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Esclaves blancs, maîtres musulmans

Le Moyen Âge est la période de l'Histoire située entre l'Antiquité et la Renaissance. Traditionnellement, on le fait commencer en 476 et le terminer en 1492.

Messagede Foulques » 03 Fév 2006 22:59

On l’ignore totalement : au XVIe siècle, les esclaves blancs razziés par les musulmans furent plus nombreux que les Africains déportés aux Amériques. L’historien américain Robert C. Davis restitue les pénibles conditions de vie de ces captifs italiens ou espagnols*.

    On a pris aujourd’hui la mesure de la traite des esclaves noirs organisée par les négriers musulmans à travers le Sahara, ainsi qu’en direction du Moyen-Orient et des régions de l’océan Indien (1). On sait aussi que l’affrontement entre l’islam et la chrétienté a alimenté en maures et en chrétiens les marchés d’esclaves des deux côtés de la Méditerranée médiévale.

    Mais si des travaux, maintenant assez nombreux, avaient permis d’éclairer la question de l’esclavage dans les pays chrétiens, et notamment dans la péninsule Ibérique, on ne savait pas grand-chose de la condition réelle des esclaves chrétiens dans les États “ barbaresques ” d’Afrique du Nord. Une histoire souvent obscurcie par la légende.Professeur d’histoire sociale italienne à l’université d’État de l’Ohio, Robert C. Davis nous en livre désormais, dans un ouvrage remarquable, une approche véritablement scientifique. Le fruit de dix ans de travail, principalement en Italie.

    Car l’Italie, “ œil de la chrétienté ”, fut sans aucun doute, entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la région la plus touchée par les raids des Barbaresques, ou Africains du Nord. Des villages y furent sinistrés, des activités (comme la pêche) entravées, des esprits et des sociétés durablement secoués. La Méditerranée devenant “ la mer de la peur ”, nombre d’Italiens auraient alors délaissé les littoraux pour s’installer plus loin, vers l’intérieur. A propos des effets à long terme de ces razzias, l’auteur va jusqu’à parler de “ désastre social et psychologique ” – une question qui mériterait sans doute des études plus étoffées.

    Un million d’esclaves entre 1530 et 1780

    Les causes de l’esclavage des chrétiens sont tour à tour mentionnées par Robert C. Davis : la Reconquista, le désir, de la part des musulmans, de prendre une revanche sur les croisades, l’appât du gain. Mais ce qui l’intéresse, c’est surtout la question des conditions de vie de ces esclaves. Une question qui fut l’un des thèmes porteurs de l’historiographie consacrée à l’esclavage américain, et que Robert C. Davis tente d’appliquer, ici, à l’esclavage musulman.
    Difficile d’estimer le nombre des esclaves blancs dans les pays barbaresques. On ne dispose que de données partielles, d’époques différentes, qu’il faut recouper avec soin. Parfois même se contenter de projections.
    Contre Fernand Braudel, qui en avait minimisé l’ampleur (2), tout ce travail conduit l’auteur à une nouvelle pesée du phénomène. Estimant à environ 15 % le taux de mortalité des esclaves déjà plus ou moins acclimatés à leur nouvelle condition, il évalue entre un million et 1250000 le nombre d’esclaves blancs détenus, entre 1530 et 1780, sur un territoire s’étendant de l’Algérie à la Libye actuelles. Au XVIe siècle, il y avait donc annuellement plus d’esclaves blancs razziés que d’Africains déportés aux Amériques.
    90 % au moins de ces esclaves blancs étaient des hommes. Et comme on ne leur laissa guère l’occasion, de fait, d’avoir une descendance, la seule chose d’eux qui aurait pu leur survivre est le produit de leur travail, du moins pour ceux qui étaient affectés à de grandes tâches étatiques : construction de digues, de fortifications, de ports, de rues ou encore de palais. Mais une bonne partie de ces constructions a disparu. Cette institution, qui dura pourtant près de trois siècles, n’a donc laissé pratiquement aucune trace perceptible. “ L’autre esclavage ”, écrit Robert C. Davis, est ainsi devenu “ l’invisible esclavage ”.

    Au XVIe siècle, de vastes opérations militaires étaient menées par les États barbaresques, jusqu’à l’intérieur des terres ennemies pour se procurer des esclaves. Mais, à partir des premières décennies du XVIIe siècle, les captifs blancs furent surtout le produit d’opérations corsaires privées. La valeur des esclaves pouvait représenter entre 20 et 100 % de celle des autres prises, navire et marchandises inclus. Aussi les Barbaresques s’occupaient-ils directement, non seulement de capturer les esclaves, mais aussi de les transporter et de les vendre.

    L’appât du gain était renforcé par l’arrière-plan conflictuel entre chrétienté et islam. Sinon, comment comprendre l’horreur toute particulière que les cloches des églises des villages qu’ils razziaient inspiraient aux corsaires – dont certains étaient des chrétiens renégats ? Des cloches qu’ils déposaient souvent, et parfois emportaient avec eux – le bronze n’étant pas sans valeur. La violence exercée lors de ces raids avait également une tonalité en partie symbolique qui permettait d’entretenir la crainte des populations littorales.
    Même chose pour les humiliations infligées dès leur capture aux nouveaux esclaves : obligation de se dénuder, administration de coups à l’aide de cordes à nœuds, puis, à leur arrivée à bon port, défilé des nouveaux asservis destiné à officialiser le triomphe de leurs nouveaux maîtres. Ainsi désocialisés, les esclaves étaient plus facilement soumis.

    D’abord un peu mieux traités, afin qu’ils s’acclimatent correctement, ils étaient ensuite orientés vers des activités variées, allant du travail dans les orangeraies de Tunis au service domestique. Néanmoins, la plupart se voyaient confier des tâches particulièrement dures : galères, extraction et convoyage de pierres, construction, etc. Et aucun “ code blanc ” (à l’imitation du fameux code noir appliqué dans les Antilles françaises), même symbolique, ne venait limiter le pouvoir du maître sur son esclave “ infidèle ”.
    Certains captifs jouissaient cependant d’un certain degré de liberté On leur demandait seulement de ramener, chaque matin, une certaine somme d’argent à leur maître ; système rappelant celui, dans les Antilles, des “ nègres à talents ” loués à des entrepreneurs. Le vol pouvait alors être à la fois acte de résistance et moyen de survivre au sein du système esclavagiste.

    Cervantès captif des Barbaresques

    Souvent, les esclaves chrétiens travaillaient comme domestiques au service de familles musulmanes. Mais ce type d’esclavage déclina plus rapidement que celui organisé au bénéfice des États barbaresques. Au point que, à la fin du XVIIIe siècle, la moitié des esclaves chrétiens d’Alger vivaient dans des bagnes publics. Les conditions d’existence y étaient extrêmement dures : il y régnait un climat de violence, notamment sexuelle, les geôliers étant accusés d’y favoriser, contre paiement, des pratiques sodomites. Les captifs qui pouvaient faire l’objet d’une forte rançon échappaient vite à ces conditions d’existence. D’autres pouvaient être rachetés au bout de quelques années. Ce qui fut le cas de Miguel de Cervantès (1547-1616), l’auteur de Don Quichotte, esclave des Barbaresques entre 1571 et 1580. La chose devint théoriquement plus facile avec le temps, car des institutions religieuses spécialisées dans le rachat des captifs furent organisées de l’autre côté de la Méditerranée ; en Italie, des sommes importantes furent mobilisées pour le paiement des esclaves chrétiens.
    La durée de captivité s’étendait ainsi, dans nombre de cas, de cinq à douze ans au maximum. Le taux de mortalité, cependant, demeurait élevé. Beaucoup d’esclaves n’avaient donc que peu d’espoir de retourner, un jour, chez eux.

    Olivier Pétré-Grenouilleau, Professeur à l’université de Bretagne-Sud (Lorient).

    Notes* Robert C. Davis, Christian Slaves, Muslim Masters. White Slavery In The Mediterranean, The Barbary Coast And Italy, 1500-1800, Basingstoke, Palgrave Macmillan, 2003.
    1. Cf. “ La vérité sur l’esclavage ”, spécial, L’Histoire n° 280.
    2. La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, Paris, Armand Colin, 9e éd., 1990


    http://www.histoire.presse.fr/lire.asp?Sku=295&Titre=Esclaves+blancs%2C+ma%EEtres+musulmans
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    Messagede Foulques » 03 Fév 2006 23:00

    Par suite de ses recherches et déclarations, Olivier Pétré-Grenouilleau fait l’objet de poursuites judiciaires de la part d’instances se voulant représentatives des Noirs Français.

    Une mise au point (excellente de mon point de vue, car j’y ai retrouvé tous les éléments déjà connus) sur cette affaire, est consultable ici :

    http://www.clionautes.org/article.php3?id_article=925
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    Messagede armoisine » 04 Fév 2006 09:16

    Oui, c'est vrai que cet aspect pourtant connu est à présent développé sur des bases scientifiques. Bien sûr cela est soumis à débat comme toute nouvelle théorie, entre historiens.

    Pour le reste ça ne change pas grand chose à ce que je pense: "tous les mêmes"! Il faudra bien un jour qu'on comprenne qu'aucun peuple n'a le monopole de la douleur et de la cruauté et qu'il suffira de pas grand chose aujourd'hui pour que ce qu'on considère comme notre civilisation bascule à nouveau dans la violence et la désorganisation.

    Qu'on ait mis en esclavages des personnes de même couleur ou bien de couleur différente c'est toujours du traffic d'être humain et je ne vois pas vraiment où est le caractère subversif de cette thèse. Les romains, les grecs, les perses, les aztèques il me semble, aussi ont donné, mais y'a moins de chiffres.....
    Enfin, il s'agit ensuite de lire l'oeuvre, car y'a que comme ça qu'on peut se faire un avis. En lisant cet extrait, je trouve qu'on perd un peu ce caractère universel de ce commerce. Enfin moi je l'aurai replacé dans cet optique, plus pertinent et moins polèmique, mais qui suis-je pour donner des conseils :roll: ?
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    Re: Esclaves blancs, maîtres musulmans

    Messagede Janus » 04 Fév 2006 17:17

    Foulques a écrit:Car l’Italie, “ œil de la chrétienté ”, fut sans aucun doute, entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la région la plus touchée par les raids des Barbaresques, ou Africains du Nord.

    Je savais que les incurtions des arabes ont constitué un grand probleme pour l'Italie, ma je n'imaginais pas que ce probleme existait encore au XVIIIe siècle et qu'un si grand nombre de personnes étaient interessées! :shock:

    En effet, ici chez moi il y avait un terreur profonde envers les sarrasins ... pendant tout le MA ils ont attaqué et devasté l'Italie... :cry:

    Presque partout, on trouve encore aujourd'hui des tours medievales qu'on appelle "tours des sarrasins" ... on les utilisait pour apercevoir les nefs arabes qui s'approchaient.
    Il y avait un sisteme d'alarme: sur la tour qui apercevait les arabes, on allumait un feu ...
    Les tours des autres villes (en voyant ça) allumaient elles memes des feux: tres vitement le danger était signalé dans un rayon de plus de 50 km!

    Les Sarrazins ne provenaient seulement de la mer: ici chez moi (au Piemont) ils pouvaient arriver aussi en passant les Alpes: ils s'étaient établis en 889 à La Garde-Freinet (pres de Marseille) et ils ont constitué un probleme tres serieux pour mes ancetres! :?
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    Messagede armoisine » 04 Fév 2006 20:42

    A la suite du message de Janus, je m'etonne également des chiffres donnés pour une période somme toute tardive.

    Je n'avais pas lu exactement l'article sur le million de "déportés" entre 1530 et 1780 mais c'est vrai que ça parait étrange.
    Les Barbaresques et les razzia sont connues mais je n'ai aucune connaissance de l'histoire du maghreb au XVIIIè etc; concernant les zones européennes impliquées, j'attends plus d'éléments. Peut être énumérés dans le livre d'ailleurs.
    Je me rappelle bien de la Garde Freinet pour y être allée mais c'est effectivement beaucoup plus tôt...

    Bref, peut être plus d'explications?
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    Messagede armoisine » 05 Fév 2006 12:16

    Bon, c'est toujours bien après le Moyen Age, mais vu que le sujet d'interrogation concerne la période moderne...
    J'ai trouvé ces références:

    Esclave à Alger (1621-1626)
    par Chandeigne
    Le récit de captivité de João Carvalho Mascarenhas
    Préface, traduction et notes de Paul Teyssier

    « Après un séjour aux Indes, João Carvalho Mascarenhas revient au Portugal. Mais au terme de son voyage, son vaisseau est attaqué par des corsaires barbaresques au large de Lisbonne. Après deux jours de combat furieux, il est incendié puis envoyé par le fond. Mascarenhas et tous les survivants sont emmenés à Alger et vendus comme esclaves. Alger est alors une ville grouillante et bigarrée où se mêlent Maures, Juifs, renégats et esclaves chrétiens de toute l'Europe. Ils forment une société complexe avec son gouvernement, ses mosquées, ses janissaires, ses bagnes, ses églises, son hôpital, ses prêtres, ses cabaretiers, ses traîtres et ses saints, ses héros et ses forbans. Après une évasion manquée, l'auteur devient forçat sur une galère qui mène la guerre de course entre la Corse et la Sicile. En 1626, il est enfin racheté et regagne son pays. Témoignage précieux et passionnant, ce récit, inédit en français, nous fait revivre, à travers le destin d'un homme, un moment dramatique du passé méditerranéen. » (présentation de l'éditeur)
    « Esclave à Alger, nous fait revivre avec un extraordinaire brio le destin d'un militaire portugais qui, revenu de l'Inde en 1621, voit son bateau attaqué par des corsaires barbaresques au large de Lisbonne et est emmené à Alger, où il sera vendu comme esclave. Joao Carvalho Mascarenhas décrit Alger, ville grouillante où se mêlent Maures, Juifs, Turcs, renégats et esclaves chrétiens provenant de toutes les nations de l'Europe.
    Après une évasion manquée, il devient forçat et rame sur une galère algérienne. En 1626, racheté par un marchand pour 600 pataques, il regagna le Portugal, mettant fin à cette histoire de captif "sans ornements ni fioritures" puisque, nous dit l'auteur, "alors que nous avons chez nous tant de soldats, tant de lettrés, tant d'hommes graves et doctes, il ne s'en trouve aucun pour écrire en notre langue un ouvrage moderne à ce sujet. Ils préfèrent sans doute consacrer les subtilités de leur intelligence à des ouvrages de moindre importance." » (extrait d'un article de Nicole Zand, Le Monde, 8 Octobre 1993)


    Et pour plus d'infos sur les Pirates et corsaires du maroc:
    http://www.maroc-hebdo.press.ma/MHinternet/Archives281/html_281/Article14.html
    Par Abdelkader Timoule, chercheur en histoire maritime et administrateur principal des affaires maritimes.
    Il convient avant toute chose de remonter à la naissance de la piraterie pour comprendre que le Jihad maritime est en réalité une facette de cette vaste entreprise qu'est la piraterie, justifiée à des époques différentes par les guerres de prééminence religieuse entre l'Islam et la Chrétienté.
    Mais, d'ores et déjà, il faut peut être préciser aussi que chaque fois que l'on se propose de faire une étude sur l'histoire de l'Afrique du Nord, de surcroît sur l'époque de la course barbaresque, on ne dispose le plus souvent que des documents ou travaux élaborés par l'Occident et donc par l'adversaire.[...]



    Pour essayer d'y voir plus clair.
    Dernière édition par armoisine le 05 Fév 2006 12:33, édité 1 fois.
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    Messagede armoisine » 05 Fév 2006 12:23

    Et c'est là que je tombe sur une référence:

    Américains et Barbaresques,1776-1824 E. Dupuy
    Étude des relations entre la nouvelle puissance maritime des États-Unis d’Amérique et les trois Régences du Maghreb entre 1776 et 1824.
    « En dehors du travail d'Irwin, mais surtout de la vaste étude de Knox, parue en six volumes dans les années 1930, aucune étude n'a eu autant d'envergure.
    Dans les années 1960, les Américains s'intéressèrent bien à leurs démêlés avec les Régences Barbaresques, mais ce renouveau d'intérêt fut sans lendemain et il fallut attendre les années 1990 pour que l'on voie paraître, aux Etats-Unis comme en France, plusieurs articles de revue portant sur les relations entre la nouvelle puissance indépendante et les Régences. Mais rien donc, surtout pour la bibliographie française, n'a remplacé l'ouvrage de Dupuy... » (Alain Blondy, l'éditeur, Bouchène)


    Alors là je découvre une problèmatique qui m'était absolument inconnue.
    Et je ne trouve rien pour connaitre la thèse contenue par le bouquin... Si quelqu'un connaît?
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    Messagede armoisine » 05 Fév 2006 12:31

    J'aurais peut être du commencer par là, comme d'habitude: Wiki
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Barbaresque

    Devenues bases de départ des caravanes de captifs pour les sérails, les cités du Sud de la Méditerranée sont depuis passées sous domination ottomane du fait du développement de l'empire turc sur le monde arabo-musulman. Ces cités deviennent les derniers foyers de piraterie pratiquées par les musulmans en Méditerranée et ce jusqu'au XIXe siècle. Le développement économique de ces cités lié à l'activité de piraterie sur une très longue période de temps peut d'un certain point de vue les assimiler à des kleptocraties opérant sur le bassin méditerranéen.
    Cette période prendra fin avec la prise de contrôle hégémonique des puissances européennes correspondant à la seconde phase de l'ère coloniale, au cours de laquelle ces pays installent sur les pays du Maghreb une tutelle coloniale.

    Associés à ces opérations militaires, les États-Unis d'Amérique connaissent deux épisodes de leur histoire militaire navale connus sous le nom de :
    -"guerre de la côte des barbaresques" ((en)First Barbary War), (1801–1805)
    -"guerre algérienne" ((en)Second Barbary War), (1815)

    Ces opérations restent dans la mémoire comme un des premiers faits d'armes du corps des Marines
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    Messagede An1000.org » 05 Fév 2006 13:49

    De tout temps, l'esclavage a été une source "facile et intarrissable" de mains d'oeuvre, et il l'est encore aujourd'hui malheureusement.

    Je n'avais jamais vraiment réfléchit en profondeur à la question. mais il est très interessant à ce moment de parler de l'esclavage sous toutes ses coutures, pas, pour excusez les pays esclavagistes qui ont déporté des millions de "noirs", ni pour relativiser leur méfaits, mais peut-être montrer enfin que toutes les civilisations y ont eu recours et que s'acharner sur une est totalement déplacé.
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    Messagede Foulques » 05 Fév 2006 20:03

    Oui, je suis d'accord en gros avec ce qui a été dit. C'est pas la question de dédouaner les uns ou les autres c'est que lorsqu'on étudie une question historique il faut l'étudier en totalité.

    Or, l'esclavage dans l'Islam et l'esclavage des européens (ennes) en particulier ne semble pas retenir l'attention de nos contemporains, et c'est en cela que j'ai trouvé intéressant de publier cet article ici.

    Mais au delà des questions historiques, qui ne changeront de toutes façons rien au passé, il reste que l'asservissement humain reste une question d'actualité dans certains pays. On le sait bien en France puisqu'on a eu des cas d'esclaves amenées par la valise diplomatique à Paris...
    C'est là-dessus qu'il faut se battre et c'est pourquoi la récente autoflagellation publique de Chirac me choque :
    - seule la traite négrière par les Blancs est dénoncée
    - aucun plan d'action politique, aucune perspective d'avenir n'est envisagé à cette occasion pour peser sur les sociétés qui le pratiquent encore.

    Pour en revenir à l'histoire, il n'y a pas grand-chose sur le Net.
    Larané en parle ici :

    http://www.herodote.net/motesclave2.htm

    J'étais au courant pour les ricains mais pas dans le détail : il me semblait qu'ils avaient juste cannonés des côtes mais je ne sais plus à quelle occasion. Les ricains ont un important passé interventionniste. Enfin bref, ce n'est pas tout à fait le sujet.

    Donc, un million à un million 250.000 sur 250 ans ça nous fait 4000 à 5000 captifs par an, en moyenne. ça paraît très important mais pas impossible comme chiffre.
    En dehors de l'Espagne et de l'Italie, la Corse a durement subie ces raids, jusqu'à désorganiser le réseau de villages côtiers à certaines périodes et à certains endroits.

    J'ai l'impression que l'important trafic des belles Circassiennes et Arméniennes n'est pas compris dans ces chiffres, en plus.
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