 Fév 2006 18:04

Oui, en fait on dirait que la période, sans remettre en cause l'autorité supérieure cherche bien plus d'autonomie, mais laissée aux influences multiples, forces centrifuges, le pouvoir communal va éclater.

La souveraineté dans le cadre de la paix de Constance est admise, même si l'empereur et le pape continuent de se disputer. Mais avec les luttes de factions, l'autorité intermédiaire devient un jeu pour les plus puissants.

Il y a un trio empereur-pape-communes.
Mais à partir de la mort de Frédéric II en 1250, les empereurs se retirent de l'échiquier italien et les luttes d'influences se compliquent. Les institutions aussi, notamment sous la direction des communes populaires qui prennent de nombreuses mesures contre la participation au pouvoir des magnats. Condamnations et bannissements, guerre et violence, le pouvoir démocratique touche à ses limites.

De l'instabilité naît le désir d'un pouvoir fort et dés la fin du XIIIè, des seigneuries voient le jour.

J'ai retenu l'exemple de Milan, sous la conduite de Matteo Visconti. Une principauté se constitue notamment en gagnant des territoires contre les villes voisines. Victoire marquante contre Alberto Scotto, personnage typique de l'Italie des communes: homme d'affaire, commerce et seigneur de Plaisance.

Pour Gênes c'est plus confus. La ville est un vrai laboratoire d'expérience politique, et de ce fait, fortement instable. De 1256 à 1339,
commune populaire sous la direction d'un capitaine du peuple (métiers mineurs: artisans etc + nobles gibelins),
podestat,
re-capitaine du peuple, retour de la dominartion de l'empereur,
dyarchie guelfe (seigneurie de Robert d'Anjou, roi de naples et vicaire impérial),
nouveau soulèvement populaire avec la création d'un abbé du peuple,
en 1339, l'abbé du peuple décline le titre pour se faire nommer seigneur et doge à vie.
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Messagede Barberousse » 25 Fév 2006 18:18

Ytyu a écrit:Il n'y a pas une histoire avec Froiçois d'Assise? mais je ne sais plus à quel siècel ni où précisément. Mais c'était dans les petites guéguerre entre communes...
Barberousse(pas le vraie, celui du forum^^) va bien aimer ce sujet je crois! Faudra qu'il nous montre quand il l'aur enfin sa barbe! :D

:lol: Toujours le mot gentil...n'est ce point Ytyu?La grandeur de Barberousse n'est point dans sa barbe mais dans son audace!D'ailleurs tout était grand chez cet homme....Ces projets et ses ambitions tout autant que ces réalisations :wink:

P.S:J'ai pas de barbe...encore moins rousse!!
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Messagede armoisine » 25 Fév 2006 18:20

Je connais mal son régne en Allemagne mais concernant l'Italie, il s'est quand même ramassé. Son expédition n'a fait qu'entériner au final une situation de fait...
Enfin, on peut pas être bon partout!
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Messagede Barberousse » 25 Fév 2006 18:37

C'est vrai que son expédition en Italie c'est révélé un échec masi personelement ce qu'il a fait en Allemagne me satisfait amplement et puit la croisade...Et là encore un éhec.Mais il avait de l'audace , ca on ne poura l'en retirer mais sans doute ces rêves étaien trop grands pour lui.Je crois que c'est en ca qu'il me va bien le pseudo:j'ai plein d'ambitions mais en ai je les capacités ? :wink: Enfait c'est un personnage historique incontestable.
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Messagede armoisine » 25 Fév 2006 19:08

Tu as raison, en ça aussi j'aime bien le règne de Charles Quint, grand projet et dimension universelle....
La formule "le soleil ne se couche jamais sur le royaume d'espagne" (avec ses colonies partout dans le monde, il y a toujours du soleil à un moment qualque part sur la terre d'Espagne), l'extension maximum des habsbourg en Europe, ça à de quoi donner le vertige.....

Mais les grandes ambitions ont un prix et surtout une durée de vie éphèmère. Exception faite de l'empire romain je pense, pour les raisons qu'on sait. Qu'en sera-t-il des Etats Unis?..... Je m'égare :lol:
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