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Parler médiéval

Les sources médiévales, difficilement lisibles, sont une aubaine pour les historiens. Elles permettent de donner des indications précises sur la société de l'époque.

Messagede Françoy » 23 Aoû 2006 12:12

armoisine a écrit:Bienvenue...

Peux tu nous éclairer? Et peut être nous renseigner sur la géographie des "parlers" au Moyen Age?


On pourrait rédiger une encyclopédie en vingt volumes consistants pour parler de ce sujet. Qui me passionne il est vrai.

Si on limite bien le Moyen Age à la fin du quinzième siècle, le français (la langue de l'île de France) n'était parlé que par une minorité de sujets du roy de france. Et d'Angleterre, puisque vous le savez aussi, le Français fut la langue officielle à la cour des rois d'Angleterre pendant tout le bas moyen-âge.

Le reste des sujets du roi parlaient ce que l'on a appelé des patois, une mutitude de langues et de variantes issues des peuples d'origine celtique (ou non).
Leur point commun est d'être d'origine romane à l'exception du breton (et Gallo), du Basque et de l'Alsacien notamment.

Nombreux sont les patois et les langues qui ont survécu à tout, qui peuvent donner une idée des parlers locaux du Moyen Age.

Notre vision unitaire, identitaire et centralisée n'existait pas du tout à l'époque et il ne serait venu à l'idée de personne d'imposer une langue plutôt qu'une autre.
Les élites avaient leur langue : le latin. Le français étant anecdotique et vraiment réservé à la haute noblesse de cour.
Il faudra attendre le XVIe et François 1er pour vraiment voir le début d'une déclinaison du Français dans les couches moyennes de certaines populations du royaume de France, la partie sud de langue d'Oil résistant fortement au mouvement pendant des siècles. Mme de Sévigné se plaindra après un voyage à Marseilles de n'avoir pu échanger avec aucune dame de la maison de ses hôtes, celles-ci ne s'exprimant qu'en provençal (fin XVIIe).

On estime qu'à la fin du Moyen âge, moins de 10% de la population du royaume comprenait le français.

Voilà pour le moment.
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Messagede Aliénor » 23 Aoû 2006 13:47

Bienvenu à toi, francoy!

Quel sujet passionnant!

Pour la petite info, les patois, qui perdurèrent longtemps, virent leur fin arriver avec la première guerre mondiale. En effet durant celle-ci, les soldats reunis dans une même horreur venaient de la france entière. Ors, il arrivait fréquemment que deux habitants vivant dans deux villages différents, pourtant voisins ne se conprennent pas ( ce qui donnait lieu dans les foires à de grands moments! :lol: ). Ainsi donc un problème de communication se posait.Ce fut le français qui se présenta comme la langue commune et fédératrice, permettant à tous de se comprendre.

Cependant, il faudra encore plusieurs décennies avant de voir le français prendre définitivement sa place. Provoquant ainsi le drame dont nous sommes témoins, c'est à dire l'extinction de la majorité de ces patois si précieux soient-ils.


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Messagede armoisine » 23 Aoû 2006 16:19

Merci pour cette contribution!
Quelques posts peuvent être réactualisés par le biais de celui ci:

Pour l'Angleterre, voir le travail de Foulques, "Quand les anglais parlaient français"
http://www.an1000.org/forum/507_0-quand-les-anglais-parlaient-francais.html

Pour les devises, "Haro, sus, sus!",
http://www.an1000.org/forum/334_0-haro-sus-sus.html

"Jurons au Moyen Age!",
http://www.an1000.org/forum/288_0-jurons-au-moyen-age.html

"Mots voyageurs",
http://www.an1000.org/forum/240_0-mots-voyageurs.html

"Recherche sur un mot",
http://www.an1000.org/forum/90_0-recherche-sur-un-mot.html

Et pour Aliénor, la première guerre mondiale a effectivement contribué au brassage et fait comprendre la nécessité de pouvoir se comprendre tous et de forger un sentiment national. Le suffrage universel masculin joue aussi ce rôle unificateur, tout comme le désir de se "politiser", lire les journaux nationaux etc. S'y conjugue la démocratisation de l'enseignement et l'effort d'alphabétisation à la même période.
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Messagede An1000.org » 23 Aoû 2006 16:46

[hors sujet]
Merci armoisine, ça va me permettre de les placer dans la même section...
J'avais fait du ménage, mais j'ai semble t-il pas tout vu. ;-)
[/hors sujet]
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Messagede Françoy » 24 Aoû 2006 09:47

Aliénor a écrit:Bienvenu à toi, francoy!

Quel sujet passionnant!

Pour la petite info, les patois, qui perdurèrent longtemps, virent leur fin arriver avec la première guerre mondiale. En effet durant celle-ci, les soldats reunis dans une même horreur venaient de la france entière. Ors, il arrivait fréquemment que deux habitants vivant dans deux villages différents, pourtant voisins ne se conprennent pas ( ce qui donnait lieu dans les foires à de grands moments! :lol: ). Ainsi donc un problème de communication se posait.Ce fut le français qui se présenta comme la langue commune et fédératrice, permettant à tous de se comprendre.

Cependant, il faudra encore plusieurs décennies avant de voir le français prendre définitivement sa place. Provoquant ainsi le drame dont nous sommes témoins, c'est à dire l'extinction de la majorité de ces patois si précieux soient-ils.


voili voilu...:)


Mon intervention va être un petit peu hors sujet (Moyen Age) donc ne m'en veuillez pas.

A propos de la prédominance du français en France, de nombreuses tentatives d'uniformisation se sont soldées par des échecs cuisants sous les Monarchies.

Le vrai départ d'une centralisation linguistique a lieu sous la Révolution française, à partir de 1790, où la Constituante jette un discrédit complet sur les patois et langues locales, notamment via un discours célèbre de l'Abbé Grégoire.
Les bases d'une langue centrale sont posées.

Il faudra vraiment attendre la IIIe République et le principe d'instruction publique, pour voir le français se répendre dans la nation.
Donc le départ peut être positionné dans le dernier quart du XIX e s.
La première guerre mondiale passe pour avoir été un creuset national, il faut bien y trouver un avantage.
Mais en réalité, les recrutements y restent régionaux (on ne mélange pas des Marseillais avec des Lillois) et grosso modo, le français n'est pas la langue la plus parlée dans les tranchées et les officiers on toujours recours aux sous-officiers pour traduire les ordres, comme sous l'ancien régime.

C'est l'avènement des media de masse qui est régulièrement cité comme l'élément linguistique fédérateur, la presse d'abord, puis la radio dans les années 20 et enfin bien sûr, la télévision.

On estime encore qu'aujourd'hui, entre cinq et dix pour cent de la population française ne comprend pas correctement le français (hors immigration récente).

Désolé pour cette digression.
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Messagede Aliénor » 25 Aoû 2006 17:14

;) Merci!

On peut dire que comme Paris, notre langue nationale ne s'est pas faite (et de surcroît installée) en un jour!
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Messagede armoisine » 25 Aoû 2006 18:07

On peut limite dire qu'on parle aujourd'hui du parisien, du francilien, en quelque sorte?...
L'homme n'est pas entièrement coupable: il n'a pas commencé l'histoire; ni tout à fait innocent, puisqu'il la continue. Camus
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Messagede An1000.org » 25 Aoû 2006 21:52

De l'Ile de Françoy ?

Le jeu de mot était facile...
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Messagede Françoy » 26 Aoû 2006 10:38

armoisine a écrit:On peut limite dire qu'on parle aujourd'hui du parisien, du francilien, en quelque sorte?...


Du Parisii même.
Bien que la génêse soit linguistiquement un peu plus complexe car l'origine du Français initial est assez multiple.
C'est une langue d'Oil croisée de patois parisii mais aussi et surtout tourangeau et angevin.
Avec un contour de ce parler très limité jusqu'au milieu du XVe siècle.

D'ailleurs, quelle langue parlait Jeanne d'Arc ?
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Messagede Foulques » 27 Aoû 2006 15:39

Je dirais son patois et le français ?

Déposition du frère Séguin, frère prêcheur, examinateur de Jeanne à Poitiers :
"Moi qui parle, je demandai à Jeanne quel idiome parlait sa voix.
— « Un meilleur que le vôtre », me répondit-elle. Et, en effet, j’ai le parler limousin."

:D Sacré Jeanne !
Pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du Mal. [R. Sheckley]
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