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INQUISITION

Ensemble des croyances, des dogmes, des pratiques et des rites définissant le rapport de l'humain avec le sacré durant le Moyen Âge.

Messagede Languedoc » 26 Fév 2006 10:53

Voici un petit exposé sur l'inquisition qui se pratiquait en Languedoc dès 1233.

L'inquisition.

Définition :
Du latin inquisitio « enquête » C’est en quelque sorte une poursuite judiciaire des déviants religieux. Elle est d’abord assurée par la cour ecclésiastique ( ordinaire ) des évêques ( inquisition épiscopale ) puis confiée à une juridiction particulière : l’inquisition pontificale.

généralités :
Pendant tout le haut moyen-âge du V au Xe siècle, aucune hérésie suffisamment dangereuse pouvant inquiéter l’église romaine, n’est mentionnée dans les sources.
La situation va changer radicalement avec l’apparition des Manichéens, des Cathares, des Vaudois… Pour ne citer qu’eux.

Au XIe siècle le Clunisien Raoul Glabert, rapporte le cas du paysan Leutard habitant à Vertus en Champagne vers la fin de l’an mil. Celui-ci fit vœu de chasteté abandonnant sa femme, brisant la croix de l’église paroissiale et promulguant de ne pas payer la dîme à un clergé parasite. Il fit quelques adeptes et fut condamné par l’évêque de Châlon sur Marne comme hérétique et le fit passer pour fou. Il se serait ensuite suicidé…

En fait les théories de Leutard auraient été plus importantes qu’il n’y paraisse.
En 1012 un synode réuni dans la région, délibéra sur cette hérésie toujours présente.
En 1019, Adhémar de Chabannes chroniqueur religieux, relate la présence en Aquitaine et à Toulouse de Manichéens rejetant le baptême et dont certains furent exécutés en 1017 et 1018.

A noël de 1022, une douzaine des plus pieux parmi les chanoines de la cathédrale d’Orléans, sont brûlés pour hérésie, sur ordre du roi Robert II le pieux. Ce bûcher sera le premier bûcher de la chrétienté médiévale. Ces prélats administraient le baptême par imposition des mains et enseignaient que le corps de christ était de caractère temporel mais non incarné. Etaient-ils es précurseurs des cathares languedociens ?

Pour la petite histoire : l’un d’eux, Etienne fut le confesseur de la reine Constance de Provence, celle-ci ce jour là, lui creva un œil d’un coup de canne. Deux des chanoines abjurant leur erreur eurent la vie sauve. Les autres seront traînés par la population jusqu’au bûcher. Un de ces anciens chanoines, Théodat, mort trois auparavant dans la peste hérétique fut exhumé sur l’ordre de l’évêque et ses restes jetés sur la voie publique, avant d’être consumé par le feu.
Nous savons que la combustion complète d’un corps par le feu, ne permettait plus selon la théologie de l’époque, la résurrection finale.

D’autres actes de violence sont reportés également à Liège, Saint-Gilles, Soissons en 1114, dans le Cambrésis ( Nord de la France ) en 1076, en Allemagne, à Liège, en Italie…

Inquisition épiscopale :
Face à ce débordement populaire, le roi Louis VII provoque en 1163, un concile national à Tours. Présidé par le pape Alexandre III, la progression de l’hérésie est dénoncée. Une procédure d’enquête est confiée aux évêques qui sont chargés de révéler les déviants à l’orthodoxie. Il est également décidé que ces hérétiques une fois excommuniés seront emprisonnés et leurs bien confisqués.
Nous sommes là en présence des prémices d’une inquisition assurée par la cour ecclésiastique ordinaire des évêques, que nous pouvons nommer inquisition épiscopale.

En 1179, Alexandre III préside le IIIe concile œcuménique du Latran, dont le 27e canon renouvelle l’anathème frappant les hérétiques cathares.

Mais c’est en 1184 à Vérone en Italie lors d’une assemblée que sont fixées les bases de la coercitio. Le pape Lucius III participe à ce colloque accompagné de l’empereur Frédéric Barberousse lui-même entouré de ses barons.

Le texte du décret sera repris dans les décrétales ( lettres du pape ayant force de règle générale ):

Sont condamné comme hérétiques tous ceux qui sont désignés comme tels par le siège ou l’évêque du diocèse.
Laïcs ou clercs convaincus d’hérésie seront confiés au bras séculier, pour recevoir la juste punition à moins qu’ils n’abjurent publiquement et ne se déclarent prêts à accomplir la pénitence imposée par l’évêque.
Les suspects d’hérésie subiront le même sort à moins qu’ils donnent des preuves suffisantes pour les blanchir.
Les évêques directement ou par personnes dignes interposées, doivent visiter une à deux fois par an leur diocèse, pour y dénicher les hérétiques. Pour ce faire, il obligera tous les habitants à prêter serment de dénoncer tous ceux qu’ils savent ou suspectent d’hérésie.
Les princes, les Barons, les seigneurs des villes doivent prêter serment de soutenir et faire appliquer les sentences ecclésiastiques sous peine d’excommunication et d’interdit.

Un grand pas venait d’être franchit vers l’institution de l’inquisition qui naîtra 50 ans plus tard.
Le décret des « accords de Vérone » sera appliqué pour la première fois lors de la croisade dans le sud de la France. Frédéric II le reconnaît dès 1220 et choisit d’appliquer la peine du feu aux hérétiques présents sur ses terres. En 1226 le roi Louis VIII le reconnaîtra pour la France et Honorius III pour l’Italie.

En 1231, Grégoire IX transforme cette législation impériale en loi canonique. L’inquisition était presque naît.

La croisade :
Devant l’échec des prédicateurs venus en Languedoc, avec tout d’abord Bernard de Clairvaux en 1145 et Dominique de Guzman en 1206, la « grande église » écrasera tout ce qui porte atteinte à son autorité. Pour ce faire elle prêchera une nouvelle croisade forte de l’appui des forces armées temporelles, non pas contre les Turcs d’Orient mais en terre Chrétienne, contre d’autres Chrétiens.

Nous savons qu’Innocent III ( 1198-1216 ) adressa une lettre au roi de France puis aux archevêques de Lyon, d’Arles, de Narbonne…etc. dans laquelle il fulmine contre les hérétiques malfaisants responsables de tous les maux.

Le 09 mars 1208, il décrète solennellement la croisade contre les Albigeois :

« La foi s’en est allée, la paix est morte, la peste hérétique et la rage guerrière ont pris des forces nouvelles…Nous vous promettons la rémission de vos péchés afin que, sans tarder, vous portiez remède à de si grands dangers. Efforcez-vous de pacifier les populations au nom de dieu de paix et d’amour. Appliquez-vous à détruire l’hérésie par tous les moyens que dieu vous inspirera, avec plus d’assurance encore que les sarrasins, car ils sont plus dangereux, combattez les hérétiques d’une main puissante et d’un bras tendu… »

Comme nous le savons, l’ost déviera complètement de son but initial religieux et philosophique pour de transformer rapidement en conquête nationale. Les croisés étant pardonnés d’avance par l’église, par absolution plénière accordée à chaque combattant pour les crimes passés et futurs.

Composée de chevaliers, vilains, paysans, ribauds, valets d’armée, ces fous sanguinaires se livrerons aux pillages, massacres, autodafés rapportés par les chroniqueurs de l’époque :
« Les clercs chauffent les cœurs : qu’attendez vous croisés ? Le pardon de vos fautes est au bout de l’épée ! » Dit : La canso de la croisade sous la plume du religieux navarrais Guillaume de Tudèle.

Celle ci prendra fin par la signature ratifiée sur le parvis de Notre Dame de Paris le 12 avril 1299. Le jeune Raimondet pert à 32 ans son autonomie au profit de la régente Blanche de Castille, femme décrite comme autoritaire et jalouse. Ce traité l’oblige à faire rechercher et poursuivre les hérétiques, prendre leurs biens, les chasser et s’il le faut les éliminer. A cela il devra payer 2 marcs d’argent durant deux années puis 1 marc d’argent à celui qui capturera un hérétique jugé et condamné comme tel. Il dut également par cette signature, accepter de restituer, de protéger, de maintenir les droits aux églises et aux clercs ainsi que chasser les routiers.

La croisade des Français dans le Languedoc est terminée, mais l’église de l’esprit et du vent n’en était pas pour autant éradiquée.

En 1237, le comte de Toulouse consent malgré lui au mariage de son unique enfant, sa fille Jeanne alors âgée de 9 ans au frère du roi Louis IX, Alphonse de Poitiers. Jeanne sera cruellement enlevée à sa mère Sancie d’Aragon qu’elle ne reverra jamais.
Jeanne et Alphonse meurent de maladie sans postérité en 1271. Les états du comte de Toulouse plus vaste que le royaume de France sont annexés à la couronne capétienne.

La question qui me vient est ce ne serait-il pas parce que Alphonse de Poitiers était stérile qu’il fut marié à Jeanne ?

Ce traité de Paris ne permet pas seulement le rattachement des états du comte de Toulouse à la couronne de France, il codifie également comme nous venons de le voir, les prescriptions pour la répression des hérétiques.
En novembre 1229, le cardinal-légat Romano des Saints-Anges réside un concile provincial à Toulouse, encouragé par Grégoire IX monté sur le trône pontifical en 1227. Le système répressif s’organise, quarante canons réglementent sa mise en place :

Les seigneurs ou quiconque protègent des hérétiques, seront dépossédés de leurs biens
Tous hommes dès 14 ans et toute femme dès 12 ans sont contraints de prêter serment de fidélité à l’église, périodiquement.

Ajouté à cette répression épiscopale dont seul l’évêque ou tout juge ecclésiastique est compétent pour établir une culpabilité, Blanche de Castille et Louis IX promulguent une ordonnance. Cette ordonnance capétienne charge les autorités séculières à rechercher les hérétiques et appliquer l’exécution des peines prononcées par l’évêque :

« Nous décidons et nous ordonnons que nos barons et nos officiers s’appliquent avec le plus grand soin à purger la terre des hérétiques et de la corruption de l’hérésie. Nous ordonnons que les seigneurs et officiers s’efforcent avec diligence et fidélité de rechercher les hérétiques et les découvrir »

La chasse à l’hérétique se forme donc selon 3 phases successives :

Phase épiscopale
Phase séculière par la mise à la disposition du glaive de la royauté au service de l’église.
Phase monastique et pontificale que nous allons voir.

Inquisition pontificale :
Cette troisième phase vit le jour par une bulle pontificale « Ille Humani Generis » qui apporta une nouvelle assise à l’institution de l’inquisition en lui fournissant un personnel stable et investi de l’autorité papale.

Le 20 avril 1233 Grégoire IX donnait mandat au provincial de frères prêcheurs de Provence de désigner les religieux qui feraient dans le sud une prédicatio généralis contre l’hérésie et auxquels serait confiée l’affaire de la foi.

Cette lettre du pape décharge donc de leur pouvoir les évêques jugés trop peu zélés à traquer les hérétiques, ce qui correspondait au devoir répressif de leur mission. Ils ne se virent pas supprimer leur juridiction, ils conservaient le pouvoir d’exercer la question et participaient aux sentences rendues par les Dominicains, mais leur pouvoir ordinaire était limité.

Les frères prêcheurs ( Dominicains ) jouèrent un rôle considérable au sein de l’inquisition, puisqu’ils dépendaient directement du pape. Mais cette bulle confiait également le saint-office à l’ordre des frères mineurs ( Franciscains ) non seulement dans le sud de la France mais dans toute la Chrétienté. A côté de ceci les autorités civiles étaient obligées de prêter leur bras séculier sous peine d’excommunication.

Nous sommes bien loin du principe énoncé par Bernard de Clairvaux :

« Fides suadenda non imponenda »
La foi doit être persuadée, non imposée.


Fonctionnement :
Recherche d’hérétiques : Elle s’organise sous la forme d’un tribunal exceptionnel présidé en général par 2 juges aux pouvoirs égaux ( au XIVe siècle il ne comprendra qu’1 inquisiteur assisté des commissaires ) dont la compétence se limite à la défense de la foi.

L’inquisiteur effectue des tournées de villes en villages relevant de sa juridiction. Il possède un siège fixe où il vivait avec ses notaires. Il est accompagné de ses notaires, assistants, ses clercs, greffiers, geôliers. Ces derniers assuraient sa sécurité. Nous pouvons noter qu’en 1248, qu’Innocent III censurera les inquisiteurs de Toulouse qui avaient trop de serviteurs dans leur suite.

L’inquisiteur est à la foi instructeur, procureur et juge d’instruction. Il peut donc en toute autorité rendre personnellement la justice. Pour cela, il s’appui sur les textes pontificaux, les manuels dont celui de Raymond de Panefort en 1242 et celui de Bernard Gui en 1324 avec sa pratica inquisitionis.

La procédure était toujours exécutée de la même façon par:

l’enquête générale :
La recherche débute généralement lors de la messe dominicale où l’inquisiteur sensibilise le peuple à l’issu d’un sermon moralisateur, parfois menaçant sur la pureté de la foi et des risques de déviation. Sous la menace d’excommunication la population est « invitée » à se présenter et à décrire des cas d’hérésie et/ou de soupçons en sa connaissance, à avouer ses propres erreurs le cas échéant, à abjurer sa fausse croyance et à dénoncer ses complices.

Les lieux étaient différents en fonction des disponibilités :
* Couvent de l’ordre
* Eglise paroissiale
* Eglise locale
* Edifices municipaux.

Le temps de Grâce :
Période de réflexion proclamée pour une durée d’environ 15 à 30 jours, parfois moins. Le fauteur en hérésie qui se livrait spontanément, pouvait lui épargner la mort ou la mur perpétuelle, moyennant une pénitence canonique.

La citation individuelle :
Le témoin vint déposer à l’appel de l’inquisiteur. Le curé du village était chargé d’informer ses paroissiens, individuellement. Ceux-ci devaient se présenter sous peine d’excommunication.

La comparution :
C’est l’interrogatoire des accusés.

Cette procédure de recherche de faute pouvait durée plusieurs mois ou plusieurs années avant d’être jugé. Parfois le prévenu connaissait un nouvel inquisiteur car sur la duré, il pouvait décéder. Nous appelons cela aujourd’hui de la détention préventive…

Le tribunal recherchait :

1. Les hérétiques, ayant fait profession d’hérésie en recevant le consolament et pratiquant tous les rituels ( parfaits )

2. Les croyants, adhérant à l’hérésie sans être soumis à toutes ses lois et ses pratiques.

3. Les suspects, le plus souvent des croyants écoutant les prédications des hérétiques, les « adorant » recevant leur bénédiction. Ceux-ci étaient classés suivant leur degré de zèle témoigné aux hérétiques, en Simpliciter, Vehementer, Vehementissime.

4. Les celatores, qui s’engageaient à ne jamais dénoncer d’hérétique.

5. Les receptatores, ayant donné volontairement au moins 2 fois asile aux hérétiques, fait la prière en commun, prendre leur repas dans la même pièce et célébrer les rites.

6. Les défensores, prenant la défense des hérétiques, en paroles ou en actes ou en déniant l’église de les poursuivre.

7. Les Relaps, ceux qui après avoir abjuré, retournaient dans « l’erreur »


A défaut d’aveux de l’interrogé, la preuve pouvait être apportée par des témoins, inconnu de l’accusé. Ces dépositions ou « confessio » à la fois confession religieuse et aveu pénal, étaient entendue après que le déposant est prêté serment :
« de dire la vérité sur soi même et les autres vivants et morts, sur le crime ou l’incrimination d’hérésie »

Les déposants pouvaient être entendus plusieurs fois espacées d’intervalles plus ou moins longs. La menace de parjure planait si ce dernier taisait ce qu’il avait avoué à un autre inquisiteur ou essayer de cacher ce qu’il a du avouer plus tard sous le coup d’autres témoignages.

Le style de l’enquête :
Les questions étaient minutieusement posées dans le même ordre et soulevaient des faits :

La visio : ne concerne que le fait d’avoir vu un parfait, le méliorament, « l’adoration »
Pourquoi ? Parce qu’il était fort probable que le prévenu avait vu des parfaits, des prêches, des baptêmes. Automatiquement la déposition déviait sur les actes du prévenu. Il pouvait avoir « adoré » ou entendu les prédications, savoir d’où venaient les parfaits, avec qui ils partirent et où. Avoir mangé avec eux, le prévenu devait préciser la provenance des aliments, ce qui leur à été donné ou envoyé et ce qu’il a reçu d’eux ( legs ) C’était l’effet boule de neige et tout ceci était consigné dans la partie « Faits de conduite »
Bien entendu le grief principal était d’avoir assisté à un consolament ou à plus forte raison l’avoir reçu.

Le lieu de la visio : Il devait être indiqué s’il s’agissait d’une maison, le délit de « réception » était établit et la maison devait être détruite. A défaut l’inquisiteur faisait préciser le lieu exact pour pouvoir y confronter d’autres dépositions ou faire suspecter de faux témoignages.

La credentia : permettait de reconnaître le degré de croyance du prévenu aux prêches des parfaits. L’inquisiteur pouvait se faire un dessein précis de la doctrine hérétique.

Exemple : Ricarde de Gourdon ( Lot ) femme de Roque a entendu mainte fois la prédication des parfaits, fut « receleuse » de parfaits, car elle en a reçu dans sa maison, les a « adorée » et leur a tant donné qu’elle ne s’en souvient plus. Elle croyait que c’était de bonne gens et qu’il n’y avait de salut qu’auprès d’eux si elle mourait entre leurs mains. Elle fut condamnée à porter la croix toute sa vie.
( Cf. le registre des pénitences de Pierre Cellan 1241-1242, Jean Duvernoy, Hydre éditions, 2001, page 59. )

Une fois la culpabilité reconnue, la sentence était prononcée. Mais avant le prévenu devait abjurer l’hérésie. Elle se déroulait en général en public, afin de servir d’exemple aux récalcitrants.

Elles se composaient de deux sortes :

* Sentence de réconciliation du prévenu,
* Sentence de condamnation des obstinés.

Puis la sentence était exécutée.

La sentence :
La sentence prononcée dépendait de l’implication du prévenu dans l’hérésie. Mais également de la teneur des témoignages du déposant et de son choix de rejeter ou conserver la foi de « la dépravation hérétique »

J’ai pu relever en parcourant les registres de Pierre Cellan 1241-1242 pour le Lot, de Geoffroy d’Ablis 1308-1309 pour le comté de Foix et le livre des sentences de Bernard Gui 1308-1323 tous édités, quelques exemples de condamnation infligée depuis la création des tribunaux inquisitoriaux.

L’incarcération : Nous venons de le voir, elle débutait lors de l’interrogatoire, mais elle pouvait être également prononcée en temps que peine.
Elle se manifestait selon deux types, pour une durée variable:

L’emprisonnement à la mur large, le supplicié pouvait se déplacer à l’air libre dans un périmètre donné et sous surveillance.

L’emprisonnement à la mur stricte, là il était enchaîné fer aux pied dans une cellule étroite, ne pouvant ni s’allonger, ni se tenir debout.

Le régime alimentaire dans ces deux cas était le pain et l’eau. Pain du désespoir et eau de l’angoisse.

Le port de la croix : il pouvait être simple ou double. Elle était fixée sur la poitrine et dans le dos derrière l’épaule pour les doubles. La durée pouvait varier de 1an à 5 ans, voir toute la vie. Ces deux bandes d’étoffe souvent de couleur jaune, devaient être vu de tout le monde, désignant la faute à la vindicte populaire.
Les langues rouges étaient du même principe et appliquée de la même façon.

Le pèlerinage : Le prévenu se rendait au Puy, Rocamadour, Compostelle mais également à Constantinople ( XIVe siècle ) Ils pouvaient durés de 1 à 3 ans.

Parfois la sentence condamnait aux deux peines réunies : Port de la croix et pèlerinage.

Entretien d’un pauvre : La durée variait de 2 ans à « tant que le pauvre vivait » le condamné pouvait être contraint d’entretenir deux pauvres.

Exposition à l’échelle : Cette sentence se retrouve pour 6 cas dans le livre de Bernard Gui. Le supplicié restait attaché en haut d’une échelle en chemise et sans ceinture de la pointe du jour à none ( environ 18 h. ) Cela durant trois dimanches et chaque fois dans le cas rapporté par Bernard Gui devant une église différente : Saint Etienne, Saint Sernin et la Daurade pour Toulouse. Ensuite le condamné était jeté à la mur souvent perpétuel.

Exil/bannissement : Cas plus rare, précédés souvent d’une excommunication.

Excommunication/dégradation : Sentence prononcée en grande part pour les clercs, traîtres à la foi romaine.

Abandon au bras séculier : Peine la plus lourde que tout le monde connaît.

Pour les hérétiques impénitents, le bras séculier était systématique. L’église « ne pouvait plus rien » contre les ministres de la secte et les relaps. Le bûcher était la voie directe et à court terme.
Les relaps pouvaient « quand même » recevoir les derniers sacrements : pénitence et eucharistie.

Pour les morts, dans l’hérésie avec le soutien des hérétiques, les ossements étaient exhumés des cimetières sacrés et brûlés. Dans des cas rares ils étaient mis de côté et non brûlés ( cf. Raimond VI de Toulouse )


Conclusion :
Le dernier hérétique brûlé vif par l’inquisition remonte à 1826, à Valence en Espagne. Il aurait plus de chance s’il avait été sorcier, puisque la dernière sorcière fut brûlée en 1788 !!

Dès 1908, l’inquisition romaine et universelle est débaptisée pour devenir « La sacrée congrégation du Saint-Office »

Charles Galiana nous dit dans son livre : l’inquisition ( publié chez Loubatières, pages 119-120 )
« Ainsi l’inquisition devenue rétrograde s’effacera naturellement lorsque les souverains se lasseront de prêter leur bras séculier à une administration pour le moins peu chrétienne. »

Après confrontation entre « les conservateurs » et les « modernes » désireux de supprimer une institution discréditée par la plupart des fidèles, le pape Paul VI sensible aux arguments des réformateurs de l’église remplaçait le 07 décembre 1965, le Saint-Office par la « Congrégation pour la doctrine de la foi » A sa tête depuis 1987, un dernier cardinal-préfet allemand qui portait jusqu’en 2005 le nom de Joseph Ratzinger, aujourd’hui pape sous le pseudo de Benoît XVI.

Cette congrégation est chargée de surveiller l’orthodoxie catholique, la morale et suivre l’évolution de la pensée dans le monde.
Malgré le concile de Vatican II ( 1962-1965 ) organisé pour se dégager du conditionnement de l’interdit, il est difficile à l’église d’éliminer complètement ce qu’elle a imposée depuis des siècles.

Pourtant le 12 mars 2000, le pape Jean-Paul II devait demander pardon à dieu pour les fautes passées et présentes des fils de l’église, dont la principale est l’inquisition.

Ce dernier déclarait entre autre :
« Jamais plus d’actes contraires à la charité, jamais plus de gestes contre la communion de l’église, jamais plus d’offenses contre quelque peuple que ce soit, jamais plus de discrimination, d’exclusion, d’oppression… »

Pourtant : Il condamna le port du préservatif, seule alternative à la propagation du SIDA véritable fléau, surtout en Afrique. Il refusera le mariage des prêtres qui de plus en plus forniquent en secret et parfois se voient condamnés pour pédophilie.

Pour finir : Ce repenti de l’église du XXIe siècle, n’aura toujours pas levé l’excommunication du comte Raimond VI.

N’étais-ce pas un repenti mesuré ?

Enfin, il faut noter que les archives du Saint-Office sont ouvertes depuis 1997, des recherches y sont menées par des historiens triés sur le volet.



Sources qui m’ont permises de réaliser cet exposé :

« L’inquisition » Charles Galiana collection petit précis, section histoire. Editions Louatières, Portet sur Garonne, 2003. 134 pages, dont je me suis largement inspiré.

« Inquisition en Quercy, le registre des pénitences de Pierre Cellan, 1241-1242. » Jean Duvernoy. Editions L’hydre, Castelnaud la Chapelle, 2001. 285 pages.

« L’inquisition médiévale » Jean Guiraud, collection la vie chrétienne. Editions Bernard Grasset, Paris, 1928. 247 pages.

« Registre de Bernard de Caux, Pamiers, 1246-1247 » traduit et dactylographié par Jean Duvernoy. Déposé au C.V.P.M. de Carcassonne, 1988.113 pages.

« Le livre des sentences de l’inquisiteur Bernard Gui, 1308-1323 » Annette Pales-Gobilliard. Editions du CNRS, Paris, 2002, deux volumes. 1811 pages.

« L’inquisiteur Geoffroy d’Ablis et les cathares du comté de Foix, 1308-1309 » Annette Pales- Gobilliard. Editions du centre national de la recherche scientifique, Paris, 1984. 420 pages.

« Le Dico des cathares » Anne Brenon, collection les dicos essentiels. Editions Milan, Toulouse, 2000. 223 pages.


Quelques mots clef :

Abjuration :
Renonciation solennelle à la foi que l’on professait. L’abjuration de toute hérésie, prononcée devant le tribunal d’inquisition pouvait éviter le bûcher aux bons-hommes repentis au profit de la prison perpétuelle. Les abjurations pour crainte du feu furent assez rares.

Absolution :
Action par laquelle le prêtre délie des péchés au terme d’une pénitence. Chez les cathares il se manifestait par le consolament.

Adoration :
Terme du vocabulaire inquisitorial désignant de façon péjorative le rite de demande de bénédiction que les cathares nommaient en occitan « melhorament » ou « melhorier » Elle s’accompagnait du geste de prosternation en fléchissant les genoux face aux parfaits.

Anathème : Sentence qui rejette du sein de l’église catholique, sous forme de condamnation, réprobation complète, malédiction.

Bulle : Décret du pape, muni d’un sceau en plomb ( bulla ) Lettre pontificale de deux sortes : Les brefs, scellés avec de la cire et traitant de sujets d’importance secondaire, et les bulles employées pour des actes importants, canonisation, érection ou suppression d’évêchés, convocation de concile. Elles tiennent leur nom du sceau que les papes employèrent dès le VIe siècle pour authentifier leurs documents. Le sceau porte d’un côté l’effigie de saint Pierre et de saint Paul et de l’autre le nom du pape et l’année de son pontificat. A la mort du pape son sceau est détruit

Canons : actes ayant force de lois qui règle la discipline ecclésiastique.

Canso : Poème en langue provençale de près de 10 000 vers alexandrins ayant pour sujet la croisade contre les cathares. Elle se compose de deux parties, la première écrite de 1210 à 1213, par le religieux des ordres mineurs, Guillaume ( Guilhelmes ) de Tudèle en Navarre espagnole. La deuxième partie qui débute au 19e vers de la 132e laisse, qui et la 2773e du poème, comprend 6810 vers divisés en 83 laisses du 132e au 214e. Cette suite qui débute le 25 juillet 1218, est composée par un auteur anonyme « Le continuateur » et s’interrompt en juin 1219, alors que Toulouse est en préparation de défense d’une menace de siège, par le prince de France.

Chanoines : Ecclésiastique pourvu d’un canonicat. Dignitaire ecclésiastique qui fait partie du chapitre ou conseil de l’évêque, récite l’office public etc.


Clergé :
Titre donné par l’église catholique à partie du premier degré de l’ordination, diacre, prêtre, évêque. Le clerc se distingue du religieux par sa vocation à la pastorale, la cure des âmes des fidèles dans le monde ou le siècle ( clergé séculier ) Le religieux mène une vie monastique en dehors du monde ( clergé régulier ) Les femmes étaient admises parmi les religieux, non parmi les clercs, chez les catholiques. Les « Bons-hommes » ou « Bonnes-femmes » étaient en même temps religieux/ses et clercs dans l’église cathare. Les « Bons-hommes » avaient reçu la formation intellectuelle des clercs de leur temps. Pour les « Bonnes-femmes » on est moins renseigné. Le terme clerc s’oppose à celui de laïc.

Coercitio ( Coercition ) : Moyen légal de contrainte qui peut être exercé dans le cas prévu par la loi, soit contre les biens, soit contre les personnes.

Colloque : Du latin colloquium, converser. Réunion, assemblée visant à l’étude d’une question religieuse dans le cas qui nous intéresse.

Concile :
Assemblée des évêques et des supérieurs d’ordres religieux. Sous l’autorité du pape, les conciles œcuméniques ont pouvoir de légiférer en matière de doctrine, à l’imitation des conciles antiques, Nicée ( 325 ) ou Constantinople ( 381 ) Le concile de Latran IV en 1215, permet à Innocent III de réorganiser la chrétienté sous son autorité. Les historiens ont nommé conciles, les assemblées de dignitaires hérétiques réunis pour discuter de questions précises ( Saint-Félix-Lauragais 1167, Mirepoix vers 1206, Manses vers 1221, Pieusse vers 1225. ) On ignore sous quel terme les intéressés les désignaient.

Consolament :
Unique sacrement cathare signifiant consolation. Parfois appelé « Saint Baptême de Jésus-Christ » Il s ‘agissait d’un baptême par imposition des mains ou baptême de l’esprit « consolateur » complémentaire du baptême d’eau et attesté dans le nouveau testament pour avoir été pratiqué par les apôtres à partir de la Pentecôte. Pour les cathares il avait également valeur de pénitence car il déliait les péchés et sauvait les âmes. Il était pratiqué aux novices pour leur entrée en vie religieuse et au mourant pour le salut de leur âme dans la bonne fin. Les paroles précises et les gestes de cette cérémonie nous sont parvenus grâce aux trois rituels cathares et dans les formulaires de l’inquisition. ( A.B. )

Décrétales :
Décisions papales sur une consultation, donnée sous forme de lettre et qui fait jurisprudence.

Décret :
Décisions du pouvoir gouvernemental dont les effets sont semblables à ceux de la loi. Décisions de l’autorité ecclésiastique en général : les décrets des conciles, synonyme de canons.


Dîme :
Impôt dû au clergé par les chrétiens. Prélèvement du dixième des récoltes et des produits de l’industrie. Au XI et XIIe siècle elle fut accaparée par les seigneurs, qui la prélevait pour leur propre compte. Le clergé cathare se flattait de n’exiger nul impôt de ses fidèles et de vivre des dons et legs.

Endura :
Période de jeûne, rituel au pain et à l’eau observé selon la règle par les nouveaux ordonnés. Ce terme occitan mal employé par l’inquisition, jugeant ces pratiques imposées aux croyants cathares, comme suicidaires.

Excommunication :
Punition ecclésiastique excluant la communion de l’église et de la communauté des chrétiens. L’excommunié n’avait plus le droit de rentrer dans une église, de recevoir les sacrements, d’être enseveli dans la terre consacrée des cimetières. Le pape et ses légats avaient pouvoir de fulminer ( prononcer ) l’excommunication contre les rebelles à leur autorité, l’utilisant comme une arme au service de leur politique. Les hérétiques n’y attachaient aucune signification ( A.B )

Hérésie :
Le mot d’origine grecque signifie choix. Choix des textes sacrés, d’une opinion religieuse particulière. Bien vite il va signifier erreur, opinion condamnée et réprimée comme fausse et dangereuse par un pouvoir religieux défini comme norme. Hérésie sera opposée à orthodoxie. Au XIIIe siècle, le mot hérétique désigne systématiquement les membres du clergé cathare, les religieux par ailleurs appelés parfaits. ( A.B. )

Manichéens :
Religion dualiste fondée par le Perse Mani au IIIe siècle. Extérieure au christianisme, pour les clercs médiévaux c’était un terme générique désignant l’hérésie par excellence.

Melhorament :
« Acte d’amélioration » correspondant au rite cathare nommé par l’inquisition « adoration » Les croyants devaient saluer les Bons-Hommes et Bonnes-Femmes qu’ils rencontraient en fléchissant les genoux ( prosternation ) et récitant une demande de bénédiction. ( A.B. )

Mont-Aîmé :
Situé sur une butte dans la commune de Bergère-les-Vertus ( Marne ) 183 cathares champenois seront brûlés sur ordre de Robert le Bougre, à proximité du château comtal couronnant le mont.

Mur :
Prisons personnelles de l’inquisition, construites dès le début du XIIIe siècle.

Œcuménique :
Relatif à toute la terre. Concile œcuménique, à toute la chrétienté.

Ordalie :
Epreuve judiciaire qui consistait à mettre à l’épreuve du fer rouge ou de l’eau le prévenu. S’il s’en sortait, il était déclaré innocent de ses crimes.

Orthodoxie :
Propre à la chrétienté grecque après le schisme de 1054. Ce terme était employé en opposition du terme hérésie. L’orthodoxie était la « droite doctrine »

Parjure :
Etre déclaré parjure, c’est être coupable de violation du serment prononcé.

Registres :
Archives manuscrites de l’inquisition, de deux types, les dépositions et les sentences.

Relaps :
Individu qui rechute dans la faute pour laquelle il avait reçu l’absolution. En général l’inquisition n’accordait plus la clémence aux relaps et confiait la peine au bras séculier. C’était un bon moyen de condamner à mort.

Ribauds :
Valets de guerre et autres parasites débauchés qui suivaient l’armée royale au temps de Philippe Auguste. Ils vivaient de rapine et de pilage, une fois que l’armée avait investi les villes.

Séculier :
Laïc qui vit dans le monde temporel, qui n’a pas fait de vœux de religion. Terme qui s’oppose à régulier. Le bras séculier est le tribunal régulier de la justice civile, celle de l’état, il pratiquait les condamnations à mort, pour les parfaits, le bûcher.

Sentences :
Sermons solennels prononcés sur les parvis des cathédrales ou lors de la messe par les inquisiteurs, destinés à apeurer l’auditoire ou condamner un prévenu.

Synode :
Assemblée d’ecclésiastiques d’un diocèse, réunie pour discuter d’affaires religieuses. Il pouvait être provincial ou national.


Théologie :
Science de la religion, des choses divines.

Vaudois :
Mouvement rival des cathares, prêchant librement en Languedoc, est jugé hérétique par l’église catholique, lors du concile de Vérone en 1184. Fondé par un riche marchand Lyonnais vers 1170, Pierre Valdo, Vaudès ou Valdesius se converti à la pauvreté et à l’idéal évangélique, distribue tous ses biens et prêche dans la ville. Vaudès disparu vers 1210, de façon obscure.

Vilains :
Désignation des villageois par les nobles et les bourgeois, de façon méprisante.


Quelques Personnages :

Bernard Gui : Dominicain limousin originaire de Royère où il naquit en 1261-1262, théologien et inquisiteur à Toulouse de 1307 à 1323. Auteur de la Pratica Inquisitionis manuel de l’inquisiteur rédigé entre 1319 et 1323. Il se signale particulièrement pour la rigueur de ses enquêtes et la sévérité de ses sentences. Consacré évêque en 1323, il mourut à Lodève en 1331. Il est entre autre celui qui condamna Aude Bourrel dite Jacoba la dernière parfaite connue, à titre posthume en 1309 à Toulouse.

Ferrer : ou Ferrier, dominicain catalan originaire de Villelongue près de Perpignan. Il fut l’un des premiers inquisiteurs épiscopaux en 1229, en Languedoc avant la création de l’inquisition en 1233. Inquisiteur du tribunal de Carcassonne, il avait autorité sur les diocèses de Narbonne, Béziers, Rodez, Albi et Elne. Il quitte l’institution fin 1244, et meurt à Perpignan à une date inconnue.

Geoffroy d’Ablis : Dominicain « chargé de rétablir l’activité de l’inquisition aux prises avec les élites urbaines des principales viles de la sénéchaussée de Carcassonne, c’est en grande partie à son actif que cette institution se dote d’une administration et d’une procédure efficace qui conduit à la disparition des derniers cathares » nous dit Laurent Albaret, et « En six ans de 1303 à 1309 il parvient à faire capturer la quasi-totalité des parfaits qui sillonnent les routes du Languedoc. » Il sera l’instigateur de la capture de Pierre Authié, accompagne de Bernard Gui, réglant le « problème » du catharisme.

Guillaume Pelhisson : Dominicain de Toulouse. Sa chronique rédigée probablement, de la chute de Montségur à sa mort en 1268, sur deux manuscrits numérotés 6449 et 1437 conservés à la B.M. de Carcassonne à été traduite et annoté par Jean Duvernoy en 1958 sous le titre : « Chronique de Guillaume Pelhisson »

Jacques Fournier : Cistercien originaire de Saverdun dans l’Ariège, où il naît en 1285. Il est évêque de Pamiers de 1317 à 1326 lorsqu‘il interroge les suspects de son diocèse, en accord avec l’inquisiteur, mais ayant toutefois juridiction sur elles. En 1326, il est transféré sur le siège de Mirepoix permettant l’arrêt de toute poursuite à Pamiers, faisant croire à l’éradication probable de tous les hérétiques.
Ses interrogatoires nous sont connus, grâce à son registre, conservé dans le fond latin de la bibliothèque vaticane sous le N° 4030. Il est traduit et annoté par Jean Duvernoy en 1977-1978.

Jean Galand : Inquisiteur pontifical de Carcassonne de 1278 à 1286, originaire du Nord de la France, sa carrière s’avère difficile déclenchant de nombreux soulèvements et des oppositions politiques. Il sera responsable de la destruction des archives de Carcassonne en 1285, par les Carcassonnais et sera remplacé par Guillaume de Saint-Seine.

Pierre Sellan : ou Cellan, premier confrère de Dominique de Guzman en 1215, lors de la création de l’ordre. Il sera également l’un des premiers inquisiteurs du Languedoc de 1234 à 1235 à Toulouse et de 1235 à 1242 en Quercy. Originaire de Toulouse, il fut d’abord homme de la cour des comtes de Toulouse, qu’il quitta entre le 07 avril 1214 et le 25 avril 1215 pour de religieuses ambitions.


Je me suis largement inspiré du livre de charles Galiana: "L'inquisition" publié chez les éditions Loubatières, 31122 Portet sur Garonne en 2002.134 pages.[/img][/list]
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Messagede armoisine » 26 Fév 2006 13:27

Super exposé!
Surtout la partie technique sur le déroulement des enquêtes etc.

L'Inquisition pour moi ce sera toujours Le puit et le pendule d'Edgard Poe. Même si ce n'est pas le sujet central, ça suinte l'angoisse et la folie que pouvait ressentir un condamné de l'église "d'amour et de pardon"...

Vu que je considère l'église comme une émanation humaine, rien d'étonnant que son fonctionnement puisse parfois être cruel pour établir sa toute puissance. Y'a rien de plus humain, y'a qu'à voir comment on râle quand on nous pique une place de parking! :lol: Je plaisante.

Par contre au début, tu parles de manichéens, en même temps que des cathares et vaudois. Pourtant, dans les précédents posts, où ta partcipation serait intéressante, on a pu voir que le manichéisme très ancien avait toujours "traîné" dans le Sud de l'Europe, et que l'accusation de manichéisme aurait pu être une facilité pour l'église car déjà proscrit par un concile....
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Messagede armoisine » 26 Fév 2006 13:31

Coup de bol, le texte de Poe a été retranscrit sur Wiki, a priori il est intégral.... Toute façon c'est une nouvelle donc assez court.

http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Puit_et_le_pendule
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Messagede tapedur » 26 Fév 2006 13:57

Le manichéisme a éte combattu et détruit par les principales religion dominantes de l'époque au moyen orient dans les années 600 par l'égilse catholique et l'islam.Cette doctrine s'est surtout propagée en extrémé orient où le confusiamisme l'a combattu par la philosophie.
On retrouve ceratins aspects de la foi Manichéenne dans l'islam mais là les historiens en théologie ne sont pas toujours d'accord.
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Messagede Janus » 26 Fév 2006 15:06

armoisine a écrit:L'Inquisition pour moi ce sera toujours Le puit et le pendule d'Edgard Poe.
.... j' ADORE Edgar Allan Poe!! :D
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Messagede Languedoc » 26 Fév 2006 17:09

Pour mieux te répondre armoisine je te site ce que dit Anne Brenon spécialiste en matière de religiosité cathare:

"Les auteurs du XIXe siècle et les historiens des religions de la première moitié du XXe siècle ont affirmé la thèse selon laquelle le catharisme serait un néo manichéisme et ont échafaudé la construction d'une filiation de doctrines dualistes depuis la manichéisme de l'antiquité jusqu'aux hérétiques médiévaux, par l'intermédiaire des pauliciens et des bogomiles.
Cette théorie a été ruinée par l'avancée récente des connaissances tant sur le manichéisme que sur le catharisme. Le langage contemporain, notamment celui des journalistes, emploie aujourd'hui le terme"manichéen" pour désigner ne idéologie du conflit entre deux extrêmes ( bien/mal, blanc/noir )"

Je pense que cela résume toutes les interrogation sur l'origine de cette "aventure" religieuse, qui doit être étudiée ou cherchée de façon la plus simple possible. Et surtout, il faut se mettre dans "la peau" de ces croyants du Xe au XIIIe siècle, et les regarder non pas avec nos yeux du XXIe, empreints de tout notre savoir qui pourrait parasiter cette vision. !!!
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Messagede armoisine » 26 Fév 2006 17:25

Mais n'y a-t-il qu'Anne Brenon dans les recherches sur les cathares?
Dans les autres fils, elle est toujours citée pour asseoir les arguments....

En tout cas sa réflexion me paraît fiable. Et concernant la vision "historique", c'est ce qu'on s'efforce tous de faire je pense, même s'il est difficile parfois de se déconditionner.

Je comprends bien que nous sommes tous d'accord sur le fait que les influences se sont entremêlées au fur et à mesure de l'espace et du temps, mais ta phrase "arrivée du manichéisme" au début de ton post m'a mis dedans....

Je reprends une vielle idée déjà véhiculée sur les post précédents, le fait que le catharisme se soit diffusé dans le Languedoc, terre à la féodalité plus affirmée (les grands ont plus de latitudes qu'ailleurs), et terre d'arianisme wisigothique aurait eu une influence sur le développement du catharisme (résumé d'une discussion sur un autre post); qu'en penses-tu?
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Messagede Languedoc » 26 Fév 2006 18:37

Les cathares sont des chrétiens...
Ils prêchaient l'évangile de Saint Jean, donc le nouveau testament.
Pour faire court, ils n'aspiraient qu'à exercer une religiosité proche des premiers chrétiens. Pourquoi ? je pense que le siècle de l'an mil, vit un clergé un peu trop en contradiction avec les préceptes bibliques, pauvreté, amour de son prochain....etc.
C'est un ensemble de circonstance qui ce sont installées depuis des siècles qui ont fait que le catharisme, qui peut être considéré comme une opposition au catholicisme, ai vu le jour.
Ils étaient chrétien et leurs rituels proviennent de l'église des premiers chrétiens.
Le manichéisme est extérieure à la religion chrétienne.

C'est la religion de l'esprit et du vent, comme je le dit plus haut, parceque les premiers chrétiens n'avaient pas de lieu, pas d'église pour vivre leur religion... Les cathares ont repris tout ça.

Le catharisme pourrait avoir vu ses bases se développer en Languedoc et non pas, été amené... mais ça c'est un débat d'historiens !!!

Anne Brenon n'est pas la seule à rechercher sur le catharisme, mais elle fut l'une des première à remettre les pendules à l'heure, et discréditer grâce à ses recherches fondées sur les archives qui nous sont parvenus et conservées, les écrits du XIXe siècle qui ne se fondaient que sur des interprétations et qui partaient dans tous les sens.
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Messagede tapedur » 26 Fév 2006 19:44

Le catharisme n'a pas existé que dans le sud de notre france mias aussi dans le nord sous une autre appellation dont le nom m'echappe.
Information trouvé dans une revuesur la catharisme et les autres croyances s'opposant au catholisme romain.
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Messagede armoisine » 26 Fév 2006 20:03

Finalement, les dissidences chrétiennes sont à peu près toutes sur le même modèle, d'autant plus quand elles émergent dans un contexte d'opposition avec l'église alors à la dérive.
Je me base sur la liste ébauchée plus bas dans la section, dans "gnose et manichéisme" je crois.

Pauvreté évangélique, pureté, vertue, charité, coller à la Bible (dont le protestantisme est un résultat reconnu comme religion, signe de réussite de l'hérésie), au Christ, etc.

par contre là où j'ai du mal avec le catharisme, c'est dans son message en négatif. Le christ tente de réconcilier la création avec Dieu, lui dit de "s'éclater" en fesant le bien sur terre, en gros c'est leur destinée; et le catharisme renie cela pour renier le monde. Mais alors pour les cathares, la vie ça sert à quoi?
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