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Les dhimmis : Juifs et chrétiens en terre d'islam

Ensemble des croyances, des dogmes, des pratiques et des rites définissant le rapport de l'humain avec le sacré durant le Moyen Âge.

Messagede Foulques » 03 Avr 2006 19:08

Extrait d’un article de Bat Ye’or :

« En 624, fort d'un nombre accru de fidèles, Mohammed somma l'une des tribus juives de Médine, les Banû Qaynuqa, de reconnaître sa mission prophétique. Devant leur refus, il les assiégea. Mais à l'intercession de leur protecteur, un converti à l'islam, il leur concéda la vie sauve. Ils furent toutefois expulsés de Médine et obligés d'abandonner leurs maisons et leurs biens aux Musulmans. L'année suivante une autre tribu juive, les Banû Nadhir, subit un sort semblable; Mohammed incendia, rasa leurs palmeraies et confisqua tous leurs biens au bénéfice de la communauté des Croyants. En avril 627, une coalition de Mecquois vint assiéger les Musulmans à Médine. Un soir d'orage, ils repartirent sans livrer bataille. Conduit par l'ange Gabriel, Mohammed se tourna alors contre la tribu juive restante, les Banû Qurayza, et les somma de se convertir. Essuyant un refus, il les assiégea avec 3 000 guerriers et remporta la victoire. Des tranchées furent creusées sur la place du marché à Médine et les Juifs - 400 à 900, selon les sources musulmanes - amenés par fournées, y eurent la tête tranchée. Tous les hommes furent ainsi exterminés, excepté un converti à l'islam. Ensuite le Prophète partagea les femmes, les enfants, les propriétés et les biens entre lui-même et les Musulmans.
Politicien avisé, Mohammed s'efforça de s'allier les puissantes tribus de La Mecque. Profitant en 628 d'un traité de non-belligérance (Hudaybiya) avec les Mecquois, il attaqua Khaybar, oasis cultivée par une autre tribu juive, à cent quarante km de Médine. Au bout d'un mois et demi de siège, les agriculteurs juifs capitulèrent aux termes d'un pacte, la dhimma. Mohammed les laissait cultiver l'oasis, moyennant la remise de la moitié de la récolte et le droit de les chasser de leurs terres à sa convenance. Par la suite, toutes les communautés juives et chrétiennes d'Arabie se soumirent aux Musulmans aux termes d'une dhimma semblable à celle de Khaybar. Les agriculteurs procuraient assistance et ravitaillement à la troupe musulmane et lui payaient un impôt en nature ou en argent (jizya), réparti selon les modalités de la conquête entre le Prophète et ses compagnons. En outre, ils cédaient aux Musulmans une partie de leurs églises ou de leurs synagogues. En contrepartie, Mohammed s'engageait à respecter leur culte et à les protéger contre les razzias bédouines.
La dhimma de Khaybar inspira les traités ultérieurement accordés par les conquérants arabes aux indigènes qui peuplaient les territoires hors d'Arabie. Les lettres de protection que Mohammed adressa en 630 de Tabouk aux populations juives et chrétiennes de Makna (nord du Hijâz, sur le golfe d'Eilat) et du sud palestinien: Eilat, Jarba et Adhruh, servirent de modèle aux traités conclus plus tard avec les Peuples du Livre (Juifs et Chrétiens). Ibidem, p. 14-17
3 Déportations Les transferts et déportations de populations bien que non mentionnés dans la dhimma relèvent néanmoins du statut de vaincus. Les rébellions de dhimmis ou des mesures de sécurité tel que l'éloignement de Chrétiens et de Juifs de zones frontalières ou stratégiques motivaient ces déplacements, fréquents surtout sous les Ottomans en Anatolie, dans les Balkans et en Arménie. La dernière déportation massive des Arméniens, ordonnée par les Turcs, s'inscrit dans la planification de leur génocide dès 1915. Ces déportations déracinaient des populations, elles rompaient la cohésion du tissu social et brisaient les résistances. Le remplacement des déportés par des groupes musulmans ou d'autres ethnies, facilitait par l'îlotage le contrôle des vaincus et le développement d'antagonismes ethniques. Les déportations obéissaient aussi à des impératifs économiques, tels que la revitalisation du commerce et la revification agricole de régions totalement ravagées par les guerres. On doit ici préciser que les déportations constituaient une stratégie guerrière générale. Les Romains, les Perses, les Byzantins vidèrent des régions entières de leurs populations. D'autres obligations incombaient aux dhimmis, comme l'hébergement et le ravitaillement de la troupe, hommes et chevaux, le devoir de guider les Musulmans correctement sur les routes tout en s'abstenant de toute collaboration avec leurs ennemis. Cette clause, du fait d'un millénaire de guerre entre Islam et Chrétienté, empoisonna les relations entre les Chrétiens dhimmis et harbis (Européens). Elle imposa aux premiers une surenchère d'hostilité envers les seconds, afin de prévenir les représailles sanglantes d'un pouvoir musulman toujours soupçonneux. En outre l'obligation d'héberger les soldats dans les églises, les synagogues et dans leur demeure, soumettaient les dhimmis à un régime d'extorsions et d'humiliations aggravées par de fréquentes rapines et parfois même le rapt des femmes. Ibidem, p. 43-44 »
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Messagede Foulques » 03 Avr 2006 19:10

« 4 La loi islamique interdisait aux non-Musulmans la propriété foncière qui était transférée au Trésor public musulman géré par le calife. Celui-ci délimitait des circonscriptions militaires qu'il cédait en fiefs, sous forme temporaire ou à perpétuité, à des membres de sa famille, à des tribus ou à des chefs militaires, en échange de l'équipement d'une troupe et de sa participation aux combats. Cette hiérarchie militaire administrative se perpétua jusqu'au XIX' siècle dans l'Empire ottoman. En Bosnie, seuls les Musulmans pouvaient avoir des terres «libres» (mülk), l'Etat ottoman se réservant la totalité des terres conquises (terres miri). Les dhimmis cependant, pouvaient conserver la possession du sol, en retirer l'usufruit et en hériter. Toutefois la conquête islamique instaura dans la réalité une situation dramatique relatée par d'innombrables sources et dont les conséquences à long terme aboutirent à la disparition des paysanneries chrétiennes et juives indigènes. De fait, même si la législation islamique garantit au dhimmi la possession, ce principe fut souvent transgressé, notamment par les transferts des populations obligées d'abandonner leurs biens, meubles et immeubles. Au XIXéme siècle, lors de l'émancipation des dhimmis et de la réforme du droit ottoman, les ulémas interdisaient la vente de terres aux Serbes chrétiens. Quand ces derniers parvenaient à en acheter, elle leur était enlevée « sur n'importe quel injuste prétexte ». Une situation semblable envers les Juifs et les Chrétiens en Palestine et en Syrie fut mentionnée par les consuls anglais à la même époque. Ibidem, p. 46-47
5 Incapacités fiscales, abus de particuliers ou de troupes, razzias de rebelles, il n'y eut guère de lieu ni d'époque où l'esclavage n'emporta sa moisson d'hommes, de femmes et d'enfants dhimmis. Cette dilution démographique s'aggrava sous les Ottomans avec l'institution du devshirme inaugurée par le sultan Orkhan (1326-1359). Elle consistait à enlever régulièrement, sous forme de tribut, un cinquième des enfants chrétiens des pays conquis d'Europe Orientale et Centrale. Les intervalles entre les levées variaient selon les besoins. Certains lieux en étaient exemptés: Jannina, Galata, Rhodes. Convertis à l'islam, ces enfants âgés de 14 à 20 ans, entraient dans le corps des janissaires, milices militaires constituées presque exclusivement de Chrétiens. Les levées périodiques qui se faisaient par contingents de 1 000, devinrent ensuite annuelles. Les enfants chrétiens étaient réquisitionnés parmi l'aristocratie des Grecs, des Serbes, des Bulgares, des Albanais, des Arméniens, et parmi les enfants des prêtres. A date fixe tous les pères devaient se rassembler avec leurs fils, sur une place de la commune. Les agents recruteurs, janissaires eux-mêmes, y choisissaient, en présence du cadi, les plus beaux et les plus robustes. Aucun père ne pouvait se soustraire à ce tribut du sang, sous peine de sanction sévère. Parallèlement à ce système de recrutement, un autre fonctionnait pour la levée d'enfants entre six et dix ans (iç oglan) réservés aux sérails des sultans. Confinés dans les palais et confiés aux eunuques, ils étaient assujettis durant quatorze ans à une discipline astreignante et à de pénibles tâches. C'était eux qui fournissaient la hiérarchie la plus élevée des fonctionnaires de l'Etat ottoman. Cette saignée ponctuelle et régulière sur les peuples conquis augmentait la population musulmane et diminuait d'autant celle des Chrétiens. Le devshirme fut théoriquement aboli en 1656, mais le recrutement des iç oglan continua jusqu'au milieu du XVIII" siècle. L'esclavagisme qui déterminait toute la structure sociale, politique et militaire du dar al-islam introduisait continuellement l'influence chrétienne à tous les niveaux. Distribués dans les harems, l'armée ou le gouvernement, ou maintenus dans les campagnes, les esclaves chrétiens islamisés des deux sexes constituèrent une population innombrable. Ils fournirent une force de travail essentielle au maintien de la domination islamique, et alimentèrent un courant permanent d'islamisation. Enfants, adolescents ou adultes, vagues humaines sans cesse renouvelées par les razzias et les guerres, ils activaient tous les rouages sociaux. Ibidem, p. 48-50 »
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Messagede Foulques » 03 Avr 2006 19:13

« 6 Rébellions Les rébellions assimilées à une rupture du pacte de protection entraînaient le massacre des insurgés et l'esclavage des femmes et des enfants. «La violation de leur contrat par les tributaires n'autorise leur mise à mort, le pillage de leurs biens et la réduction en captivité de leurs femmes et enfants que quand ils nous combattent; autrement, on les expulse du territoire musulman, en les respectant, jusqu'à ce qu'ils atteignent leur lieu de sécurité, dans le plus proche pays polythéiste. S'ils ne partent pas de bon gré, ils sont expulsés de force. » (Mawardi) «L'infidèle qui a rompu la convention à main armée, doit être repoussé et tué sur-le-champ. L'infidèle qui vient de rompre la convention d'une autre manière, ne saurait exiger d'être reconduit dans son pays; mais le Souverain peut le faire tuer, le réduire à l'esclavage, lui pardonner ou le relâcher moyennant une rançon, d'après ce qu'il lui paraît le plus avantageux. Cependant on ne saurait faire de lui un esclave, s'il embrasse l'Islamisme avant que le Souverain se soit prononcé sur son sort. La perte du sauf-conduit ou du quartier, accordé à un infidèle, ne s'étend point à sa femme et à ses enfants. L'infidèle qui renonce à la convention avec nous, et demande à être considéré désormais comme un ennemi, peut exiger d'être reconduit en sûreté hors de nos frontières. » Nawawi)
Après la conquête arabe, la population de Persépolis qui s'était révoltée fut massacrée et la ville détruite. Les chroniqueurs mentionnent des soulèvements au Liban, en Egypte, en Arménie. En Espagne les révoltes de muwallads (néo-convertis) furent quasi permanentes contre les Arabes immigrés qui s'étaient taillés de larges domaines exploités par les Chrétiens, serfs ou esclaves. Les extorsions fiscales et les expropriations allumaient des foyers insurrectionnels continuels de muwallads et de mozarabes (Chrétiens dhimmis) sur toute la péninsule hispanique. Les chefs rebelles étaient exécutés par crucifixion et les insurgés passés au fil de l'épée. Durant toute l'époque de l'émirat hispano-omeyyade jusqu'au Xème siècle, ces conflits ensanglantèrent l'Espagne et alimentèrent des haines religieuses endémiques. Une lettre de Louis le Pieux aux Chrétiens de Mérida en 828 évoque leur situation sous Abd al-Rahman Il et le règne précédent: usurpations de leurs biens, augmentation injuste des tributs exigés, suppression de la liberté (esclavage ?), oppression par «de lourdes et iniques contributions». Ibidem, p. 51-52
7 Au Maghreb les guerres tribales qui décimèrent aussi les populations musulmanes furent encore plus cruelles pour les dhimmis, vivant sous la protection monnayée d'un monarque dont l'assassinat causait leur perte. Ainsi à Fez en 1032, cinq à six mille Juifs furent massacrés lors de révoltes à Grenade (Andalousie), en 1066, trois mille périrent dans des insurrections. Les données concernant les Juifs et les Chrétiens sont très lacunaires; de la littérature rabbinique (responsa) on peut déduire qu'au xe siècle, dans les environs de Kairouan, il existait des paysans juifs payant le kharaj. Quant à la chrétienté africaine, autrefois si vigoureuse et agressive, son déclin fut tel qu'on ne trouvait plus en Afrique en 1076, les trois évêques indispensables à une ordination épiscopale. Les destructions commises par les tribus bédouines d'Arabie lors de leur entrée en Tripolitaine et en Ifrîkiya (mai 1050) furent abondamment décrites par Ibn Khaldoun; le géographe andalou AI-Idrîsî se lamentait sur le sort de Kairouan, ville qui était la plus prestigieuse d'Afrique et réduite désormais à des ruines où se répandaient « toutes sortes de calamités ». Au Maghreb et au Yémen, durant les périodes d'instabilité et de changements de règne, les quartiers juifs, - les dhimmis chrétiens avaient tous disparus - étaient pillés, les hommes massacrés ou rançonnés, les femmes et les enfants enlevés par les tribus massées autour des villes. Dans l'Empire ottoman les règles du jihâd étaient encore appliquées au XIXe siècle. Après l'écrasement en 1813 de l'insurrection serbe, 1 800 femmes et enfants furent vendus à Belgrade en une journée. Les révoltes répétées des Grecs approvisionnèrent les marchés d'esclaves. »

Extrait de la source :
http://www.denistouret.net/textes/Bat_Yeor.html

Ici, le même auteur a rédigé un article pour Historama :
http://mypage.bluewin.ch/ameland/ArticleF2.html

tous ses articles en français :
http://mypage.bluewin.ch/ameland/ArticleF1.html

Ses livres :
Le dhimmi, profil de l'opprimé en Orient et en Afrique du Nord depuis la conquête arabe, Antropos, Paris, 1980 ;
Les chrétiens d'Orient entre Jihâd et Dhimmitude, VIIème-XXème siècle, Le Cerf, Paris, 1991 ;
Juifs et chrétiens sous l'Islam, les dhimmis face au défi intégriste, 420 p., Berg International, Paris, 1994 ;

Malheureusement, ceux qui m’intéressent sont épuisés…
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Messagede Foulques » 03 Avr 2006 19:16

De la condition historique des communautés juives et chrétiennes sous l’islam, il ne s’agit bien sûr que d’un gros résumé, à affiner, mais qui présente l’intérêt d’aborder un sujet peu étudié jusqu’ici.

Il y avait un caractère frappant par rapport aux autres oppressions religieuses : la volonté d’avilir, d’humilier les non-croyants.
C’est manifeste dans les obligations des dhimmis :

Interdiction :
- d’avoir des armes
- de prosélitysme
- de bâtir de nouveaux lieux de cultes
- de faire sonner les cloches
- d’avoir une maison plus haute que ses voisins musulmans
- de pouvoir déposer dans un procès impliquant un musulman (donc impossibilité de se plaindre d’une agression d’un musulman)
- de monter des chevaux

Obligation :
- d’enlever les croix apparentes des monuments
- de porter des couleurs de vêtements distinctives
- d’accueillir et d’héberger tout musulman qui se présente
- de payer la jizya (djizye dans l’empire ottoman) comme impôt supplémentaire (le double de la contribution des musulmans environ)


Parfois, l’obligation de ne monter que des ânes ou mulets était assorti d’une condition supplémentaire : le monter en amazone, à la façon des femmes.
-Lorsque les Juifs d’Alger "bénéficieront" du statut de dhimmis en 1516 par les Turcs, leur représentant est rituellement giflé lors de la remise annuelle de la jizya. Le chef religieux des communautés dhimmies pouvait ainsi être soumis à la bastonnade publique, si les autorités avaient un motif de courroux envers la communauté qu’il représentait.
-Le recours au viol, toujours impuni, le mari ou le père étant dans l’incapacité de défendre les siens ou de porter plainte.

Dans l’état actuel de ma réflexion sur ce sujet, je crois que l’origine se trouve dans la sourate 9:29 du Coran :
«Combattez ceux qui ne croient ni en Dieu ni au Jour dernier, qui n'interdisent pas ce que Dieu et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu'à ce qu'ils versent la capitation par leurs propres mains, après s'être humiliés
http://www.oumma.com/coran/afficher.php?NumSourate=9
(ce sont les chrétiens qui sont appelés associateurs dans les autres sourates)

Pour les deux autres peuples du Livre était donc prévu la dhimma, appliquée avec plus ou moins de sévérité suivant les époques, les évènements ou la clémence des souverains (Saladin s’est distingué par son humanité, notamment).
Pour les autres peuples conquis d'autre religion, animistes, zoroastriens, hindous, la répression fut infiniment plus dure.

Merci de ne pas faire dériver ce fil par des commentaires déplacés et de s'en tenir au strict aspect historique.
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Messagede Foulques » 25 Sep 2006 02:04

Parlant des Juifs dans "L'islam des interdits" (Desclée de Brouwer), la célèbre islamologue Anne-Marie Delcambre rappelle un aspect que j'avais omis :

"Enfin et surtout, le droit musulman exigeait des dhimmis, donc des juifs, la soumission aux musulmans. Cela signifiait concrètement qu'ils devaient avoir une attitude humble, modeste, le regard baissé, le pas pressé. Ils devaient céder le pas aux musulmans, quitte à descendre du trottoir !"
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Messagede Rekk » 25 Sep 2006 08:03

En pareil cas, il me semble hasardeaux de ne citer qu'une seule sourate du Coran. En effet, celui-ci reflète les relations favorables ou défavorables de Mahomet et de la communauté (umma) avec les autres religions du Livre. Un exemple : c'est en partie ce qui explique que les musulmans, qui se tournaient à l'origine vers Jérusalem pour prier, se soient ensuite tournés vers La Mecque pour le faire lorsque les relations avec autres religions du Livre se sont envenimées.

Je vais rechercher les versets du Coran montrant cette évolution :wink:
_________________
BLACHERE Régis (tr. de l'arabe par), Le Coran (al-Qor’ân), Maisonneuve & Larose, 1999, 751 p.
A peste, fame et bello, libera nos domine ! - « De la maladie, de la famine et de la guerre, délivre-nous, Seigneur ! » (litanie médiévale bien connue)
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Messagede Foulques » 06 Oct 2006 20:57

J'ai pas bien compris le rapport avec ce qui a été exposé plus haut...

Si tu veux dire qu'une seule citation d'écriture sainte ne peut pas avoir une énorme influence sur une société mais qu'il en faut plusieurs, c'est ça que je trouverais, pour ma part, hasardeux de dire...
Je ne connais pas bien la théologie mais du côté chrétien l'impact de "rends à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu" me paraît énorme, par exemple.

De toutes façons ce n'était qu'une tentaive d'explication de ma part, il n'en reste pas moins que l'humiliation systématique des dhimmis est un fait historique que tu ne pourras nier.
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Messagede heresiaque » 03 Déc 2009 21:25

"Bat Ye’or", de son vrai nom Gisèle Litman, ou l'historienne préférée des activistes pro-israéliens et des militants d'extrême-droite ! Comme quoi, 60 ans après la Shoah, tout est possible...
Si de ce côté ci de l'Atlantique et de la Mediterranée, en dehors des milieux sus-cités, c'est une quasi inconnue, aux États-Unis et en Israël, elle a tribune libre et est devenue en ces années post-11 septembre la véritable pasionaria du "Monde-libre-en-lutte-contre-les-obscurantistes". Les obscurantistes ? : les Indiens ? les Rouges ? Non, pire : les musulmans! "Cachez vite vos gosses, vos femmes, vos cochons, ils arrivent, non ils sont déjà là, aaaah. En possant ce dernier cri, les européens, ces lâches dévirilisés, viennent de succomber...ils sont tous devenus mahométans".

C'est, grossièrement résumé, la thèse de son "concept" majeur, "l'Eurabia". Grossièrement ai-je écrit, du moins je l'admet mais comme est grossière son "analyse" biaisée et decontextualisée de l'histoire musulmane et européenne. Tapez son nom sur Google et amusez vous à cartographier les sites politiques qui parlent d'elle. Des courants jusque-là contradictoires (laiques, féministes, identitaires, sionistes) construisent aujourd'hui mine de rien un corpus idéologique commun qui prend naissance dans leur peur/cible commune, les musulmans. De ces proximités incestueuses naissent toujours des monstres. Aujourd'hui la votation suisse, demain qui sait bien quoi ? L'Histoire, nous a appris à nous méfier d'elle car il lui arrive de bégayer...

Je vous conseille de lire la page Wikipedia US qui lui est consacrée, celle en français étant apparemment écrite par un apologète. La version US a au moins le mérite de proposer un minimum une lecture critique. Juste ce petit passage :
"Israeli peace activist Adam Keller, in a letter of protest sent on June 2, 2008 to the Israeli publisher of Eurabia: The Euro-Arab Axis, wrote:
In 1886 the French antisemite Edouard Drumont published 'La France Juive' (Jewish France), creating the false nightmarish image of a France dominated by Jews, and sowing the poisonous seeds which came to fruit when Vichy French officials collaborated in the mass murder of French Jewry. [...] 'Bat Ye'or' follows in notorious footsteps indeed by creating the false nightmarish image of a Europe dominated by Arabs and Muslims.
According to David Aaronovitch:
[Eurabia] is a concept created by a writer called Bat Ye’or who, according to the publicity for her most recent book, "chronicles Arab determination to subdue Europe as a cultural appendage to the Muslim world — and Europe's willingness to be so subjugated". This, as students of conspiracy theories will recognise, is the addition of the Sad Dupes thesis to the Enemy Within idea."
Sur le Web francophone , il est difficile de trouver une lecture objective des écrits de Gisèle Litman. Perdus parmi les sites militants, on trouve malgré tout deux liens de qualité. Le premier provient du Monde Diplomatique :
http://blog.mondediplo.net/2006-09-26-B ... euro-arabe

Le deuxième, de la très excellente Revue des Idées :
http://www.laviedesidees.fr/La-peur-de-l-islam.html

Faites-vous votre idée mais comme dans n'importe quelle enquête policière, en Histoire, il vous faut toujours vous poser cette question pré-liminaire : "Cui Bono", à qui profite le crime...
Elle ne nous assure pas de trouver la vérité à tous les coups, mais au moins pouvons-nous l'entrevoir. Un peu.
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