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Bois, pacages et troupeaux

Le Moyen Âge est la période de l'Histoire située entre l'Antiquité et la Renaissance. Traditionnellement, on le fait commencer en 476 et le terminer en 1492.

Messagede Jehan » 06 Avr 2006 18:09

L'importance des bois au MA pour le chauffage, la construction mais également la nourriture du bétail est bien connue. Ci-dessous, la prise à cens d'un bois et buisson par des villageois, déterminant les droits du duc de Bourbonnais et ceux des comparçonniers, ainsi que les modes d'exploitation et de partage.

AN – P 13561, cote 176

A tous ceulx…. Estienne Gort, secrétaire et garde du seel…., salut.

Comme à l’instance et requeste du procureur mondit seigneur, le bois appellé le buisson de Chamesgue eus esté mis, par le vouloir et consentement de mondit seigneur le duc et de son conseil, en crié et adsence perpétuelle pour et au prouffit de mondit seigneur et des siens, et aussi par le rapport de messire Resmond de Rochedragon, chivalier, seigneur d’Aulchiers, maistre des eaux et fourestz de Bourbonnois et Guillaume de Laval, son lieutenant, et des autres officiers de mondit seigneur en sa chastellenie de Souvigny, lequel bois et buisson est assis en la parroisse de Maregny, joignant le chemin par lequel l’en va de Souvigny à Saint Menoulx à main dextre d’une part, le chemin tendant de Blagine à Coulendon d’autre part, le bois du seigneur de Chamesgue et de Pierre des Naulx, seigneur de Thianges, ‘autre part, le champt Phelippot et les bois qui furent à Jehan de La Loue de Bourges et des frères meneurs appellez les frères de Chamesgues d’aure part, et eust esté ledit bois mis en crié et subhastacion par plusieurs fois et plusieurs journées aussy comme il est acoustumé de faire en tel cas pour les bailhes et adsences de mondit seigneur.

Amprès lesquelles criées et subhastacions fussent venus par devers messeigneurs des comptes en la chambre des comptes de mondit seigneur à Molins aucuns des dessoubz nommez, lesquelx fussent venus offrir et mectre audit bois à la somme de six livres de cens ung chascun an, à paier à mondit seigneur ou à son receveur de Souvigny es aises d’une chascune feste de Saint Michiel.

A laquelle mise et adsence ilz eussent esté receus

Mes pour ce que l’entencion de mondit seigneur ne de messeigneurs de son conseil n’estoit point que ledit bois fust baillé ne estroussé en manière que ce fust pour tenir ensarrez les habitans des villages estans alentour dudit bois et buisson, mes plus pour les eslargir et aisez, leur ait esté enjoinct et ordonné que se tirassent par lesdits villages mesmement es plus prouchains et à qui estoit ledit bois plus propice et nécessaire, et que ceulx là ilz accompaignassent avecques eulx à laditte adsence qui s’y vouldroit accompaigner.

Et certain jour ilz feroient assavoir au procureur de mondit seigneur qu’ilz avoient assemblez ceulx qu’ilz vouldroient estre consors et compaignons en ladicte adsence / Ledit procureur monseigneur se transporteroit en ladicte ville de Souvigny pour recevoir les promesses, obligacions et adsences que lesdits parçonniers et adsenceurs en feroient à mondit seigneur, et autres accords qui sur ce seroient fais, amises et ordonnés.

Savoir faisons que aujourduy, date de ces présentes lectres, par devant Jehan Vignaut, clerc, juré et notaire de ladicte chancellerie et le nostre…

Personnellement establis Guillaume Ducreulx, bourgois de Souvigny, Jehan Temporaulx l’ainsné, Pierre Resmond dit Jallet, pour lui et prenant en main et soy faisant fort…par Hugonin Temporault absent…, Jehan Coheret, André Guérin, Jehan Loubier fils de Hugonin Loubier demorans au village de Bort, Jehan Gaultier, Phelipon Mauguin, Hugonin Debouilliers alias Depolié, Jehan Picaut et ehan Hérault demorans au village de Polié, lesquels… d’une part,

Et honnorable homme et saige maistre Jehan de Lorme, licencié en lois, procureur de mondit seigneur en sa chambre des comptes, d’autre part

Iceulx Guillaume Ducreulx, Jehan Temporault et autres dessus nommez ont pris et adcensé par manière d’adcense perpétuelle le bois et buisson de Chamesgue ainsy que dessus est confiné, pour le pris et somme de six livres de cens annuel et perpétuel qu’ilz en doivent…

Et a esté accordé entre lesdittes parties que lesdits preneurs ne les leurs ne pourront ne leur layra convertir ne emploier ledit bois en autre nature, fors que en nature de bois ou de pasturage ou de prez.

Item plus a esté accordé que lesdits preneurs et les leurs useront dudit bois en fait de pasturaige et aisement pour leurs bestes coniointement et par indiviz, sans ce qu’ilz en puissent faire division ne partage entre eulx pour en user chascun particulièrement et divisément, afin en droit amis en useront tous par commun et par indivis, et sans ce que l’un se puisse douloir de l’autre du nombre des bestes qu’il tiendra et aura dedans ledit bois, sy non que ce fussent bestes de grant charge pour ledit bois et qu’ilz ne fussent pas du demaine de cellui qui les y tiendroit, sy non qu’il les tint acertés et achaptez d’autruy, et sur ce seront contrains par serment et autremens de certifier de leur droit es autres compaignons et parçonniers dudit bois.

Item a, en tant que touche la despoilhe dudit bois croissant et parvenant dudit bois, a esté accordé et appointé qu’il n’en layra à nulz desdis parçonniers d’en prendre ne emmener sa part et porcion dudit bois quelle que elle soit sans le consentement desdis consors et parçonniers et jusques ad ce que partage en soit fait entre eulx.

Item plus a esté accordé que nul desdis parçonniers ne des leurs ne pourra vendre, aliéner ne transpourter sa part et porcion dudit bois à nul autre quelxconque sy ce n’est desdis parçonniers sans le vouloir et consentement des autres parçonniers et de messeigneurs du Conseil de mondit seigneur qui sont à présent et seront par le temps advenir.

Et s’il advient que aucun face le contraire, de survenant, sa part et porcion sera acquise à mondit seigneur pour en faire et disposer ainsi que l’en advisera.

Lesquelles choses ainsi faictes et déclairées… ledit masitre Jehan De Lorme, procureur dessusdit… retenu et réservé à mondit seigneur tout droit de seigneurie et de justice dudit bois.

Item a esté accordé pour ce que lesdis preneurs ont baillé les confinacions dudit bois, que s’y aucuns héritages se trouvoient dedans lesdites confinacions, que mondit seigneur ne garentira point iceulx héritages esdits preneurs.

Item a esté accordé que lesdits preneurs et un chascun d’eulx ont fait et constitué, ordonné et estably, et par ces présentes font, constituent, ordonnent et establissent leurs procureurs généraux et certains messaiges espéciaulx un chascun desdits preneurs ou deulx d’iceulx, et leur ont donné et donnent plain pouvoir, auctorité et mandement espécial de passer ledit traicté et accord en la main de mesdits seigneurs des comptes à Molins, et en avoir lettres de l’estrousse et consentement de mesdits seigneurs selon les convenances et accords dessus déclarés.

Car ainsi l’ont voulu, consenti et actordé…

Donné tesmoings à ce présents et par ledit juré appellés, Jehan Lary dit Denisot, Pierre Janet, clerc, Jehan Temporault le jeune, Jaquet Gaultier et Simon Quoquelin, parrochains de Souvigny, et Bernard Chérion, parrochain de Besson, le neufviesme jour d’octobre l’an mil quatre cens quarente et neuf.

Signé : Vignault

Ratifié par acte du 10 octobre 1449 par la chambre des comptes.
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Messagede Jehan » 06 Avr 2006 18:26

Toujours à propos des bois : mais là à bâtir et chauffer

P 13562 - cote 253

A tous ceulx… Jehan Baudereul, bourgois de Saint Pierre le Moustier et garde du seel aux contractz establi pour le Roy nostre sire en la prévosté dudit lieu, salut.

Comme procès soit meu et plus grant espère de movoir par debvant le maistre des eaulx et fourestz de Bourbonnois en la Court de la sénéchaussée de Bourbonnois et ailleurs

Entre le procureur du demaine et aussi le procureur fiscal de monseigneur le duc de Bourbonnois et d’Auvergne, d’une part

Et Berthon d’Aarson, escuier, seigneur du Boyrat, d’autre part.

A cause de l’usaige que ledit du Boyrat prétend ez fourestz de Blommar, Tronceon, la Fourest au Conte et de la Brosse, tant pour bastir que pour chauffaige en la manière et qualité définée par luy au procès.

Ledit procureur monseigneur disant au contraire, et que s’il l’avoit, ce ne seroit que pour chauffer, ou pour nécessité de bastir, et pour la maison de Boyrat tant seulement, et à le prendre par le commandement dudit masitre des eaulx et fourestz et par l’arpenteur et au marteaul et non autrement. Et tendoit affin de commise dudit usaige et de amendes arbitraires pour plusieurs excès et abuz qu’il disoit avoir connnus par ledit de Boyrat et plusieurs autres choses dites d’un chacun cousté.

Savoir faisons que par devant Gilbert Tard et Jehan Bergier, clercs, jurez et notaires du Roy furent présents en leurs personnes mondit seigneur le duc de Bourbonnois et d’Auvergne d’une part, et ledit Berthon Darson pour lui d’autre part.

Lesquelles parties…. ont transigé et accordé ce qui s’ensuit.

C’est assavoir que ledit d’Arson aura sondit usaige et lez siens esdites fourestz selon ce que ses tiltres contiennent pour sa maison de Boyrat tant seulement pour chauffer et bastir, à le prendre par l’ordonnance et commandement dudit maistre dez eaulx et forestz et par la main de l’arpenteur à seing de marteau et non autrement, ainsi que conviennent, font et use les autres usaigiers de Bourbonnois.

Et mondit seigneur le duc pardonne et quicte audit d’Arson lesditz exceps et Habuz mentionnés au procès et autres semblables connus par cy devant par luy ou ses serviteurs et familliers, ensemble les amendes et commise dudit usaige qui s’en fussent peu ensuivre, cesseront tous procès meuz à cause de ce, et en impose mondit seigneur scilence à sondit procureur.

Fait au chastel de mondit seigneur le duc à Molins, tesmoings… noble homme et saige maistre Jehan de Saint Aon, chancellier de mondit seigneur le duc et Anthoine de Foulet, escuier d’escurie de mondit seigneur le duc.

13 mai 1479.
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Messagede Foulques » 14 Avr 2006 21:15

Bon, j'ai essayé honnêtement mais c'est franchement ardu ton truc...

Une traduction ? Quelques commentaires ? Pourquoi avoir choisi ces actes là et non d'autres ? Qu'est-ce que ça t'inspire ?

A te lire, Jehan :wink:
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Messagede Jehan » 15 Avr 2006 11:50

J'ai un faible pour la vie rurale au MA. Non seulement les cultures, mais aussi l'élevage, l'exploitation des eaux et forêts. Le Moyen Age, ce n'est pas des nobles et des chevaliers, forts peu nombreux au demeurant, mais d'abord et avant tout une masse de paysans. Puis progressivement, quelques villes d'abord les restes de villes antiques, réduites, très réduites, avec leurs églises cathédrales, ou quelques chapitres canoniaux en plus de ceux existants auprès des cathédrales ; peu de villes closes au départ contrairement à beaucoup d'idées reçues, bien des enceintes urbaines ne se développant guère avant le courant du XIII° siècle, et parfois plus tard encore. Donc peu de bourgeois, d'artisans et d'ouvriers urbains, sauf quelques cas notables.

Donc, en ce qui concerne mes centres d'intérêt, paysans d'abord, les autres, nobles, écclésiastiques et moines, bourgeois, artisans et ouvriers, seulement ensuite.

J'ajoute que la classe nobiliaire et les religieux m'intéressent en grande partie en fonction des relations avec la paysannerie. S'ils sont peu nombreux, nobles et religieux forment la structure sociale dominante, et un des problèmes les plus importants est d'essayer de comprendre le système socio-économique et le système de pouvoir.

Réflexion peu appropriée à ce thème seul, mais à relier à certains autres de mes envois.


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Messagede Foulques » 15 Avr 2006 22:14

Tout cela me paraît honorable, Jehan le sybillin (Jehan l'aiglon ?).

Mais nous restons alors sur notre faim sur ces textes...

Le Moyen Age, ce n'est pas des nobles et des chevaliers, forts peu nombreux au demeurant, mais d'abord et avant tout une masse de paysans.

C'est les deux. Ce qui est dommage aujourd'hui c'est d'oublier la part de conduite du domaine agricole dans le rôle de la noblesse, c'est à dire la part de travail, la part comptable aussi.
Regarde les moulins par exemple, gros investissement industriel. Qui dit investissement dit volonté et projet, planification à long terme. Les seigneurs étaient impliqués au premier chef dans le développement de l'économie locale.

Envoi : Prince demande à Dieu pardon...

Je crois qu'en l'occurence tu as plus feinté que touché... :wink:
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Messagede Jehan » 17 Avr 2006 20:18

Mon cher Foulques, je n'oublie pas le rôle de la noblesse dans le monde rural du MA. Dans ma province, et dans plusieurs provinces voisines, La Marche par exemple, beaucoup de petist nobles, en plus de leur petit fief prennent des terres en censive, et comme on dit à l'époque "exploitent par valets."

Quant aux moulins, la plupart sont affermés. Je n'ai pas trouvé trace dans ma région de moulin banal, alors que les fours banaux semblent ssez nombreux.

De plus, mes connaissances aux sources directes se limitent à la période de l'extrême fin du XIII° au début du XVI° . Il reste très peu de documents d'archives concernant les siècles précédents. Et ma connaissance du latin est pour le moins faible, en dépit de mes efforts tardifs ; de même en paléo, si je suis à l'aise pour la lecture du français médiéval des XIV° et XV°, je dois dire que les abréviations latines me déroutent encore. Se reporter sans arrêt à mes vieilles notes et à mes vieilles copies de manuels de paléo finit par me rebuter.

Malgré tout, je maintiens ce que j'ai écrit. Il ne faut pas oublier non plus le caractère prédateur du système féodal, même si on a parfois exagéré le côté noir, comme d'autres ont cherché abusivement à le dédouaner.
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Messagede Foulques » 18 Avr 2006 19:55

Bien, bien, mon cher Jehan :wink: , je vois que décidément il faut ouvrir ce fameux fil sur la propriété privée où tu pourra nous expliquer le caractère prédateur du système féodal. Moi j'ai plutôt envie de combattre la légende noire qui l'entoure :)
De la contradiction ne naîtra sans doute pas la lumière mais au moins quelques éclaircissements pour les lecteurs. L'avantage énorme étant que cette question n'est JAMAIS abordée dans les forums, alors qu'elle est très importante. Le désavantage étant que la question est si complexe que je ne pourrais faire que de grossiers résumés du peu que je sais.

Je me charge de l'ouvrir.

Jehan a écrit:Quant aux moulins, la plupart sont affermés. Je n'ai pas trouvé trace dans ma région de moulin banal, alors que les fours banaux semblent assez nombreux.

Une chose m'échappe : en quoi l'affermage empêche que le moulin soit banal ? Par contre, il est vrai que je me demande pourquoi alors, les fours n'étaient pas affermés. Une question de technicité, peut-être, le meunier étant un spécialiste ?
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Messagede Jehan » 19 Avr 2006 12:00

Mon cher Foulques, j'essaie de me tenir à équidistance de la "légende noire" qui est de mon avis beaucoup trop outrée, et de "l'angélisme médiéval" qui fait d'autres ravages au sein de quelques autres publics. Ce genre de débat me rappelle celui qui opposa du XIX° siècle jusqu'à la seconde guerre mondiale les partis républicains aux partis monarchistes et/ou catholiques, héritage politique de la cassure historique que créa la Révolution française.

Cela dit, je connais peu de sociétés qorganisées qui ne soient pas prédatrices : ce me semble être une des rares constantes de l'histoire que la coupure entre ceux qui se considèrent comme "les meilleurs" et tous les autres. J'ai en tête un article que j'ai lu autrefois dans le journal salvadorien "La Prensa" - j'ai bien peur d'en avoir perdu la coupure, hélas ! - qui était un véritable éloge de l'aristocratie au sens très général du terme, argumenté par un appel à l'Histoire, de la Grèce antique aux temps actuels, en passant par Rome, le Moyen Age européen et bien sûr la période moderne - post colombienne là-bas - avec pour leitmotiv qu'il est bien naturel que les mieux nés, les plus forts, les plus riches, et par conséquent les plus intelligents bien évidemment, exploitent et se servent de la "racaille" que constituent les pauvres, les faibles, en somme qui légitimait pour l'éternité la coupure entre exploiteurs et exploités.

Un seul exemple médiéval tout se suite, avant, si je trouve le temps, une réflexion plus approfondie : la disparition progressive des alleux, nobles ou roturiers, du fait de la pression des seigneurs châtelains lors de la création des bans seigneuriaux.

Pour terminer, un détail sur les moulins : j'ai écrit "affermé", mais pour beaucoup j'aurai dû dire "accensés" - mis à cens - ce qui n'est pas la même chose. Il est sûr dans ce cas que la profession de meunier était une profession nécessitant une grande technicité pour l'époque, non seulement en matière de meunerie proprement dite, mais, et sans doute surtout en matière d'entretien, voire de conception de l'équipement. Dans ma région, il s'agît presque eclusivement de moulins à eau, d'où barrages, biefs, canaux d'arrivée d'eau, vannes, roues, meules, arbres de transmission.. etc... Avec des moulins à céréales, mais aussi à foulon.
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Messagede armoisine » 19 Avr 2006 17:07

C'est une discussion de spécialistes ici :lol: !

Je voulais juste savoir quelle est la différence entre un moulin à ferme et un moulin soumis au cens... Il s'agit seulement du rapport entre le propriétaire et l'exploitant?
L'homme n'est pas entièrement coupable: il n'a pas commencé l'histoire; ni tout à fait innocent, puisqu'il la continue. Camus
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Messagede Jehan » 19 Avr 2006 17:32

En gros oui, Armoisine ! La différence tient essentiellement à la durée : le cens est normalement perpétuel, transmissible aux héritiers ; le seigneur "tréfoncier" en conservait la propriété éminente, ce qui se marquait par la perception du droit de lods et ventes en cas de mutation (l'équivalent des droits de mutation à titre onéreux actuels) ; le censitaire en a la propriété utile ; le cens restait immuable et donc avait tendance à se dévaluer ; cependant, en cas de décès, le bien revient au seigneur détenteur de la propriété éminente - on dit qu'il détient un droit de directe seigneurie qu'on abrège souvent en "directe". Dans ce cas, le seigneur dispose du bien, et il peut à nouveau le donner à cens par une procédure d'enchère, "l'estrousse", avec parfois plusieurs compétiteurs pouvant pousser les enchères. Deux éléments financiers sont à prendre en compte : le cens lui m^mem, payable annuellement, et généralement assez faible, mais ce n'est pas toujours le cas, et un droit d'entrée payable à la remise du bien, appelé "droit d'entrage" ou "introge"..
Dans le cas de l'affermage, le bail est de plus ou moins courte durée. La redevance annuelle à payer est plus forte que le cens, sans doute plus ou moins proportionnelle à l'estimation qui a été faite du revenu que le fermier peut tirer de l'usage.
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