Voilà un bout de texte assez intéressant sur le sujet :
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En France, à partir de la fin du Moyen Âge et jusqu'au XVIIIe siècle, les châtiments infligés aux blasphémateurs sont très sévères. La loi prévoit des amendes, des châtiments corporels et même la mort dans certains cas. Mais surtout, il y a la peur. Cette peur provient entre autres du pouvoir — maléfique il va sans dire — qu'on accorde au blasphème.
En effet, le blasphème, tout comme la sorcellerie, attire la malédiction : famines, fléaux naturels, épidémies, etc. On craint le blasphémateur qui est responsable de tous les maux.
De la contrainte et de la peur naît l'euphémie (Benveniste, 1974). On aseptise le langage pour lui enlever tout effet négatif — la colère de Dieu — tout en lui conservant une force expressive. S'il est interdit de prononcer le nom de Dieu, rien n'est spécifié pour -bleu, -gioux, -guienne etc., morphèmes très utilisés pour remplacer Dieu dans certaines expressions exclamatives (sacrebleu, bonguienne, etc.)
Donc, l'usage du nom de Dieu peut se faire sans avoir à craindre sa malédiction ou le châtiment des hommes.
(...) Ce qui caractérise la société de cette longue période allant du XIVe au XVIIIe siècle, c'est la peur. Le peuple, très superstitieux et, il faut le dire, maintenu dans l'ignorance, explique tout maléfice par l'intervention surnaturelle, qu'elle vienne de Dieu ou du diable. Cette peur est accentuée par la crainte du châtiment humain administré par l'intermédiaire du clergé, celui-ci détenant le pouvoir sur la plupart des institutions.
(...) Donc, le blasphème est condamné, comme tout autre « péché » contre l'ordre établi, l'ordre religieux se confondant alors avec l'ordre social. Pour le peuple, l'utilisation du blasphème représente quand même un risque mais l'euphémie rend possible une expression dans ces périodes d'insécurité et de misère.
(...) En France, à partir de la fin du XIXe siècle, alors que les institutions sont de moins en moins reliées à l'Église, on verra le vocabulaire expressif se déplacer vers l'autre grand interdit : la sexualité. On passe, selon l'expression de Huston « de l'autel au lit » .
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Lu sur la page québecoise :
http://www.cslf.gouv.qc.ca/Publications ... 112A8.html
:med11: