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Les Villes en Occident XIII-XV

Le Moyen Âge est la période de l'Histoire située entre l'Antiquité et la Renaissance. Traditionnellement, on le fait commencer en 476 et le terminer en 1492.

Messagede armoisine » 30 Mai 2006 12:26

Je révise la médiévale en ce moment et il y pas mal de documents sur le net qui apparaissent au fil des recherches. Notamment celui ci:

Sociétés, cultures et pouvoirs dans les villes en Occident, XIII-XVè
Charageat et Coussemacker
http://adels.blog.lemonde.fr/adels/files/UE10b.pdf


Introduction
-Gouverner la Ville
-Se disputer et se réconcilier en Ville
-Identité et Mémoire urbaine
-Éducations et Cultures en Ville
-Fiscalités dans les Villes
-La production, la consommation et les échanges
-Les structures sociales de la Production et de l´Échange



Comment définir la ville? Comment expliquer et désigner la ville ? Comment rendre comte de la ville : de sa nature, de sa fonction ? Quelle définition simple, globalisante et unitaire ? Le problème étant que nous n’avons pas une ville mais des villes, qui présentent toutes différents aspects.
Une définition topographique ? On définirait alors la ville par ces murailles, son architecture, ... par l’histoire des formes urbaines. Mais cela est insuffisant car il existe des bourgs fortifiés.
En Italie, La ville se définit par la présence de l’évêque, personnage clef de la société urbaine, occupant des fonctions à la fois religieuses et civiles, premier représentant de la ville.
J. de Voragine2 dit : “Une ville ne peut être une ville si elle n’est pas dotée de la dignité épiscopale”. Bartolde
(un juriste du XIVe) redit la même chose. Mais cette définition n’est vrai que pour l’Italie.
Une définition démographique ? La ville est plus peuplée... Mais avec la peste de 1348/1349, les villes
se dépeuplent. Ce n’est donc pas un critère qui est pertinent à lui seul.
Une définition économique ? P. Boucheron avance un critère économique : La ville se définit par une forte présence d’activité secondaire et tertiaire. Le fait urbain se caractérise donc par l’essor des classes marchandes et le triomphe de l’argent. Les progrès de la recherche historique mettent en avant de nouvelles méthodes tirées de
l’anthropologie et de la sociologie :
La ville est avant tout une perception, un vécu. Les citadins forment un corps qui a conscience de lui même et qui se pense comme tel. C’est une communauté de droit et de souvenir. Ils ont la conscience de se démarquer des ruraux. Cette approche tend à faire des hommes du passé
des acteurs de l’histoire. Les citadins ne subissent pas la ville, ils l’ont forgé, ils ont forgé une identité urbaine.
3 notions clefs : URBAIN, SOUVENIR, CULTURE.

Pierre Monnet définit la ville : “Elle est un corps composée d’individus et de groupes variées mais partageant une culture commune, la culture urbaine qui sert de ciment à cette communauté. Cette culture urbaine qui se démarque de la culture rurale repose sur le souvenir, la représentation que les habitants ont de leur ville, sur l’existence d’un droit urbain, sur ces élites urbaines, sur la communication de chaque ville avec l’extérieur.”

P. Boucheron (concernant les villes d’Italie) : “Un état d’esprit collectif il existe une auto conscience de la ville, elle découle de l’orgueil monumental, par la capacité d’identification par les monuments, par le culte des saints - patrons, l’auto conscience par le sentiment d’appartenir à la res publica. Au XIIIe, le sens de la liberté, du bien commun et de la concorde reprend vie.”
Cette auto conscience découle d’une mémoire collective, d’un passé urbain commun ou d’un passé urbain collectif.
- Le passé commun concerne les habitants de “souche”.
- Le passé collectif est la capacité d’adhésion des nouveaux habitants, qui participe ainsi à la cohésion et qui la perpétue.
La ville n’est pas autonome ni indépendante, elle s’inscrit dans un réseau. Les espaces urbains s’inscrivent dans un système emboîté de territoire. (Travaux de la nouvelle historiographie Philip Jones et Hagen Keller).
Réseau de rapports et de relations. Réseau de pouvoir, Réseau vertical (Empereur, Pape, Roi), Réseau horizontal avec d’autres villes.
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Messagede Jehan » 30 Mai 2006 19:23

Et importance de la ville par rapport aux campagnes environnantes
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Messagede Foulques » 30 Mai 2006 21:27

Je ne sais pas pour l'Italie mais pour la France, ce que ça m'inspire comme ça :

Je ne crois pas qu'il y ait de rapport entre la ville antique et celle du MA, hors les murs.
L'essor de la ville vers le XIIIe s. marque le changement de civilisation, la sortie de l'ère féodale. Désormais, le bourgeois va s'insérer dans la trilogie sociétale (pas trouvé d'autre mot plus simple) : le guerrier, le clerc et le paysan. C'est le début de la fin et c'est le bourgeois qui gagnera à la fin, comme on peut le constater aujourd'hui.

La ville du bas MA, c'est un chancre dans le tissu social, une anomalie, une avaleuse d'hommes sans retour. Les célibataires s'y entassent et ne peuvent que rarement faire souche pour cause du prix et de l'exiguïté des logements, les couples font très peu d'enfants. La ville ne se développe que par l'arrivée d'autres immigrants mais jamais par elle-même. Elle suce les forces vives des campagnes, transforme le bénéfice réel de la production agricole par la virtualité des bénéfices du commerce.

Paris : la figure incroyable, la mégalopole inhumaine d'occident avec ses 200.000 habitants ! Personne ne sait comment gérer un tel assemblage d'hommes. Paris est apocalyptique.

Ailleurs, les villes se montrent avec évidence comme un relais politique pour les rois de France afin de centraliser un tant soit peu la société féodale, la transformer donc.

Une idée intéressante à creuser : "la ville, comme mouvement vers Dieu". Je ne sais plus quel théologien à écrit ça. Séduisant par son esthétisme. Sensible dans la ville du Puy, justement.



A lire : "les villes invisibles" d'Italo Calvino, grand écrivain italien (on y revient toujours à l'Italie ! :) )
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Messagede armoisine » 31 Mai 2006 18:53

Une telle vision est trop pessimiste pour moi... Trop citadine sûrement :lol: !
Même si j'ai parfois la nostalgie d'un âge d'or de la terre et des hommes, s'il a vraiment existé. Dans ces moments là je me dis que le malheur est d'avoir dû vivre en groupe pour assouvir des besoins toujours grandissants...


Foulques a écrit: La ville ne se développe que par l'arrivée d'autres immigrants mais jamais par elle-même. Elle suce les forces vives des campagnes, transforme le bénéfice réel de la production agricole par la virtualité des bénéfices du commerce.

Je crois que c'est surtout parce que les humains se sont multipliés que les villes ont gonflé (essor démographique XII-XIIIè), ce n'est pas un exode rural comme l'a connu le XIXè. La terre ne manquait pas franchement mais la terre libre, oui, non?


Pour le profit, c'est vrai que le capitalisme nait aux XII-XIIIè, dans les villes. Notamment dans les villes maritimes (la Hanse, Italie).
J'ai bien aimé cette définition du capitalisme:
Je crois que la pierre de touche de l’économie capitaliste est l’investissement de capital dans les activités économiques avec l’espoir d’en obtenir un gain qui sera en partie réinvesti pour obtenir un gain plus important, ce qui amorce le mécanisme de l’accumulation et de la croissance.
L’économie médiévale rurale, seigneuriale n’est pas capitaliste. Mais remarquons qu’à Venise, république marchande, il y a eu très peu d’aspects féodaux.
Hocket, Naissance de l'éco capitaliste à Venise.
http://www.ac-orleans-tours.fr/hist-geo/conferences/blois-avril01/venise.rtf


Et pour finir de noircir le tableau, notons que les villes d'aujourd'hui, après avoir "sucé les forces vives de la campagne", grignote son territoire.
Foulques a écrit:C'est le début de la fin et c'est le bourgeois qui gagnera à la fin, comme on peut le constater aujourd'hui.

On ne parle même plus de "rurbanisation" mais de "périurbanisation", les unités urbaines-tâches d'huile englobent des espaces en friche, des communes autrefois rurales.
On fuit la ville vers un idéal rêvé de vie saine et campagnarde, oubliant que les humains sont les mêmes partout... Que dire des conflits d'usage? Ou quand on fait taire les cloches des villages....
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Messagede armoisine » 01 Juin 2006 12:33

La population de Paris avant la grande peste:
http://classes.bnf.fr/ema/anthologie/paris/2.htm
L'état des paroisses et des feux de 1328 est un document célèbre à juste titre car il est le premier texte permettant une estimation chiffrée globale de la population française avant I'épidémie de peste du milieu du XIVe siècle et donc à la fin de la période d'expansion démographique du Moyen Âge.
C'est aussi à partir de ce document que I'on a établi que Paris (61 000 feux) devait être la plus grande ville d'Europe avec 200 000 ou 250 000 habitants au début du XIVe siècle.

La macrocéphalie du système urbain français se dessine dès le Moyen Age... Paris domine et étouffera progressivement les autres pôles par la centralisation ou en fractionnant les délégations de pouvoir, voire en activant les rivalités entre villes concurrentes (Orléans-Tours,...).

Pour l'Italie des villes au Moyen Age:
métropoles de +80000 hab: Milan, Venise, Florence, Gênes
très grandes villes +40000: Bologne, Vérone, Brescia, Crémone, Sienne, Pise, Rome
villes +10000: 70 villes
La répartition est inégale sur le territoire, mais si le réseau urbain est plus dense dans le Nord, avec de très grandes villes, le Sud n'est pas un vide urbain. le réseau est ancien et beaucoup mieux équilibré, toutefois s'il y a plus de villes, elles sont aussi de taille plus modeste.
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Messagede Foulques » 01 Juin 2006 20:30

J'ai dû mal m'exprimer, à aucun moment je n'ai parlé d'un âge d'or auquel je ne crois pas. Par contre, je pense qu'effectivement l'essor des villes avec ses acteurs économiques renforcés (qui deviendront acteurs politiques) marque bien un changement de société.

Et pour la naissance du capitalisme, il ne faut pas oublier que la plus ancienne société par actions DU MONDE remonte au XIIe s à Toulouse : c'est la fameuse société du Bazacle, qui gérait les douze moulins sur le barrage du même nom. La propriété (et les bénéfices) étaient partagés en 96 uchaus (actions), un uchau pour 1/8e de moulin.
Ces actions s'achetaient et se revendaient sur un marché des valeurs, étaient spéculées à la hausse, à la baisse, bref, comme de nos jours. Les revenus étaient payés en nature, en grains cependant.

Là où la société deviendra typiquement capitaliste c'est quand il n' y aura plus de meuniers dans les propriétaires au début du XIIIe s.: la dissociation entre capital et travail sera faite. Ce seront de riches bourgeois toulousains qui garderont les titres et désigneront les plus roués et les juristes les plus retors d'entre eux pour gérer la société (l'époque était bien plus tâtillonne et procédurière qu'on ne pourrait le croire).

Et c'est là aussi où je ne suis pas d'accord avec la définition du capitalisme par l'éminent universitaire. Sa définition caractérise n'importe quel investissement de l'époque. Croirait-on qu'un seigneur investisse à perte dans un moulin ? Qu'un paysan ne garde pas des sacs de semences de sa récolte précédente pour les replanter à la saison suivante, donc réinvestir ? Cette accumulation et cette croissance c'est la base du bons sens plutôt.
Je viens de vérifier dans le dico et c'est bien ce que je pensais : le capitalisme c'est la différenciation des acteurs économiques lorsque les moyens de production peuvent appartenir à des gens qui n'ont rien à voir avec leur exploitation. La société du Bazacle doit donc être la première entreprise capitaliste du monde.
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Messagede armoisine » 02 Juin 2006 07:14

Nan, y'a pas de malentendu, l'âge d'or c'est uniquement dans mon message, ce que m'a évoqué le tien mais sans rapport direct.

Je ne savais pas pour Toulouse. La spéculation n'était alors pas considérée comme un enrichissement "immoral"? J'ai lu quelque part que l'usure interdite par l'église n'était pas uniquement les intérêts sur les transactions mais aussi ce genre de manoeuvre.
D'ailleurs, le pape s'est accomodé des sociétés marchandes au XII-XIIIè parce que les transactions comportaient un risque (grand commerce par bâteau etc). Or dans les moulins y'a pas grand danger, comment s'étaient-ils accomodés?


Et pour la définition de capitalisme, c'est vrai qu'elle est plus complète ainsi, avec la différenciation des acteurs. Mais voilà...:
Foulques a écrit:Croirait-on qu'un seigneur investisse à perte dans un moulin ? Qu'un paysan ne garde pas des sacs de semences de sa récolte précédente pour les replanter à la saison suivante, donc réinvestir ?

Selon moi, le seigneur est un agent du système économique agraire féodal (il a la terre), donc il n'est pas un intru dans les investissements. L'enrichissement est la finalité de l'échange, c'est du bon sens économique, mais ici il s'agit d'une économie féodale basée sur les rapports seigneur-serfs, et je ne vois pas la différenciation d'acteurs dans ce système.

Par contre effectivement, les "bourgeois", citadins, qui investissent dans la campagne c'est autre chose. Les citadins peuvent même obtenir la terre et se substituent au seigneur. Exemple, toujours en Italie avec le système de la mezzadria, et mezzadria poderale. Si j'ai bien compris c'est un peu comme les latifundia. Les récupérations se font grâce au bannissement des ennemis guelfes-gibelins et confiscations, mais surtout à cause de l'endettement des paysans. A cause d'une histoire d'invasion du numéraire, en gros des dettes d'argent...
Du coup, on perdrait la dimension sociale, politique et psychologique des raports féodaux, pour ne se fonder que sur des rapports de production-bénéfices.

Enfin, c'est vraiment pour pinailler, toutes ces questions de commerce me dépassent un peu.... Ca voudrait dire qu'un système capitaliste exclue quelque chose qui se trouve dans le système féodal, soit une certaine collaboration seigneur-paysan basée sur des liens sociaux, politique etc. Mais alors que dire des entreprises paternalistes de la Révolution industrielle?
C'est bien ce que je dis, ça me dépasse :lol: !
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Messagede Foulques » 05 Juin 2006 20:04

armoisine a écrit:J'ai lu quelque part que l'usure interdite par l'église n'était pas uniquement les intérêts sur les transactions mais aussi ce genre de manoeuvre.

Je n'ai pas l'information pour répondre à ça. Je peux juste dire que l'usure, malgré la désapprobation de l'Eglise, était en fait assez répandu. Jacques Heers insiste là-dessus. J'en déduis qu'entre la règle et son application il y a une grosse marge, surtout quand il s'agit d'intérêts financiers… Par ailleurs on a vu le succès de l'interdiction de l'arbalète !

Pour finir sur le Bazacle. On aura compris mon peu de sympathie pour le capitalisme et le rôle historique de la bourgeoisie, mais il faut néanmoins saluer l'inventivité humaine de tels montages financiers. Ces gens créaient sans référence historique de nouveaux modèles de développement, et ça aussi vient à l'encontre des idées reçues sur les gens de l'époque. Initiateurs, découvreurs, entrepreneurs… Que de calomnies ont été écrites sur ces gens présentés comme arriérés !

armoisine a écrit:Selon moi, le seigneur est un agent du système économique agraire féodal (il a la terre), donc il n'est pas un intru dans les investissements.

Oui ! Mais en fait nous sommes d'accord, c'est ce que je disais. Seigneur ou paysan, l'un et l'autre font partie de la même communauté, quels que soient leurs niveaux respectifs de fortune.

armoisine a écrit:Par contre effectivement, les "bourgeois", citadins, qui investissent dans la campagne c'est autre chose.

Voilà ! Et plusieurs auteurs dont Régine Pernoud insistent là-dessus. Les nouveaux seigneurs bourgeois (ayant racheté des terres nobles) vont profondément modifier les rapports sociaux en cherchant surtout la rentabilité.
Aussi, avec la progression du droit romain, ils lutteront pour faire cesser les droits d'usage communautaire afin d'avoir l'exlusivité de leur propriété. Les clôtures vont se multiplier, empêchant le droit de vaine pâture ! Mais j'ai déjà évoqué la question dans la propriété immobilière au moyen-âge.

Cette situation s'aggravera avec les siècles suivants, dits "d'ancien régime" : ces bourgeois tâcheront de remettre en vigueur d'anciens droits du seigneur tombés en désuétude et de les additionner alors qu'ils s'étaient succédés historiquement. Et cela, bien sûr, sans plus aucune réciprocité d'aucune sorte. Ils s'aideront pour cela du concours de spécialistes appelés feudistes (Dont Babeuf a été !). Comme c'était au paysan d'apporter la preuve qu'il n'avait plus à payer ces droits, il se faisait toujours avoir car ça remontait à plusieurs générations et c'était oral le plus souvent.
La grande peur de 1789 qui aboutit au château pour brûler les archives s'explique comme ça.

Cette pratique mercantile (au sens moderne) qui se greffe sur d'anciens usages en détournant leur sens original, ce droit romain qui vient trahir l'usage communautaire, la coutume, sera indûment considéré comme "droits féodaux" au XVIIIe s. Cela va tarauder la société d'ancien régime, la transformer en taupière jusqu'à la victoire finale de l'argent, de la bourgeoisie, à la Révolution Française.
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Messagede Foulques » 05 Juin 2006 20:19

Un mot pour adoucir ce que j'ai dis sur Paris. Il faut aussi voir que cette mégalopole a connu une paix remarquable pendant des siècles.
Entre le siège des Normands de 885-887 et les troubles au XIVe s. sous Etienne Marcel… Il ne se passe rien d'important ! Plus de quatre siècles où la communauté vit paisiblement, sans émeutes (et même pas en banlieue ! ahaha ). Avec tous les problèmes d'approvisionnement, de vie en communauté et de travail que les échevins ont dû affronter, cela ressemble tout de même bien à un exploit.

Régine Pernoud (ma copine) fait remarquer qu'il serait bon de comparer avec les évènements qu'à connu Paris depuis 1789, sans oublier le choléra du XIXe et la grippe espagnole du XXe !
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Messagede armoisine » 06 Juin 2006 06:01

Foulques a écrit:Entre le siège des Normands de 885-887 et les troubles au XIVe s. sous Etienne Marcel… Il ne se passe rien d'important ! Plus de quatre siècles où la communauté vit paisiblement, sans émeutes (et même pas en banlieue ! ahaha )


PS 13h: j'édite mon message, je devais avoir les yeux collés ce matin, et j'ai mal lu ton message. Je pensais qu'il était inscrit que le calme était de mise jusqu'au XIXè... C'est pourquoi j'avais écrit ceci:

Personne ne parle de l'émeute de Paris sous Henri III?

Je fais appel à quelques vagues souvenirs de ma période préférée, ça demandera précisions... Et oui, j'ai du reformater mon disque dur cérébral pour le Capes et je déplore la perte de nombreux fichiers... Ca craint, mais bon voilà:
Déjà la saint Barthélémy était une fête de quartier pas tout à fait paisible. Mais la tension continue, activée par la ligue du duc de Guise. A tel point que Paris se fait menaçant pour le roi qui doit s'enfuir en catimini. Il s'établit à Bourges je crois puis à Blois, raison de la tenue des Etats Généraux et de l'assassinat du duc de Guise dans cette ville.
Pendant ce temps, Paris s'organise. A vérifier, mais apparemment le mot "barricade" daterait de cette période, quand le peuple place des barriques dans les rues pour se protéger d'une éventuelle attaque de l'armée royale. Et la ville est gérée par le comité des 16. 16 quartiers avec les associations de métiers à laur tête.
Le mouvement manque de devenir franchement incontrôlable, quand le duc de Mayenne, cousin du Guise, reprend le dessus.

Tout ça demande à être vérifier pour plus de détails... C'est bien là toute l'horreur du concours. Faire rentrer un tas de connaissances au marteau piqueur tandis que le savoir qu'on affectionne s'étiole et se perd dans les limbes de la mémoire...
J'ai un livre sur cette période et depuis deux ans aucun loisir de l'ouvrir.
Bon, j'arrête là la complainte de l'étudiant :roll: !

[mode edit]Faut croire que je suis vraiment en mauvais état... :lol: ![mode edit]
Dernière édition par armoisine le 06 Juin 2006 10:59, édité 3 fois.
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