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Histoire de l'Eglise par Riché

Ensemble des croyances, des dogmes, des pratiques et des rites définissant le rapport de l'humain avec le sacré durant le Moyen Âge.

Messagede Foulques » 08 Nov 2007 22:30

Grandeurs et faiblesses de l'Eglise au Moyen âge, par Pierre Riché :
Image
Je m'étais procuré ce livre au vu de la bonne réputation de l'auteur, Pierre Riché, véritable médiéviste, et de la critique d'André Larané :
http://www.herodote.net/livreRicheEglise.htm

Malgré le peu d'attrait du sujet pour beaucoup, et réputé difficile, il est de fait que Riché sait le rendre accessible et sa langue est d'une simplicité remarquable. C'est donc vraiment un outil pédagogique pour ceux qui veulent suivre l'histoire de l'Eglise au MA, pas à pas.

Mais des pas fort rapides à mon goût, ainsi l'inquisition est traitée en…une page et demie ! Où je n'ai rien appris. Sur les croisades, l'auteur nous rappelle en conclusion que "ce n'est pas une des plus belles pages de de l'histoire de l'Eglise". A propos de je ne sais plus quoi aussi, l'auteur nous révélera que c'était pas bien en fait. Bon, c'est typiquement le genre de choses qui m'agace : l'historien doit nous nous présenter les faits mais quant à savoir quoi en penser, le lecteur est un grand garçon.
Et en continuant dans ce genre de considérations : doit-on penser que la torture c'était génial ? Parce que pas une seule fois il ne la dénonce en tant que telle… Donc mieux vaut éviter ces jugements de valeurs qui sont des platitudes et laisser parler les faits.

Egalement l'auteur ne sait pas nous mettre à la place du souverain pontife. Le regard est toujours français dirigé vers Rome ou Avignon et le siège apostolique apparaît toujours lointain. Comprendre l'histoire c'est aussi savoir se mettre à la place de ceux qui l'ont faite.

En conclusion, mon avis est mitigé. Si l'écriture est claire et agréable, les faits présentés honnêtement, l'ouvrage apparaît bien plus comme un aide-mémoire que l'outil de réflexion que j'attendais. Aux 300 pages du bouquin il manque une bonne cinquantaine d'autres de réflexion et d'analyse. La conclusion fait sept maigres pages, fort peu transcendantes.
On y cherchera vainement la subtilité et la pertinence d'une Régine Pernoud ou l'ampleur intellectuelle d'un René Grousset.
Une lecture utile mais qui laisse sur sa faim.
Pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du Mal. [R. Sheckley]
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