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Quel temps faisait-il ?

Le Moyen Âge est la période de l'Histoire située entre l'Antiquité et la Renaissance. Traditionnellement, on le fait commencer en 476 et le terminer en 1492.

Messagede Foulques » 11 Juin 2006 21:16

On l'oublie toujours dans les facteurs historiques mais le climat a une influence déterminante dans l'histoire des hommes.
L'exemple le plus frappant est l'appellation de Groenland (pays vert) par les Vikings qui s'y sont installés à l'origine, là où nous ne voyons aujourd'hui qu'une nature glaciale et inhospitalière.
On pense maintenant que des conditions climatiques plus favorables qu'actuellement (icebergs descendant rarement au-delà du 70e parallèle, etc…)ont facilité navigation et découvertes à ces Vikings.

En europe occidentale, nous connaissons une différence d'un à deux degrés en moins par rapport au moyen âge central, ce qui peut expliquer bien des choses comme la culture de la vigne bien plus étendue à l'époque et y compris en Angleterre !

On parle d'un optimum entre 750 et 1215 et on peut se demander s'il ne faut pas y voir une corrélation avec l'essor démographique bien connu, ceci ayant entrainé une extension de la culture du blé parallèlement au ralentissement de celle des forêts .

On connaît aussi, mais cela nous est nettement plus familier, le petit âge glaciaire qui s'étend de 1550 à 1850 environ, avec un 17e s. glacial.

Dans l'étude de ces phénomènes, nous devons beaucoup à Emmanuel Leroy Ladurie qui a perfectionné l'étude du climat historique par les dates de maturité connues des fruits, céréales et celles des vendanges. En s'aidant aussi de l'étude des glaciers il a publié un livre en 1967 qui a apporté un regard nouveau sur notre histoire.

    Image


Texte de son introduction à l'académie des sciences :
http://www.canalacademie.com/index.php3?useFrame=1&nop=1150055179234&r=%2Farticle150.html

L'éminent académicien a fait ici une conférence dont le plan est assez lisible.
http://www.cellule-environnement.ens.fr ... Leroy.html

Une critique de son livre :
http://www.parutions.com/pages/1-4-91-5067.html

Ici, une autre tentative, à la suite des travaux de Leroy Ladurie, pour reconstituer l'histoire récente du climat en Bourgogne à partir de l'étude des vendanges :
http://www.dossiersdunet.com/article385.html
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Messagede armoisine » 12 Juin 2006 06:47

Le climat avait une incidence directe sur les sociétés par le biais des récoltes. D'où la corrélation avec la démographie.
Cet angle de vue a été critiqué lorsqu'il est pris comme source d'explication de la nature des peuples. Si le climat marque le rythme de la vie quotidienne, il ne conditionne pas les sociétés. C'est pourtant ce qu'on trouve chez Montesquieu et certains historiens contemporains (chaleur=nonchalance=incapacité à s'organiser efficacement).

Par contre, cette démarche complète effectivement des études qui négligent souvent cet aspect des choses. L'étude de la Révolution a par exemple servi de support, en constatant la simultanéité des accidents climatiques, mauvaises récoltes, crises politiques. Et ainsi de suite, 1830, 1848.

Les disettes disparaissent en France et en Allemagne vers la fin du siècle, alors qu'on en retrouve encore en Espagne et dans le Mezzogiorno italien. La "modernisation" de l'agriculture permet de faire face, tout comme la mondialisation qui permet de faire appel aux blés étrangers (oui mais là après ça craint car cela entraîne la chute des prix, éléments de la grande dépression 1880').

Et pour le XVIIès glacial, il me semble que dans les campagnes, l'incompréhension de la fatalité, la misère et la faim dans un contexte de reprise en main sévère de la foi par le concile de Trente (contre réforme), sert de catalyseur à la chasse aux sorcières....
De même, les sources décrivent l'été 1572 caniculaire, où les esprits s'echauffent dans la touffeur de Paris, jusqu'au massacre de la Saint Barthélemy.

Merci pour les articles, ils sont très intéressants!
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Messagede armoisine » 12 Juin 2006 09:15

La coïncidence veut que ce matin en révisant l'historiographie je tombe sur un précurseur de la théorie des climats.
Philippe de Commynes, 1447-1511. Ou tel climat-tel peuple-tel régime politique je crois.
http://www.unibuc.ro/eBooks/lls/MihaelaVoicu-2003/13.htm

En fait, penser le climat dans l'histoire en dehors de tout déterminisme comme Ladurie est assez récent.
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Messagede Urgruk » 16 Juin 2006 09:55

J'ai étudié une chronique armagnaque du XVe particulièrement attentive aux aléas climatique ayant eu lieu durant le règne de Charles VI (évidemment ce n'est pas le sujet même de ce texte :)) (écrite par Jouvenel des Ursins)
L'auteur donne une lecture providentialiste des événements (faisant intervenir nombre de prodiges climatiques et célestes dans son récit, plus que dans la majorité des témoignages de son époque), en rapport avec le contexte politique difficile : Dieu punit les français et leur gouvernement en faisant se déchaîner les éléments.
Bref, au delà de la simple analyse des prodiges, on est frappé de voir à quel point le témoignage donne surtout des éléments très tangibles sur le temps qu'il faisait fin XIVe-début XVe : sécheresses, inondations, hivers glacés, orages... tout y passe. J'ai même pu faire un croisement des données en comparant aux éléments donnés par sa source, le Religieux de Saint Denis.
On finit par faire la météo du Moyen Age :-D
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Messagede Jehan » 16 Juin 2006 14:59

Importance aussi du facteur climatique pour la pêche, notamment au hareng, entre la pêche en Baltique et en Mer du Nord, entre la XIV° et le XVI° siècle. Ce qui semble expliquer également le développement encore mal connu de la pêche à la morue vers Terre Neuve par les normands, les bretons et les anglais, avant la "découverte" de Colomb.

Outre la température (évidemment pas de moyen de mesure à l'époque !) les facteurs pluies / sécheresses entraînent des conséquences terribles sur les récoltes, surtout si elles se succèdent sur plusieurs années.
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Messagede Thom.S » 19 Juin 2006 11:35

D'après mes petites sources, il faisait en effet 1 degré de plus (environ), par contre, du fait de l'importance énorme des forêts, le climat était nettement plus humide, ce qui qq part compensait un peu...
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