Données personnelles M'enregistrer Connexion aux pages perso et au forum ! icon

L'origine des noms de famille

Les sources médiévales, difficilement lisibles, sont une aubaine pour les historiens. Elles permettent de donner des indications précises sur la société de l'époque.

Messagede Foulques » 17 Juin 2006 22:56

Nos noms de famille apparaissent vers le XIe siècle sous la forme de surnoms. Ils sont un voyage dans le temps que nous fait découvrir Albert Dauzat, le spécialiste en la matière.

Les noms Gaulois, après avoir parfois été romanisés, ont disparu au profit des noms latins pendant la société gallo-romaine, dans l’aristocratie au moins.
Avec les bouleversements des grandes invasions c’est le système germain des Francs (et derrière Burgondes et Wisigoths), à nom unique, qui prévaudra ensuite. Le fait est intéressant : les Francs adopteront la langue des vaincus mais laisseront leurs noms, et une grande partie des patronymes actuels français leur sont imputables.

Les Germains n’avaient qu’un nom unique, forgé sur une métaphore glorieuse qui devait probablement être destinée à appeler la bienveillance divine. On retrouve fréquemment les mots bald (hardi), behrt (brillant), hard (fort), frid (paix), god (dieu), wald (roi, chef), rik (puissant), wulf (loup),…

D’une manière générale, le système onomastique et la mode des noms vient du vainqueur sur le vaincu, de l’aristocratie vers la bourgeoisie puis le peuple, par contagion. Plus tard, le mouvement viendra de la ville vers la campagne.
Ainsi, porter un nom d’origine germanique ne signifie pas forcément que l’on en descend, il peut avoir été adopté par usage. De même, comme des noms germains ont été portés par des saints, le nom peut provenir de ce dernier.

Le nom unique des Germains était-il suffisant pour désigner précisément une personne ? On peut gager que non. Le fait que même les rois étaient affublés de surnoms montre bien la force de cette pratique.

A partir du XIe siècle le surnom est progressivement mentionné dans les actes. D’abord individuel, il mettra encore quelques siècles avant de devenir héréditaire et s’appliquer à la femme et à l’ensemble des descendants d’une famille.
Le patronyme répond à la nécessité de différencier les individus. S’il naît à cette période c’est en raison de la forte progression démographique conjuguée à une érosion du nombre des noms en usage.
Montaigne cite le cas d’un banquet du XIIe siècle où les convives sont invités à se regrouper par noms. Les Guillaume sont plus de 110 !

Le mouvement serait parti des nobles, surtout à partir du nom de leurs fiefs principaux. Géographiquement, l’usage vient d’Italie centrale pour se répandre vers le sud de la France puis le nord. Il pénètre en Allemagne par la région Rhénane pour se diffuser ensuite vers le nord et l’est.

C’est au XVIe siècle avec l’obligation de la tenue des registres paroissiaux (ordonnance de Villers-Cotterets en 1539) que les noms de famille sont définitivement fixés, quoique les généalogistes notent que leur orthographe varie beaucoup selon l’humeur du scribe jusqu’à la fin du XIXe siècle. Il ne faut donc pas trop s’attacher à l’orthographe exacte de son nom, qui avait peu d’importance dans les temps anciens.

Le surnom qui deviendra patronyme (les Anglais ont gardé "surname") est d’abord celui du père (parfois de la mère), du patriarche de la maisonnée. Ensuite les origines peuvent être très variées : lieu d’origine, arbre remarquable de la maisonnée, métier, caractéristique physique ou morale, anecdote marquante, sobriquet.

Il est intéressant de noter que ces sobriquets –parfois peu flatteurs- ont été acceptés par les désignés, c’est dire la force du groupe social par rapport à l’individu qui prévalait alors. Ils nous renseignent aussi sur la malignité populaire, le sens goguenard de la farce de leur mentalité. Ce qui ressort surtout, la chose qui paraît la plus intolérable pour les communautés populaires, ce sont ceux qui se donnent de grands airs. Ceux-là sont frappés d’un surnom moqueur qui les sanctionne comme Beauseigneur, Lenoble, Lepape, etc…

L’étude de toutes les variétés de patronymes dépasse de très loin, bien sûr, ce petit résumé. Arrêtons-nous juste sur l’origine des patronymes comme Leroy, Lévêque, Lecomte, etc… en rapport apparent avec le moyen âge.

Les Leroy descendent probablement d’un roi, oui, … mais pas de France, de la fête ! Vainqueur d’un concours prisé (tir à l’arc, par exemple) ou organisateur de fêtes désigné pour un an. Rappelons la coutume du "reynage" qui consistait à choisir pour un an des responsables de confrérie pour organiser des festivités.
A moins qu’il ne s’agisse encore d’un individu qui se prenne pour le roi ! Dauzat penche plutôt pour le sobriquet que pour la profession dans les cas comme ceux-ci. Ainsi Prévôt peut désigner un homme austère et autoritaire, tout comme l’officier de justice aime paraître. Lévêque, également, peut-être un individu pontifiant ou bien le serviteur d’un évêque ou le paysan qui cultive ses terres.
Baron fait exception car d’autres sens ont été attestés : un homme de guerre ou un chef de famille respecté.

Les forgerons sont à l’origine d’un grand nombre de patronymes sur la base du latin faber comme Fabre, Faure, Faivre, Lefebvre, Febreau, etc… Dans d’autres langues on trouve aussi les Le Goff bretons, les Smiths anglais et les Schmitt de l’est. Ils donneront naissance également aux nombreux Maréchal. Cette abondance montre bien a quel point le métier de forgeron du village a marqué les esprits.

Personnage important de la vie locale, sa forge, d’abord à l'écart des habitations à cause du risque d’incendie et du bruit, inquiète aussi un peu. Le feu qui s’en échappe ne ressemble t’il pas à celui de l’enfer ?

Signalons aussi que les noms très fréquents (comme Lefèvre) ont donné lieu à la disparition des noms communs correspondants et à la création de nouveaux mots (comme forgeron), pour éviter la redondance et l’antinomie dans la vie courante (Lefèvre le fèvre ou Lefèvre le boucher).

Source : Albert Dauzat "Les noms de personnes".

Pour savoir l’origine de votre nom, le célèbre dictionnaire de Jean Tosti (attention, tout n’est pas parole d’évangile) :
http://jeantosti.com/noms/a.htm

Pour en connaître l’origine géographique (en France):
http://www.cartedefrance.tm.fr/

Je tombe aussi sur une page savoureuse de noms de contribuables en 1292 à Paris :
http://www.sca.org/heraldry/laurel/names/paris.html

Pour ma part, j’adore :
Rollant qui guarde le cheval
Tyfainne la florerresse de coiffes
Bèle-Assez de Gonesse
Baille-Hart le recouvréeur
Edeline l'Enragiée …



Foulques
Pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du Mal. [R. Sheckley]
Avatar de l’utilisateur
Foulques
Modérateur
Modérateur
 
Messages: 942
Inscription: 01 Avr 2005 19:39

Messagede Jehan » 21 Juin 2006 23:13

Je me suis intéressé pour ma région natale à la relation entre noms de familles et noms de lieux. Il m'est apparu que cela marche dans les deux sens.
On trouve des Demenat, issu d'un hameau appellé Menat
Mais on remarque aussi que des lieux dits actuels viennent d'ancien noms de familles qui y résidaient vers les XIV° et XV° siècles, parfois avec quelques déformations issues des travaux cadastraux du XIX° siècle, déformations dues vraisemblablement à l'oubli de l'origine du nom du lieu-dit. Dans ma ville natale, on a au moins deux exemples de ce fait : un quartier s'appelle Les Guineberts, et au XV° siècle, sur la colline qui porte maintenant ce nom une famille Guinebert y possédait une exploitation agricole ; un autre lieux-dit est dénommé Les Ilets, alors qu'il se trouve assez loin de la rivière et que son altitude ne permet pas que de quelconques ilets n'ay puissent être trouvé ! C'est la déformation du nom de famille des possesseurs d'une autre exploitation agricole, les Gilets.
Jehan
Bon contributeur
Bon contributeur
 
Messages: 359
Inscription: 15 Déc 2005 14:00

Messagede Hermione » 22 Juin 2006 20:59

ne m'appellant ni dupont ni martin, j'ai eu la surprise de voir que mon nom couvrait entre 1966 et 1990, tous les départements français sauf le 75 ! :med18: pour un nom germanique, c'est une énooorme surprise :shock: voilà qui me renvoit à la banalité :lol:
Ecrire l'Histoire, c'est foutre la pagaille dans la Géographie. [Daniel Pennac]
Avatar de l’utilisateur
Hermione
Bon contributeur
Bon contributeur
 
Messages: 264
Inscription: 08 Jan 2006 00:42

Messagede Foulques » 22 Juin 2006 23:44

Oui ça donne des surprises amusantes quand on fouille un peu ! Comme le dit Jehan, on peut avoir la chance de répérer le village même d'origine dans certains cas de patronymes rares. Cela dépend du degré d'investissement du département (comme pour les salles d'archives où le pire et le meilleur se cotoient).
J'ai un lointain ancêtre dans les Côtes-d'Armor et j'ai pu localiser son village grâce à un site sur internet du département, avant 1891.

Par ailleurs Tosti est sympa, il répond directement quand on lui demande l'explication d'un nom qui ne figure pas dans sa base. N'hésitez pas à lui envoyer un mail.

Un nom que j'ai retiré de mon article c'est Métayer. Dauzat pense que c'est un nom donné à un paysan arrivé fraîchement à la ville mais en fait je ne trouve pas ça logique. Ils l'auraient appelé Paysan , plus simplement. Et d'ailleurs le fait que ce dernier patronyme soit si rare indique bien qu'il n'était pas pris comme suffisamment distinctif car les gens venus des campagnes à la ville étaient légion !
Donc je croirais plutôt qu'il s'agit d'un patronyme bien rural qui permet de distinguer une personne qui a un contrat de métayage, rare dans la région à l'époque. On trouve ça plutôt dans l'Ouest, d'ailleurs.


Aux noms Paya, Payan, Payen, je suis très surpris par ce que dit Tosti :
Les deux premières formes se rencontrent surtout dans la région lyonnaise, le Midi et en Catalogne, la troisième dans toute la France. Il s'agit du mot païen, qui était un nom de baptême au moyen âge. L'origine est le latin paganus, désignant celui qui habite le pagus (domaine rural), qui a donné aussi paysan. Pourquoi Payen (païen) était-il devenu nom de baptême ? Difficile à dire. Certains pensent à des enfants baptisés longtemps après la naissance, d'autres à des païens convertis au christianisme. Il est également possible que Paya ait aussi désigné un paysan, tout simplement.

Un nom de baptême au moyen âge ?
Pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du Mal. [R. Sheckley]
Avatar de l’utilisateur
Foulques
Modérateur
Modérateur
 
Messages: 942
Inscription: 01 Avr 2005 19:39

Messagede Jehan » 23 Juin 2006 16:14

Un de mes oncle se nomme Méténier, ce qui est une autre graphie pour métayer à la fin de la période médiévale. Or, dans ma région, le métayage se répand au XV° siècle, en relation avec des baux à cheptel, et il sera prédominant comme mode d'exploitation dans le département de l'Allier qui a succédé au Bourbonnais au début du XX° siècle.
Jehan
Bon contributeur
Bon contributeur
 
Messages: 359
Inscription: 15 Déc 2005 14:00

Messagede Foulques » 23 Juin 2006 22:15

Le fait de désigner quelqu'un par ce type de rapport à la terre (ou du cheptel) et non par le fait qu'il était gros, grand, blond, cocu, bourguignon, radin, sentait mauvais (Lepeut =qui pue :) )ou qu'il ait un orme remarquable, me paraît être la preuve que l'apparition du métayage a frappé ses contemporains.

ça m'étonnerait que ce soit en bien puisqu'il était pieds et poings liés par son propriétaire, une forme moderne de location.
Pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du Mal. [R. Sheckley]
Avatar de l’utilisateur
Foulques
Modérateur
Modérateur
 
Messages: 942
Inscription: 01 Avr 2005 19:39

Messagede Jehan » 24 Juin 2006 11:01

Je reviendrai un jour sur le métayage. Un livre fondamental à ce propos, celui du Docteur Merle, "La métairie dans la Gâtine poitevine."
Jehan
Bon contributeur
Bon contributeur
 
Messages: 359
Inscription: 15 Déc 2005 14:00

Messagede The Banshee » 13 Juil 2006 22:23

merci beaucoup pour ces liens tres precieux.....

:wink:
www.thebanshee.skyblog.com ( IRLANDE )

"Celui qui ne connaît pas l'histoire est condamné à la revivre."
(Karl Marx / 1818-1883)
Avatar de l’utilisateur
The Banshee
Petit contributeur
Petit contributeur
 
Messages: 47
Inscription: 09 Avr 2005 20:50
Localisation: un peu partout

Messagede Foulques » 16 Mai 2008 19:51

Pourquoi une origine servile n'apparaît pas dans les noms ? On a bien le nom Serve, mais ça n'a rien à voir, par contre certains noms évoquent la condition de serviteur... Donc l'activité mais jamais le statut de serf.

On a vu qu'ironie et moquerie sont fondamentales dans la formation des patronymes. Pourquoi ne pas avoir utilisé cette source de discordance à l'intérieur des communautés ?
Par exemple Alain Boureau rapporte le cas de deux clans du même village (j'ai oublié où) qu'absolument rien ne distingue fiscalement mais qui ne veulent surtout pas être considérés ensemble. La différence ? Les uns se prétendent libres et accusent les autres d'être de condition servile.
Autre exemple, dans les notes de l'abbé Pissard à Morzine (que m'a transmis aimablement Locweb), il cite :

Code de l'Abbaye, soit les Bans champêtres en 1213 :
"Celui qui se raillera de la servitude d'un autre payera quarante sous. "

C'est donc bien un objet de raillerie tout autant qu'un chauve, un radin, etc… Et on a vu que l'intéressé lui-même acceptait de facto ces railleries en adoptant le surnom. Alors pourquoi ce qui apparaissait comme une tache (une macule comme disent les universitaires), n'a pas réussi à s'établir dans les patronymes ?
On pourra objecter qu'un patronyme est fait pour individualiser, or s'il y a un serf dans la seigneurie, il n'est jamais le seul. Mais ce n'est pas entièrement satisfaisant car on peut imaginer une certaine catégorie de noms dans la population serve différente de celle de référence des libres.

C'est l'objet du document qu'avait rapporté Armoisine dans le sujet : Nuance servile de l'anthroponymie médiévale :

http://lamop.univ-paris1.fr/W3/Conclusion.pdf
Pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du Mal. [R. Sheckley]
Avatar de l’utilisateur
Foulques
Modérateur
Modérateur
 
Messages: 942
Inscription: 01 Avr 2005 19:39

Messagede Foulques » 16 Mai 2008 20:06

C'est malheureusement écrit en langue universitaire, mais j'y ai relevé les passages suivants :

"la dépendance réelle du « nouveau servage » ne devrait-elle pas s’inscrire dans le surnom du serf, nommé de préférence Pierre ou Jean et surnommé du nom de son manse ?

Une telle attente repose sur l’idée qu’existe un statut de dépendance, voire plusieurs, concomitants, suffisamment homogènes, qu’il serait important
d’afficher jusque dans l’anthroponymie. Or la clarté est loin d’être faite sur les divers vocables utilisés pour désigner les serfs, sur l’évolution éventuellement disjointe de la condition servile et du vocabulaire pour la désigner, sur l’existence même d’un statut servile avant le XIIIe siècle. Et l’homogénéité du statut ne signifie pas celle de la condition. Est-il si simple de déterminer une
ligne de démarcation entre libres et serfs ? Les indices sont souvent contraires :
il semblerait à la fois qu’un groupe de personnes soit capable de dire qui est serf et qui ne l’est pas, mais les conflits ne manquent pas dans ce domaine, preuve que le contrôle n’est pas si facile, tout particulièrement aux moments où le développement urbain facilite les migrations et les enrichissements.

La liberté du corps, des biens, de l’appartenance à une collectivité constituent trois critères principaux qui ne sont ne sont pas systématiquement et également absents de la population que nous qualifierons de servile, en ayant bien
conscience du simplisme, pourtant nécessaire dans un premier temps, que ce terme comporte. Lesquels sont décisifs dans la perception d’une servitude que
les études juridiques montrent comme une affaire comparative plus qu’absolue en tout cas à la période centrale du Moyen Âge ? Lesquels sont les plus distinctifs ? Bref selon quels critères définir des corpus de personnes qui en un même moment et en un même lieu soient identifiés comme appartenant sans
aucun doute possible à la même catégorie statutaire ou sociale, tels qu’ils aient quelque chance d’être désignés selon des règles communes ?" (196)

" Or là est précisément le second résultat : les différences sont mineures qui permettraient d’isoler, de distinguer les serfs des libres, et ceci tout au long de la période médiévale, du IXe au XVe siècle." (197)

" Mais si l’anthroponymie a été un moyen de situer et de contrôler les personnes — et tel semble bien l’objet de l’apparition de l’anthroponymie à deux
éléments, la nôtre — elle ne semble pas avoir choisi la discrimination selon le statut. Dans le polyptyque d’Irminon, ce sont les mêmes racines qui sont dissociées et ré-assemblées dans les familles serviles et les familles de colons.
Dans la Catalogne du XIIIe siècle, si célèbre pour la dureté de la remensa, les mêmes noms pour les serfs et les paysans libres."

" Une fois de plus, la diversité sociale de la servitude apparaît comme plus forte que l’unification due au statut, lequel est sans doute plus uniforme dans l’esprit des historiens que dans
la réalité, surtout antérieure au XIIIe siècle
."

" La constatation essentielle est en effet que les serfs du Moyen Âge,depuis les mancipia des grands domaines carolingiens, ne sont en rien des
exclus. Leur anthroponymie suit les pratiques environnantes, elle évolue selon les grands lignes générales. Et surtout régionales : les différences sont bien plus marquées entre les régions qu’au sein de la même région entre les statuts.
La comparaison dans des contextes proches des noms de serfs et de libres souligne toujours leur proximité comme trait dominant, que ce soit dans
la Bourgogne du XVe siècle ou dans la région de Blois au siècle précédent." (210)

La Galice et le Languedoc offrent à ces chercheurs plus de documents, qui leur permettent d'approfondir :

" Les deux régions ont un premier point commun, qui pourrait peut-être se généraliser : les serfs portent plus de noms chrétiens que les libres."

" Ainsi Roger et Bertrand sont presque absents chez les serfs. Mais de part et d’autre des Pyrénées, un point commun : Martin comme nom de serf, presque « réservé à la dépendance » comme l’écrit Mireille Mousnier." (p. 205)

" En Galice, 7 noms suffisent dès le milieu du Xe siècle pour nommer la moitié de la population servile ; même si ce taux diminue sensiblement au début du XIe siècle, lorsqu’augmente la taille du corpus, il faut attendre le dernier quart du XIe pour que les libres fassent jeu égal dans le processus de concentration et dépassent à leur tour ce taux. En Galice comme dans la France méridionale, le taux d’homonymie est plus fort dans les populations dépendantes." (206)

" Dans toute l’aire méridionale, et sans doute assez loin vers le Nord, la transmission de la macule servile par la mère n’est pas attestée par les pratiques anthroponymiques : le poids agnatique
semble s’imposer."

Il me semble qu'avec ces extraits on a la réponse à ma question.
L'étude évoque Martin. C'est d'autant plus intéressant que c'est le patronyme le plus répandu en France. Mais cette constatation dans le statut servile se retrouve-t-elle dans les autres régions ? L'étude ne peut y répondre.

J'ai une critique à faire quand même, si j'ai bien lu : les possibilités de contrôle ecclésiastique (au premier chef concerné, à cause du baptême) ne sont jamais évoqués. L'existence d'un conseil étant évidente, suivant l'influence personnelle du curé, ne pourrait-on envisager aussi la mise en pratique d'un filtre à ce niveau ? Ce qui nous ramènerait à l'exemple du code de l'abbaye du XIIIe s. cité plus haut.
Pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du Mal. [R. Sheckley]
Avatar de l’utilisateur
Foulques
Modérateur
Modérateur
 
Messages: 942
Inscription: 01 Avr 2005 19:39

 


  • Articles en relation
    Réponses
    Vus
    Dernier message

Le Moyen Age... Info complémentaires

Services et Infos