Oui, oui, les injures, excellentes !
Je pensais justement les ajouter dans le fil de Thom S qui y est consacré.
La mort comme châtiment ça me surprend mais en fait tout dépend de la position sociale de l'amante. Plus on monte haut plus l'enjeu est important en cas de bâtard. L'amant déposerait ainsi un coucou dans le nid d'un autre ce qui lèserait les héritiers légitimes sans parler de l'honneur, la bonne réputation de la lignée, etc. Par exemple, en cas extrême on a l'affaire des belles-filles de Philippe Le Bel. Les amants n'ont pas été ratés, ni les filles non plus d'ailleurs… Gloups
C'est bien expliqué ici :
http://www.herodote.net/histoire10132.htm
Donc j'aurai tendance à penser que les juges devaient regarder d'abord le statut et l'âge de la femme, si elle pouvait avoir des enfants ou non. Le bûcher me paraît surprenant mais je ne sais pas où chercher des éléments là-dessus. Par contre, surpris en flagrant délit ça m'étonnerait que le mari soit condamné sévèrement s'il tuait l'amant.
Ici, on dit que la peine de mort était rare en général mais que cependant elle était appliquée en cas d'adultère sous les rois Mérovingiens. Influence du droit Franc qui ira en s'effaçant ?
http://www.cvm.qc.ca/glaporte/crimes.htm
Tiens, un autre truc intéressant :
"
L'adultère est une atteinte à l'obligation de fidélité que se doivent les époux chrétiens et pose, en premier lieu, la question du maintien du lien conjugal. Sur la base d'une incise de l'Évangile selon saint Matthieu, le droit canonique a hésité longuement entre une simple séparation ou la rupture du lien et l'autorisation donnée à l'époux innocent de se remarier, pour rejeter en définitive cette dernière solution, à l'inverse de la position des Églises orientales. Suivant une tradition romaine, l'adultère est aussi un crimen publicum qui appelle une sanction de la part de l'autorité publique. La répression n'a pas été mise en oeuvre de la même manière dans le Nord et dans le Midi.
Dans le Nord, les coutumiers sont muets sur l'adultère et ce sont les cours d'Église qui en ont la compétence exclusive. Elles infligent des pénitences publiques et des amendes assez légères, mais sans faire de distinction entre les sexes, conformément à une doctrine constante, réaffirmée par le décret de Gratien. À partir du XIVe s., la répression de l'adultère fait l'objet d'une concurrence de la part des justices laïques qui, sous des influences savantes et au détriment exclusif de la femme, se mettent à appliquer l'authentique Sed hodie tirée de la législation justinienne : sur la plainte du mari, la femme convaincue d'adultère est enfermée à temps ou à perpétuité dans un couvent et perd sa dot ou son douaire.
Les chartes méridionales les plus anciennes (XIe-XIIe s.) font de l'adultère une cause majeure, soumise avec le rapt, l'homicide et l'incendie à l'arbitraire du seigneur. À la fin du XIIe s., dans les coutumes urbaines du Languedoc et de Gascogne, se répand la peine de la course, venue probablement de Catalogne. Le couple adultère doit parcourir la ville nu, en subissant des fustigations et souvent le bannissement. Mais, au milieu du XIIIe s., des limites sont mises : la course n'est infligée qu'en cas de flagrant délit dûment constaté, et on peut y échapper en payant une compensation pécuniaire.
Jacques Poumarède"
http://www.historia.presse.fr/data/them ... 01801.html
Et on voit par la même occasion la dégradation progressive du statut de la femme qui aboutira au XVIe s.
La "course" est confirmée ici :
http://www.histoire-genealogie.com/IMG/ ... le_183.pdf