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Contre la décadence

Les sources médiévales, difficilement lisibles, sont une aubaine pour les historiens. Elles permettent de donner des indications précises sur la société de l'époque.

Messagede armoisine » 28 Jan 2007 15:02

Ou bien

Le cheveu brillant comme un sou

Les cheveux peignés jusqu'au cou

Les cheveux arrangés avec soin
La barbe aux joues, les dents d'alun
(c'est pas blanc l'alun? remarque à l'oral on pourrait se demander qui est Alain)
L'homme n'est pas entièrement coupable: il n'a pas commencé l'histoire; ni tout à fait innocent, puisqu'il la continue. Camus
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Messagede vercoquin » 28 Jan 2007 15:31

On utilise la pierre d'alun pour les dents ? En ce cas, c'est pas mal. Si les gens ne comprennent pas, ça n'est pas trop grave. Je crois qu'en général, les gens ne comprennent pas vraiment ce que je raconte, et s'en satisfont !
Bon, "les cheveux arrangés avec soin", neuf pieds ! "peignés qu'ils sont, avec grand soin" ? (beaucoup de sons "ke" en occitan).
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Messagede armoisine » 28 Jan 2007 15:42

En fait on l'utilise sur la peau.... C'est plus pour la couleur.
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Messagede vercoquin » 28 Jan 2007 16:23

Oui, sur la peau, c'est très bien. Avoir les dents couleur pierre d'alun, par contre, c'est un peu curieux, non ? En fait, il est drôle, ce Bertran : "la barbe aux joues" !?
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Messagede vercoquin » 28 Jan 2007 17:13

Bon, je n'ai pas encore trouvé pour la barbe et les cheveux, mais voici mon travail de l'après-midi...
Un texte de Daudes de Prades (pour la version originale en occitan, n'y a qu'à barber Trencavel pour qu'il la scanne et la mette enfin sur son blog !). C'est écrit, semble-t-il, au tout début du XIIIè siècle. A savourer !

Amour me requiert en son nom
Pour que mon chant fasse savoir
Comment il m'a en son pouvoir
Et s'il m'est trop cruel ou non
Comme je vois qu'il m'en appelle
Que la saison se renouvelle
Lors de bon droit chanter je vais
Tant il est vrai que vais en paix
Qu'en mon coeur est entrée la joie
Que désormais je suis sa loi

Suivant de l'amour les leçons
Je peux maintenant m'émouvoir
Car j'ai placé tout mon espoir
Et ma pensée, mes intentions
En une dame fine et belle
Et suis aimé d'une pucelle
Et si ribaude bien me plaît
Je m'en amuse et m'en égaie
Pourtant serais-je moins courtois
D'amour si j'ai la part en trois ?

Amour veut bien que par raison
J'aime dame pour mieux valoir
Laisser pucelle en mes bras choir
Et surtout que je trouve bon
Si c'est fillette en prime selle
Lorsqu'elle est bien fraîche et nouvelle
Qui jamais ne me trahirait
Car avec elle si je la paie
Je couche un soir ou deux par mois
En rendant à l'amour son droit

Envers amour il est félon
Qui d'une dame veut trop avoir
N'est courtoise si laisse voir
Son corps à nu et l'offre en don
Qu'on ait l'anneau et la cordelle
Que l'on se croit roi de Castille
Seule a valeur cour d'amour vrai
Si même un seul baiser j'avais
Que le surplus, merci ma foi
Soit un trésor gardé pour soi

Franche pucelle est de saison
Qui a le front blanc comme ivoire
A mon côté voulant s'asseoir
Car suis venu en sa maison
Si je veux sentir son aisselle
Furtive étreinte de mamelle
Qui ne bouge ni ne s'effraie
Mais tâche à me serrer de près
Si j'ai baiser, oh ! cette fois
Je frôlerais le doux endroit

Quant à ribaude au joli con
J'espère au moins que sans histoires
Elle cède à tout mon vouloir
Sans querelle ni tension
Pour ôter chemise et gonelle
Et danser sur l'air que lui vièle
Et qu'avec grand soin l'on essaie
Des jeux d'amour tous les attraits
Et si elle en sait plus que moi
Qu'elle me montre alors la voie
Dernière édition par vercoquin le 28 Jan 2007 21:15, édité 2 fois.
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Messagede armoisine » 28 Jan 2007 19:49

"Contre la décadence".... Oui mais tout contre alors :lol: ! Quelle verve!

Pour le précédent, la couleur de l'alun c'est plus que curieux mais c'est tout ce qui m'est venu en tête....
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Messagede vercoquin » 28 Jan 2007 21:24

J'ai fait quelques corrections, mais rien sur Alain. La verve, ce fut celle de certains troubadours. Daudes de Prades s'exprime après une période où les chants furent consacrés à la sublimation de l'amour pur, Bertran de Born donne toute la fougue de la résistance de la socièté de paratge envers le roi capétien, Peire Cardenal, ancien chanoine, écrit après la croisade en albigeois. Tous trois composent en tour de force.
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Messagede vercoquin » 29 Jan 2007 20:41

Je prépare une séance grivoise (ceci explique cela). De Guilhem de Peitieu, premier troubadour connu (comte de Poitiers et duc d'Aquitaine, dit parce que ça change la portée du texte) :

Compagnons j'ai connu des cons vilénie
Et c'est bien affligé que chanter je puis
Nul mot pourtant ne saurez de ce que furent mes ennuis

Mais entendrez de qui je me plains ici
Des cons gardés ou des viviers mal garnis
Et des vantards idiots dont on ne peut tirer parti

Seigneur Dieu roi du monde soyez occis
Vouloir les cons gardés c'est une infamie
N'est pire pour une dame qu'une telle garderie

Je vous dirai du con qu'il en va ainsi
Si ce dont l'on use se trouve réduit
Le con pourtant plus l'on en use plus il se bonifie

Ceux qui ne voudront croire ce que je dis
Qu'ils aillent donc voir lorsque le bois fleurit
Pour un arbre qu'on y taille il en repousse trois au pis

Quand le bois est taillé bientôt reverdit
Le seigneur n'y perd ni rentes ni acquis
C'est tort de se plaindre de la taille si nul n'en pâtit
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Messagede Trencavel » 29 Jan 2007 21:26

à noter que le con dont parle le troub' n'a pas le même sens que celui d'aujourd'hui :) le con, à l'époque, désigne ..... le postérieur ! :)
Défends-moi par l'épée, je te défendrai par la plume .
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Messagede vercoquin » 29 Jan 2007 21:57

Trencavel, voyons! Le postérieur ! M'enfin non ! Le con, conin, le lapin, qui précède la chatte ! Allons ! Ou me trompé-je depuis longtemps !?
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