Avis aux amateurs et amatrices de poésie...
Je travaille actuellement sur une versification française d'un texte de Bertran de Born, troubadour de la fin du XIIè siècle. Je m'appuie sur le texte occitan, la traduction donnée dans l'"Anthologie des Troubadours" de Joseph Anglade, et une autre amenée sympathiquement par Trencavel, et que vous pourrez trouver ici:
http://img134.imageshack.us/my.php?imag ... ersdh9.jpg
J'aimerais connaître vos avis, vos critiques, autant quant à l'intelligibilité de mon adaptation que concernant son esthétique. Merci à vous !
Voici donc l'état de mon travail à cette heure :
J'adresse cette plaidoierie
A qui veut l'entendre chanter
L'honneur est mort valeur aussi
Et si je voulais les venger
Je tuerais tant d'ennemis
Plus que le monde à l'agonie
Plus que la mer puisse noyer
Que les brasiers puissent brûler
Il n'y a ni tort ni folie
Que ma chanson veuille chanter
Celui que Dieu a enrichi
Doit savoir pourtant sens garder
Que l'on soit riche ou démuni
En démesure n'est nul prix
Et tel qui veut trop s'élever
Jamais bien haut ne peut monter
Je sais royaumes où roi ne vit
Où sont barons en leurs comtés ?
Et je sais marches sans marquis
Puissants châteaux bien installés
Où il n'y a nul châtelain
Malgré pourtant des greniers pleins
L'on y mange une maigre part
Car le riche homme est un avare
Que de beaux harnois par ici
Autant que l'on veuille en trouver
Mais où Ogier est-il parti ?
Baudoin ? Bernard de Montdidier ?
Au grand soin des cheveux peignés
Les dents polies barbe taillée
Mais personne qui sache aimer
Ni cour tenir dame honorer
Les lâches ! Où est courtoisie ?
Où sont les châteaux assiégés ?
Où sont les cours en bonne vie
Et le seigneur sachant règner
Prompt à offrir de riches dons
Faire ce que doit sa mission
Soldats, jongleurs, déshérités
Je vois que tous ont déserté
Si le roi Philippe eut envie
Envers Richard de lui donner
Gisors beaux remparts beau pays
Richard doit l'en remercier
Si Philippe voulait l'affront
Richard ne bougerait talon
Sans la crainte de le trouver
Il ne fait rien qu'il soit damné
Papiols pars donc au plus tôt
Dire à Richard qu'il est un lion
Et que Philippe est un agneau
Qui ne dit rien quand on le tond.









