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Particularismes régionaux / + gastronomie ?

Le Moyen Âge est la période de l'Histoire située entre l'Antiquité et la Renaissance. Traditionnellement, on le fait commencer en 476 et le terminer en 1492.

Messagede Thom.S » 15 Juin 2006 13:10

Bonjour à vous.


Je reviens à mes questions concernant les particularités régionales.


A savoir, en existait-il déjà de profondes dans les années 1000-1100, c'est à dire un peu avant que l'Etat français ne soit vraiment consolidé (je pense notamment à l'époque de Philippe Auguste).

En réponse à un précédent message, Dame Gersende disait que "les particularismes régionaux serait en quelque sorte la réponse à la création de l'état moderne".

Donc y avait-il vraiment une identité régionale avant l'apparition d'un état fort en France ? Ou bien on était serf, moine, chevalier ou clerc avant d'être breton, bourguignon ou normand ?



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Par ailleurs y avait-il des particularités gastronomiques en l'an mil ?

Au sujet de la Normandie : "la production cidricole et l’élevage bovin sont encore loin d’être des spécialités régionales"


(Si vous avez des liens, ce sera avec plaisir...)


Bonne journée
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Messagede Jehan » 15 Juin 2006 19:15

Pour cette période là, je ne sais pas trop, mais c'est évident pour la fin du Moyen Age. Un signe aussi : la création des noms. Dès qu'une famille ou une personne est "estrange", on lui donne souvent le nom de sa province d'origine : de là les Bourguignon, Bourgoignon, Debrie, Dauvergne, Flamand, Lebreton, Delyon ou Dulyon, Lenormand... etc...

Ce n'est guère en effet que vers le milieu et la fin du MA que naissent la plupart des noms de famille. Du moins dans les classes populaires. Avant, dans la plupart des cas, on n'utilise guère que le prénom donné lors du baptême. Quant à l'usage du surnom ou du sobriquet, il semble attesté assez tôt, et il va aussi conduire à la création de noms de famille.
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Messagede Foulques » 15 Juin 2006 19:44

Ah oui, tiens ! C'est vrai que les patronymes sont une bonne indication ! En plus j'avais fais un petit article là-dessus et je n'y avais pas pensé... Je vous le balancerai.
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Messagede Hermione » 15 Juin 2006 23:01

pour allier régionalisme et gastronomie, la crêpe bretonne est un bon exemple :D

au pays d'astérix, la résistance à l'envahisseur a su concervé de tous temps ses origines celtiques :

Une identité bien affirmée


Le territoire qui compose aujourd'hui la région de Bretagne était occupé dès l'ère du Paléolithique, il y a plusieurs centaines de milliers d'années. Mais c'est vers l'an 1000 avant Jésus-Christ que s'installent les premiers Celtes, avant qu'une peuplade venue de Grande-Bretagne donne à la péninsule le nom d'"Armor", qui signifie "Pays de la mer". Après l'occupation romaine, la Bretagne devient indépendante, pour la première fois, en 846. Puis vient le temps des invasions normandes et de la guerre de cent ans où la région est alors le théâtre et l'enjeu de nombreux affrontements entre les Anglais et les Français. Après un nouveau siècle d'autonomie, la Bretagne est définitivement rattachée au royaume de France en 1532. Mais l'esprit Breton demeure, notamment lors de la révolte des parlementaires rennais au XVIIIe siècle, ou durant la Révolution à travers l'opposition des Chouans aux armées de la République.




Le royaume des crêpes

L'origine des crêpes remonte au VIIIe siècle av. J-C. Il s'agissait alors de simples galettes composées d'un mélange de farine et d'eau. Au Moyen-âge, les Croisés découvrent le blé noir (également appelé "Sarrasin") qui servira de base pour des crêpes considérées à cette époque comme le plat des plus pauvres.



c'est un modeste exemple, le chant et la culture en est un autre :

Le chant grégorien: Phénomène musical et culturel incomparable, le chant grégorien demeure une des formes les plus accomplies de musique religieuse de tous les temps. Il jouira d'un triomphe absolu pendant tout le premier millénaire de notre ère. A partir du quatrième siècle, l'Église sort de la clandestinité. Différentes chrétientés se développent et avec elles, leurs rites locaux. Comme la liturgie s'adresse à une foule de plus en plus nombreuse, Rome veut exercer une surveillance sur le contenu de la liturgie et cherche à faire disparaître les particularismes régionaux . Le pape tente d'amener l'Espagne (chant mozarabique), Milan (chant ambrosien), les Celtes d'Irlande et les Gaulois (chant gallican) au rite romain, mais tous opposent leur résistance. Chaque pape va rédiger une "liturgie annuelle" en vue d'unifier et de codifier les chants associés au rite. Notons en ce sens les contributions importantes des papes Léon (440-461), Gélase (590-604) et surtout Grégoire Ier dont les réformes réussiront à faire converger la plupart des dissidents vers la seule école romaine. Deux siècles seront nécessaires à la propagation de cette réforme. C'est Charlemagne qui, au IXième siècle impose ce que l'on appelle désormais le "chant grégorien" à l'Occident chrétien en anéantissant tout simplement tout chant non-conforme à l'Église romaine. Seul Milan résistera et conservera son rite et son chant ambrosiens. Par la suite, à mesure que se réalise la fixation du répertoire, le plain-chant "officiel", qui demeure sourd aux influences populaires et qui s'adapte mal à l'évolution de la notation musicale, commence à décliner. On situe l'apogée du chant grégorien dans le courant du VIIIième siècle.



en bref et pour faire court après avoir dévoré des kilomètres de théories et controverses, il y a eu des invasions, avec une intégration de 'surface' sur le plan politique, mais les particularités des différents peuples n'ont jamais été complètement anhihilés par les pouvoirs en présence.. et c'est aussi ce qui fait sa richesse et sa diversité :wink:

une fois n'est pas contume, je termine par une citation plutôt contemporaine, un genre de clin d'oeil à l'intégration, hum sans rapport avec le reste, mais je ne fais pas de politique, entendons nous bien, juste un peu d'humanisme et de projection vers 'un autre monde' :

L’Europe est peut-être née au Haut Moyen Age, mais l’identité de ses peuples se construit au présent et c’est l’avenir plus que le passé qui doit servir de référence.
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Messagede Thom.S » 19 Juin 2006 11:25

Merci pour ces commentaires excellents... :-)

Ah oui beau sujet que celui de la création des noms !
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