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On ne badine pas avec les félons

Le Moyen Âge est la période de l'Histoire située entre l'Antiquité et la Renaissance. Traditionnellement, on le fait commencer en 476 et le terminer en 1492.

Messagede armoisine » 23 Jan 2006 19:02

Il s'agit toujours d'un extrait du bouquin de Pierre Ripert (après recherche, il est dit "journaliste historien éditeur") à propos des anecdotes de l'histoire de France. A corriger donc si besoin.

Quand il s’agissait de flétrir un coupable, on lui faisait subir un supplice infamant. L’un deux consiste à être traîné sur une charrette. Au Moyen Age, la charrette est considérée comme une voiture ignominieuse. Elle sert de pilori pour le supplice des larrons et autres malfaiteurs. Lancelot du Lac surnommé le chevalier à la charrette, est, après avoir été dégradé, traîné dans une charrette attelée à un cheval dont on a coupé la queue et les oreilles ; revêtu d’une chemise sale et déchiré, il a les mains liées derrière le dos, et son écu est renversé. La populace lui jette de la boue. L’usage de transporter les condamnés à mort sur une charrette, de la prison au lieu de supplice, perdurera jusqu’à la Révolution.
Le chevalier qui a forfait à l’honneur est dégradé selon un rituel mentionné dans les établissements de Saint Louis. Exposé en chemise sur un échafaud, il voit ses armes brisées pièce à pièce et les débris tomber à ses pieds. On détache ses éperons pour les jeter sur un tas de fumier. On attache son bouclier à la queue d’un cheval de labour, qui le traîne dans la poussière, et l’on coupe la queue de son destrier. Le héraut d’armes demande par trois fois : »Qui est là ? » Par trois fois on répond en nommant le chevalier dégradé, et par trois fois le héraut réplique : « Non ! Cela n’est pas, il n’y a point ici de chevalier ; je ne vois qu’un lâche qui a menti à sa foi. » Alors on lui verse de l’eau chaude sur la tête, on le tire en bas avec une corde. Emporté sur une civière et déposé dans l’église, le coupable entend réciter les prières des trépassés, car, ayant perdu l’honneur, il n’est plus qu’un cadavre. Puis il est livré au bourreau et mis à mort.
La dernière cérémonie connue de ce genre a lieu en 1523, au sujet d’un chevalier gascon qui a rendu Fontarabie aux espagnols.


Peut être s’agit-il de Charles de Bourbon, traître à son roi, François Ier.
En tout cas, le traitement est exemplaire et je me demande s'il y a trace d'une telle application au Moyen Age....
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Messagede Hermione » 23 Jan 2006 21:41

:shock: cette pratique ne s'est arrêté qu'à la révolution ?
le supplice était terrible !!! pour le cheval aussi d'ailleurs :?
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Messagede armoisine » 23 Jan 2006 21:45

L'humiliation est très symbolique. Sur les objets, les animaux, les personnes mêmes, la "diminution", "destruction" marque l'infamie.

Quant au fait que la pratique (transport en charrette) ait pris fin avec la Révolution, je n'en suis pas sûre.... Je me demande si au XIXè, cela n'avait pas encore cours.
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Messagede Hermione » 23 Jan 2006 21:51

aie je n'ai pas du comprendre alors, l'humiliation symbolique etc mais la mise à mort existait bien ? à la fin du supplice :?:
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Messagede Hermione » 23 Jan 2006 22:04

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Re: On ne badine pas avec les félons

Messagede armoisine » 23 Jan 2006 22:08

armoisine a écrit: L’usage de transporter les condamnés à mort sur une charrette, de la prison au lieu de supplice, perdurera jusqu’à la Révolution.
.


Voilà, c'est la charrette qui se poursuit jusqu'à la guillotine.
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Messagede armoisine » 23 Jan 2006 22:11

Ton lien est très bon pour poursuivre en ce sens!
Je ne connaissais pas du tout la force de cette pratique...
Et je voudrais savoir si certains ont des noms, des exemples concrets etc.
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Messagede Hermione » 23 Jan 2006 22:12

merciii , mais du coup j'ai cherché et j'ai trouvé un complément à ton post de départ, je te mets le lien :


http://www.ac-reunion.fr/pedagogie/lyve ... o/Litt.htm

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Messagede armoisine » 23 Jan 2006 22:13

Excellent, il faudrait le mettre dans la section littérature, à propos du roman courtois!
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Messagede Hermione » 23 Jan 2006 22:20

le problème c'est que je n'arrive pas à trouver de cas précis relatant la dégradation d'un chevalier, mais là encore, çà rejoint ton post...... :D




Dégradation d’un chevalier déméritant

Après en avoir reçu l’ordre de leur seigneur ou du roi, les hérauts procèdent publiquement à la dégradation d’un chevalier coupable de félonie. Deux échafauds sont dressés : sur l’un, siègent les juges et les officiers d’armes ; sur l’autre, le chevalier condamné, vêtu de pied en cap, avec son écu planté sur un pal. Vassaux, tenanciers, serfs et vilains assistent à ce rituel d’infâmie. Tous se taisent.

La sentence des juges tombe, après consultation des hérauts, et l’un d’eux lit, à haute et intelligible voix, le dispositif de la sentence.

Le clergé chante à haute voix les Vigiles des défunts. Après chaque psaume, une pause a lieu durant laquelle les officiers d’armes dépouillent peu à peu le chevalier félon, et crient : «Ceci est le heaume, … le collier, … l’épée, … le haubert !» La cotte d’armes est rompue en lambeaux. Avec un martel, l’écu est brisé en trois morceaux.

Et les prêtres continuent d’ânonner sur la tête de l’ancien chevalier différentes prières, dont le psaume 108 de David : Deus, laudem meam ne tacueris , qui contient moult imprécations : «Que le nombre de ses jours soit abrégé ; qu’un autre reçoive la dignité dont il était revêtu ; […]», etc. Le héraut demande par trois fois le nom du chevalier dégradé ; un poursuivant se tient derrière lui, et pour lui, donne son nom, son surnom, et nomme sa seigneurie. Le héraut affirme que celui qu’on vient de nommer est félon et foi mentie, et se fait confirmer l’opinion des juges. Le plus ancien répond à haute voix pour les chevaliers et écuyers ici présents que le ci-devant est indigne des titre et qualité de chevalier et qu’il est dégradé et condamné à mort. Le poursuivant présente au héraut un bassin d’eau chaude que celui-ci renverse sur la tête du poursuivi. Les officiers d’armes descendent de l’échafaud avec les juges. Le condamné est descendu par une corde passée sous ses aisselles, couché sur un bayart et couvert d’un drap mortuaire. Tous se portent à l’église où les juges, endeuillés, assistent à l’office des trépassés. Après la cérémonie religieuse, le chevalier indigne est livré au juge royal ou au prévôt, puis au bourreau, et généralement pendu, à moins que la sentence n’en ait décidé autrement. Le héraut déclare alors ses enfants et tous descendants ignobles et réduits à l’état de roture, inaptes à porter les armes à l’ost comme au tournoi, «sous peine d’être dépouillés nus et battus de verges, comme vilains, nés d’un père infâme».

Mais tous les chevaliers en délicatesse avec les codes oraux de la Chevalerie n’étaient pas punis aussi sévèrement. Les peines étaient graduées selon la faute ou l’opinion des juges et des officiers d’armes. Il arrivait que le héraut fît présenter au pilori l’écu renversé du délinquant avec un écriteau portant brève mention de la condamnation. Le héraut y retranchait quelque pièce, y ajoutait ou y substituait une marque d’infamie, le tanné par exemple, pouvait remplacer un des émaux. Selon les cas, le héraut rompait l’écu en plusieurs morceaux.

D’autres peines, certes aussi infâmantes, mais moins lourdes à supporter, pouvaient entacher l’écu d’armes. Ainsi,

le chevalier qui avait manqué de parole voyait son écu enlaidi d’une tablette de gueules en abîme ;
le chevalier couard voyait son écu décoré à sénestre d’un gousset échancré et arrondi en dedans ;
le chevalier rodomont voyait son écu taillé d’or à la pointe dextre du chef ;
le chevalier convaincu de faux témoignage, d’adultère et d’ivrognerie invétérée voyait son écu barbouillé de deux goussets de sable sur les deux flancs ;
le chevalier qui, lâchement et volontairement, avait occis un prisonnier de guerre désarmé, voyait la pointe de son écu accourcie et arrondie ;
le chevalier téméraire ou imprudent, qui avait occasionné quelque désagrément pour son parti, voyait la pointe de son écu échancrée ;
le chevalier, convaincu de flagornerie, mensonge ou rapport erroné, voyait la pointe de son écu habillée de gueules de telle sorte que les meubles ou figures disparaissaient sous le nouvel émail.
Il arrivait également que le chevalier vit, pour une peccadille, son écu amoindri de quelque pièce, ou que celle-ci fût diminuée.
Les officiers d’armes procédaient à ces modifications et en tenaient registres figurés



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