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La criminalité au moyen âge

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Messagede Foulques » 14 Avr 2006 21:49

Même si ça ne concerne que les dijonnais et lyonnais, c’est une étude passionnante de Nicole Gonthier qui nous donne une vision insoupçonnée de la justice de l’extrême fin du MA.

Etude claire mais fouillée, un esprit de synthèse remarquable.

Ces dossiers judiciaires nous permettent d’avoir une approche saisissante de la vie quotidienne de l’époque (et aussi de ses tournures de language).
On redemande d’autres études de cette qualité !

www.erudit.org/revue/crimino/1994/v27/n2/017353ar.pdf

(donc, ici sur l'enquête judiciaire et la répression du viol au XVe s.)
Dernière édition par Foulques le 15 Avr 2006 23:11, édité 1 fois.
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Messagede Jehan » 14 Avr 2006 23:23

Je ne connaissais pas ce site. J'irai y jeter un oeil. J'ai lu une lettre de rémission sur une affaire complexe d'inceste, viol, acouchement clandestin et abandon du bébé qui en est mort. Quand j'aurai le temps, j'en ferai copie.
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Messagede Foulques » 15 Avr 2006 23:06

C'est un site généraliste Québecois... Après une rapide recherche, je n'y ai pas vu d'autres articles susceptibles d'intéresser l'honorable assemblée... :)

Je vais éditer mon premier message. J'y ai repensé et en fait, plutôt que de produire 30.000 liens différents, je crois qu'il vaut mieux rassembler ici toutes les études en ligne concernant la criminalité au MA.

De l'ordre ! De la minutie ! :D

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Messagede Aaarrrgggh » 04 Déc 2006 20:26

La justice était-elle différente selon les régions ? Je consulte plusieurs sources sur le châtiment possible lorsqu'on est déclaré coupable d'adultère.
Voici quelques punitions possibles, que j'ai trouvé selon les sources :
- bûcher
- laissé au jugement de Dieu (jeté dans une rivière, si elle s'en sort, Dieu l'a rendu innocente)
- Courir tout nu dans la rue attaché à une corde

Les peines sont relativement différentes et disproportionnées. Je n'arrive pas à trouver deux sources qui se recouperaient vraiment par l'intermédiaire d'arguments plausibles. Bien sûr, chaque seigneur est libre d'appliquer la justice comme il l'entend, m'enfin... Il est vrai que je n'ai jamais trouvé vraiment d'infos justes et précises sur la justice de l'époque.

D'après un bouquin :
les faux-monnayeurs seraient cuits dans un chaudron
sorciers et violeurs seraient brûlés (cette source confirme néanmoins que les sorcières n'étaient pas si brulées que ça au moyen-age)
meurtriers pendus ou décapités en fonction de leur statut social (noblesse ou non)

Et la prison servirait à garder les gens jugés dangereux et non à punir comme aujourd'hui.

Si quelqu'un a des infos fiables dessus, je suis preneur.

Merci !
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Messagede Foulques » 04 Déc 2006 21:06

Pour l'adultère il n'y a pas eu une histoire d'âne ? Les coupables étaient juchés dessus nus dos à dos et l'âne faisait le tour du village...
Mais je ne l'ai sûrement pas vu dans un bouquin récent et sérieux.

Le b^cher pour l'adultère, où par exemple ? :shock:

Malheureusement je n'ai pas d'étude sous la main et comme tu le disais, les "tarifs" de peine et les modalités variaient beaucoup suivant l'endroit et l'époque.
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Messagede Aaarrrgggh » 05 Déc 2006 09:00

Le livre faisait mention uniquement d'une histoire de "course à pied" tout nu attaché à une corde, mais c'est la première fois que je trouve cet exemple "amusant" de châtiment. A dos d'âne, c'est encore plus sympa. :D

En ce qui concerne le bûcher comme punition de l'adultère, je ne me souviens plus où je l'ai trouvée, peut-être ai-je confondu aussi. Mais n'y a-t-il pas eu une époque où l'adultère était sévèrement réprimé où le coupable était passible d'une sentence mortelle ?

En tout cas, le texte dont tu parles est très intéressant, aussi bien pour les jugements que les plaintes de l'époque. On découvre aussi des petites injures qui sont plaisantes, mais que le témoin de viol aurait préféré ne pas prononcer, je suppose :D
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Messagede Foulques » 05 Déc 2006 20:26

Oui, oui, les injures, excellentes ! :P

Je pensais justement les ajouter dans le fil de Thom S qui y est consacré.

La mort comme châtiment ça me surprend mais en fait tout dépend de la position sociale de l'amante. Plus on monte haut plus l'enjeu est important en cas de bâtard. L'amant déposerait ainsi un coucou dans le nid d'un autre ce qui lèserait les héritiers légitimes sans parler de l'honneur, la bonne réputation de la lignée, etc. Par exemple, en cas extrême on a l'affaire des belles-filles de Philippe Le Bel. Les amants n'ont pas été ratés, ni les filles non plus d'ailleurs… Gloups :?

C'est bien expliqué ici :
http://www.herodote.net/histoire10132.htm

Donc j'aurai tendance à penser que les juges devaient regarder d'abord le statut et l'âge de la femme, si elle pouvait avoir des enfants ou non. Le bûcher me paraît surprenant mais je ne sais pas où chercher des éléments là-dessus. Par contre, surpris en flagrant délit ça m'étonnerait que le mari soit condamné sévèrement s'il tuait l'amant.

Ici, on dit que la peine de mort était rare en général mais que cependant elle était appliquée en cas d'adultère sous les rois Mérovingiens. Influence du droit Franc qui ira en s'effaçant ?
http://www.cvm.qc.ca/glaporte/crimes.htm

Tiens, un autre truc intéressant :
"L'adultère est une atteinte à l'obligation de fidélité que se doivent les époux chrétiens et pose, en premier lieu, la question du maintien du lien conjugal. Sur la base d'une incise de l'Évangile selon saint Matthieu, le droit canonique a hésité longuement entre une simple séparation ou la rupture du lien et l'autorisation donnée à l'époux innocent de se remarier, pour rejeter en définitive cette dernière solution, à l'inverse de la position des Églises orientales. Suivant une tradition romaine, l'adultère est aussi un crimen publicum qui appelle une sanction de la part de l'autorité publique. La répression n'a pas été mise en oeuvre de la même manière dans le Nord et dans le Midi.
Dans le Nord, les coutumiers sont muets sur l'adultère et ce sont les cours d'Église qui en ont la compétence exclusive. Elles infligent des pénitences publiques et des amendes assez légères, mais sans faire de distinction entre les sexes, conformément à une doctrine constante, réaffirmée par le décret de Gratien. À partir du XIVe s., la répression de l'adultère fait l'objet d'une concurrence de la part des justices laïques qui, sous des influences savantes et au détriment exclusif de la femme, se mettent à appliquer l'authentique Sed hodie tirée de la législation justinienne : sur la plainte du mari, la femme convaincue d'adultère est enfermée à temps ou à perpétuité dans un couvent et perd sa dot ou son douaire.
Les chartes méridionales les plus anciennes (XIe-XIIe s.) font de l'adultère une cause majeure, soumise avec le rapt, l'homicide et l'incendie à l'arbitraire du seigneur. À la fin du XIIe s., dans les coutumes urbaines du Languedoc et de Gascogne, se répand la peine de la course, venue probablement de Catalogne. Le couple adultère doit parcourir la ville nu, en subissant des fustigations et souvent le bannissement. Mais, au milieu du XIIIe s., des limites sont mises : la course n'est infligée qu'en cas de flagrant délit dûment constaté, et on peut y échapper en payant une compensation pécuniaire.
Jacques Poumarède
"
http://www.historia.presse.fr/data/them ... 01801.html

Et on voit par la même occasion la dégradation progressive du statut de la femme qui aboutira au XVIe s.

La "course" est confirmée ici :
http://www.histoire-genealogie.com/IMG/ ... le_183.pdf
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