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Pouvoir des femmes au Moyen Age

Le Moyen Âge est la période de l'Histoire située entre l'Antiquité et la Renaissance. Traditionnellement, on le fait commencer en 476 et le terminer en 1492.

Messagede armoisine » 14 Juin 2006 19:02

Je sors du fil sur Femme et Religion de la section Religion, pour mettre ce lien :

http://www.uni-ulm.de/LiLL/3.0/D/frauen/biografien/Jh14/geschichtefr.htm
Université de Ulm

Le Pouvoir des Femmes au Moyen-Age en France
Les influences
Les Reines et les Aristocrates
Les Abbesses
Les célibataires
Les conditions du travail féminin
1. Les Bourgeoises
2. Les paysannes
L'Amour courtois ou la « Fine Amor »

l'Histoire des Femmes en Occident, tome II. Le Moyen-Age (auteurs : Georges Duby, Michelle Perrot, Christiane Klapisch-Zuber, Jacques Dalarunn Claude Thomasset, Carla Casagrande, Silvana Vecchio, Diane Owen Hughes, Suzanne Fonay Wemple, Paulette L'Hermite-Leclercq, Claudia Optiz, Françoise Piponnier, Chiara Frugoni,, Danielle Régnier-Bohler).
de l'Histoire médiévale de l'Encyclopaedia Universalis,
Dictionnaire encyclopédique Quillet de 1935
Images et extraits de la collection Les Grandes Epoques de l'Homme, « L'Age de la Foi »
Internet :http://chez.com/ivn/femme/femme.htm
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Messagede armoisine » 14 Juin 2006 20:37

Comme c'est un sujet qui passionne, m'en vais mettre un nouveau lien:
http://www.clionautes.org/article.php3?id_article=66

Des femmes éplorées ? Les veuves dans la société aristocratique du haut Moyen Age
Presses universitaires du Septentrion, 2003, 414 p. Compte-rendu réalisé par Isabelle Debilly

Ce travail se situe dans la lignée de l’historiographie récente qui cherche à mettre en valeur la part des femmes dans l’histoire médiévale ; ce renouvellement des études sur le Moyen Age avait bien évidemment été mis en valeur par la première édition de l’Histoire des femmes en 1990 sous la direction de M. Perrot et G. Duby. Même dans ce Mâle Moyen Age, il est possible d’étudier la part féminine. Ici, c’est le cas des veuves, déjà souligné par A. Rosambert en 1920, et repris en 1991 par M. Parisse qui constitue le cœur de l’étude d’E.S-F.

Au terme de l’étude, E.S-F retient avant tout la fracture majeure que représente pour une femme la perte de son époux, qu’elle soit reine ou comtesse, cela modifie et son statut social, et sa situation patrimoniale (ce qui n’est pas le cas pour le veuf). Certaines veuves riches peuvent bénéficier d’une position plus indépendante. Contrairement aux hommes (qui se remarient d’une manière quasi systématique), les situations des veuves sont assez diverses. C’est le remariage qui est la norme pour les jeunes veuves, surtout si elles n’ont pas d’enfant, elles retrouvent le rôle essentiel de créatrice de liens sociaux ; néanmoins, le problème posé par l’échange des biens et les alliances entre familles à l’occasion des remariages entraîne un développement de la législation sur ce thème. La présence fréquente des veuves au sein des monastères ne montre pas seulement le besoin de protection ou la spiritualité plus grande, ces retraites monastiques sont également liées au cadre plus large des stratégies de la parenté pour créer ou renforcer les liens avec les établissements religieux voisins. Certaines enfin réussissent à rester dans le siècle sans se remarier.

Les veuves semblent également avoir une place particulière dans leur rapport au temps et dans les relations aux morts : elles ont en charge la memoria de leur époux, mais aussi celle des ancêtres. Détentrice de l’histoire familiale de deux lignées, elles en transmettent le souvenir à leurs enfants. Intermédiaires entre les générations, détentrices parfois de richesses importantes, certaines veuves peuvent exercer un pouvoir plus important que du temps du vivant de leur époux. Aussi, c’est bien une place spécifique qu’occupent ces veuves dans la société aristocratique.

Sur l’ensemble de la zone étudiée, de la Flandre au Poitou, l’évolution des sociétés change la situation des veuves. Sous la protection théorique du roi, la veuve carolingienne est souvent confrontée à la violence ; l’importance prise par les lignages à partir du Xe siècle limite la liberté de manœuvre des veuves, mais leur garantit une meilleure part de l’héritage du mari. Enfin, le lien des veuves avec les fondations monastiques se renforce.

Quelques critiques. Les lacunes de la documentation amènent quelquefois l’auteur à abuser de certaines références comme par exemple celle de la mère de Guibert de Nogent dont les rappels sont peut être trop nombreux pour une femme dont on ne connaît d’ailleurs même pas le prénom ! Même si la bibliographie présentée est sélective, il est étonnant de ne pas trouver le livre de P. L’Hermite-Leclerq, L’Eglise et les femmes dans l’Occident chrétien (Brépols, 1997). La présence marquée dans la documentation de certaines veuves est expliquée, un peu vite peut être, par « des personnalités exceptionnelles », l’explication est un peu courte. Enfin, et c’est la critique la plus sérieuse, le recours à l’anthropologie reste ponctuel et l’auteure semble avoir une attitude assez ambivalente à l’égard de l’apport éventuel de cette discipline aux études historiques. Si elle fait mention à plusieurs reprises (mais surtout dans la première partie de l’ouvrage) de comportements existant dans d’autres civilisations, cette approche comparatiste reste incomplète alors que le recours aux autres disciplines est affirmé au début du livre ; il aurait pu être intéressant par exemple de se référer aux théories de l’imprégnation pour expliquer l’interdit fait aux femmes de prêtres de se remarier. C’est pourtant bien dans la troisième partie du livre que les apports des sciences de l’anthropologie, de l’ethnologie, de la sociologie et même de la psychanalyse, donnent ses accents les plus intéressants à cet ouvrage. L’auteure met alors en relief la place particulière des veuves dans leur relation au sacré. Le regard croisé qu’E.S-F revendique au début de son ouvrage est effectivement à développer davantage.

Au final, un ouvrage intéressant qui représente une étape supplémentaire dans l’historiographie des femmes, il montre bien la pertinence de cette étude des veuves qui constituent dans le haut Moyen Age un genre spécifique, la société ne se comporte pas de la même manière à l’égard des veufs et des veuves ; ce regard différencié, mais complémentaire, enrichit notre connaissance de la période.

Si le Moyen Age n’est que peu présent dans nos programmes actuels, ce livre peut opportunément nous rappeler l’intérêt de l’utilisation du gender dans notre enseignement de l’histoire ; il nous appartient de rendre visibles les femmes dans l’histoire. Cette absence de visibilité des femmes dans l’histoire enseignée en France est aujourd’hui objet de préoccupations dans le monde éducatif. Puisse cet ouvrage contribuer à nous rappeler cette situation et à changer notre regard ! Il reste à féliciter une jeune maison d’éditions comme les presses universitaires du Septentrion de publier ce genre d’ouvrages, destinés à un public quelque peu confidentiel.


A noter que dans ma flemme face à tout forme de texte je n'ai lu qu'en diagonal ces écrits.... Mais ça me parait pas mal.
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Messagede Urgruk » 15 Juin 2006 19:11

Ce sujet me rappelle une personne qui me disait naïvement
"De toute façon les femmes au Moyen Age n'avaient aucun droit et aucun pouvoir". Finalement, la question des femmes et du pouvoir est assez représentative de certains clichés qui circulent sur notre chère période...
Pour ma part, je ne suis que sensibilisé à cette question, ayant pu m'intéresser de plus prêt au cas d'Isabeau de Bavière, et ses implications dans le pouvoir durant la folie de son mari Charles VI (bien aimé de son peuple mais visiblement moins de ses proches)
Dépenses fastueuses et détournements de fonds, voilà une femme qui a joué un sombre rôle à la cour dans une époque troublée ; même si elle n'a pas eu la poigne d'une Aliénor ou d'une Blanche de Castille... peut-être à cause d'un entourage masculin bien agressif et aux dents beaucoup plus longues qu'elle .. :roll: ... bref.

Le libre de C. Klapisch Zuber & G. Duby donne un bon tour d'horizon sur la question ; quoique peut-être partiel surla question du pouvoir (je ne sais plus).
Mais la production scientifique fait des grands pas sur la question ! Une de mes anciennes profs a finit une thèse sur l'éducation des princesses au Bas Moyen Age, on touche de prêt au sujet, culture et politique, des indissociables...
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Messagede Foulques » 16 Juin 2006 20:42

Une bonne indication de l'évolution des moeurs : le couronnement des reines.
La dernière reine couronnée fût Marie de Médicis en 1610. Ensuite, elles ne purent bénéficier de ce sacrement pour rester seulement l’épouse du roi.
Comparez Blanche de Castille (quoique veuve) avec les dernières reines qui n'ont plus qu'un rôle de figuration. C’est éloquent.

Pour Isabeau de Bavière, c'est peut-être aussi une question d'intelligence politique ? Il ne me semble pas que c'était une lumière, contrairement à Yolande d'Aragon qui a joué un vrai rôle politique, quoique discret.

On notera par ailleurs qu'en 1593 il est interdit aux femmes d’exercer une fonction dans l’Etat. Pourquoi l’interdire, si tardivement ?
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Messagede armoisine » 16 Juin 2006 21:04

Parce que la question ne s'était pas vraiment posée auparavant.
La sucession de Jean Ier le posthume avait était un enjeu entre oncles et ils avaient pu s'en sortir avec le recours à la loi salique (pseudo loi salique sur le partage des héritages).
Mais durant les guerres de religion la situation est très périlleuse. Vu qu'Henri III est sans enfant et que son dernier frère est mort, la couronne est sans sucession. En passant par les enfants, la couronne va à la reine d'Espagne, et là ça craint énormément vu que le pays fait déjà pression pour s'emparer du trône de france sous prétexte de rétablir le catholicisme. Seule solution? Depuis la mort de Condé, Henri de navarre. La cour le gardait sous le coude déjà depuis un moment mais en cette année, le péril est imminent.
C'est l'année du fameux "paris vaut bien une messe" qui fait accepter Henri IV comme roi.

C'est de ce contexte que découle deux lois fondamentales, l'une réaffimée (loi salique), l'autre entérinée, roi catholique.

Le couronnement comme reine entraînait un grand pouvoir; notamment en cas de vacance du pouvoir, cela signifie régence. Malheureusement, Catherine de Médicis a laissé un très, très mauvais souvenir. J'ai un texte quelque part qui décrit l'oeuvre "maléfique" de cette femme pour justifier d'écarter la solution féminine espagnole à la succession d'Henri III.
Marie de Médicis est la dernière couronnée, car Henri IV lui désignait ainsi la régence avant de partir en guerre. Il était en plein préparatifs lorsque Ravaillac a croisé sa route.

Connaissant les troubles terribles et misérables entre la régente et son fils Louis XIII, qui tout opprimé qu'il était a échappé au surnom de Louis le Bègue par force propagande, l'expérience de la régence d'une reine a été jugée trop néfaste pour être renouvellée je pense...
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Messagede armoisine » 16 Juin 2006 21:10

Autre détail, la reine étant choisie à l'étranger pour des stratégies d'alliance matrimoniale, on avait constaté que cela ouvrait la porte à un lobby étranger, dangereux pour l'Etat. Sans compter les intrigants style Concini etc.

En gros je me demande si catherine de Médicis, dont le bilan n'est pourtant pas si mauvais que ça, ne porte pas la quasi entière responsabilité de cette mesure....
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Messagede Jehan » 16 Juin 2006 21:17

En tout cas, d'après une courte étude concernant ma région natale, on constate que la plupart des veufs se remarient, ce qui n'est pas le cas des veuves ! La majorité des veuves conservent leur nouvel état.
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Messagede armoisine » 16 Juin 2006 21:19

C'était la situation la plus avantageuse au niveau du droit et même religieux.
La pyramide des états de la femme du plus vers le moins: nonne, vierge, veuve, femme mariée, célibataire.
Certains couvent donnaient la charge d'abbesse à des veuves car elles avaient connu le monde et pouvait mieux défendre la communauté.
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