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Rites sur le mariage / noces / Couple

Le Moyen Âge est la période de l'Histoire située entre l'Antiquité et la Renaissance. Traditionnellement, on le fait commencer en 476 et le terminer en 1492.

Messagede armoisine » 03 Avr 2007 09:51

La mariage s’institutionnalise au cours du Moyen Age. Mais quand je disais avant Luther, le relâchement clérical touche peut être également ce sacrement. Certains étaient peut être moins regardant quant au consentement des époux après avoir touché une petite obole…

Foulques a écrit:Jean Favier brosse un tableau (assez noir d'ailleurs) sur la situation maritale au XVe siècle.

Pour le mariage au XVès, la situation doit effectivement être plus difficile pour un jeune couple. Selon moi, l’urbanisation doit y être pour beaucoup. Survivre en ville change la donne.
Il faudrait voir aussi l’impact du boom démographique du XIIIè-XIVè sur le parcellaire en campagne.
En tout cas nombreux sont les départs à la ville où le travail est moins régulier, rythmé qu’en campagne, et où manque le réseau de solidarité du village.

N’empêche que le mariage reste le modèle absolu, et qu’il place d’office l’individu. Pas marié(e), parce que pauvre. Mais existe-t-il de riches célibataires ? Non veufs bien sûr ?
Le mariage n'est peut être pas une voie toute tracée mais c'est en tout cas une des valeurs qui situe l'individu.


Pour la question mariage de raison/d’amour, c’était un clin d’œil plus qu’une envie de développer. Difficile aujourd'hui d'aller fouiller dans le coeur de nos ancêtres... :lol:
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Messagede dame Garsende » 04 Avr 2007 09:29

La différence d'âge entre les époux ne me semble pas être une difficulté : il faut que le garçon est fait en quelque sorte ces preuves pour pouvoir subvenir aux besoins de sa compagne. De plus, les femmes mourraient beaucoup en couche (d'où la rareté des mariages qui durent 50 ans:) )et plus elles étaient jeunes (15-16ans) plus elles étaient vigoureuses et donc avaient plus de chance de survivre à l'accouchement. De plus, le but était évidemment de faire un certain nombre de gamins pour qu'il en reste quelques uns à l'âge adulte (il ne faut pas oublier que les parents, s'ils avaient la "chance" de vivre vieux n'étaient soutenu que par leurs enfants, il était donc nécessaire qu'il en reste un ou deux, de préférence des fils, pour les entretenir une fois qu'ils étaient trop vieux pour travailler). En outre, la vie rude faisait viellir prématurement les individus, et donc, bien que en théorie les femmes puissent enfanter jsqu'à la cinquantaine,dans la pratique elles ne devaient pas pouvoir supporter la fatigue d'une grossesse jusqu'à cet âge.
En ce qui concerne le consentement des époux, il devient indispensable quand le mariage devient un sacrement (donc indissoluble) administré par l'Eglise. On ne dira jamais assez, la protection que cela a apporté aux femmes, dont la répudiation devient beaucoup plus difficile ( sauf évidememnt pour les grands).
Pour finir, je suis tout à fait d'accord avec ce que dit Armoisine : la femme ne dispose pas de 36 modèles de vie : elle est soit épouse, soit religieuse. En dehors de cela, point de salut. Le mariage est donc une donnée sociologique de premier plan et bien peu y déroge. Quand je parle de mariage, j'exagère, il y avait énormément de concubinage (problème de la dot, etc.) Cela était toléré par la société même si l'Eglise a essayé d'y mettre un terme.
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Messagede armoisine » 12 Avr 2007 09:09

Je cherche dnas la même veine, des détails sur les traditions durant la cérémonie du mariage.

Des trucs comme les couronnes de fleurs d'oranger, mais aussi et surtout les jeux, les coutumes etc.
Si quelqu'un connait le sujet, ça m'intéresse :o !
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Messagede Foulques » 16 Avr 2007 20:59

J'ai trouvé des billes sur l'âge moyen au mariage dans "La famille occidentale au moyen âge" Edts Complexe, 1986, différents auteurs dont R Fossier avec préface de Duby.

Dans la Toscane des XIIe et XIIIe s, écart d'âge de 15 ans en moyenne. Le mariage est parfois très tardif pour les hommes (vers 40 ans). On relève toujours une différence de 15 ans au XIVe s (30 et 15 ans).

La grande peste permet aux garçons d'accéder plus vite à la majorité et être chef de famille avant 25 ans, l'écart d'âge se réduit à 6-7 ans.
La reprise démographique vers 1400 rétablit le mariage tardif des hommes (env. 30 a) et un écart moyen de 12 ans.

Cependant, ce modèle ne recouvre pas toute l'Italie :
A Vérone, les filles se marient plus tard, à 22 ans et l'écart est de 6 ans en moyenne. En Sicile, les filles sont mariées entre 12 et 14 ans ou 18 ans.
En France, à Reims, elles ont 15-16 ans, à Dijon 20-22 ans avec un écart de 3 à 6 ans seulement.
"Partout, l'élevation de l'âge au mariage des garçons est causé par la ponction qu'exercent les hommes d'âge mûr sur les adolescentes, tandis que la compétition entre les pères pour placer les filles entraîne l'abaissement de l'âge des jeunes épouses et l'augmentation du poids des dots, partout en hausse sensible au XVe siècle".

Dans "L'homme médiéval", Seuil 1989, sous la direction de Le Goff, chapitre de Christiane Klapisch-Zuber :
A Florence entre 1340 et 1530, on relève pour 136 épousées un âge moyen de 17,2 ans. Les hommes ont en moyenne 27 ans avec des variations en fonction des crises et de la mortalité. L'écart reste à peu près constant à 10 ans mais s'infléchit sensiblement au dernier tiers du XVe s.


Il apparaît qu'on manque vraiment de sources à ce sujet et que l'âge est très peu signalé dans les documents qui nous ont été transmis. Ce qui m'étonne c'est qu'il n'y ait pas de renseignements sur l'Angleterre alors que les sources y ont été mieux conservées qu'ailleurs…

De tout cela on peut tirer quelques conclusions. Déjà la grande disparité de coutume d'une région à l'autre mais un écart significatif plus ou moins important entre les âges des époux. Cela signifie que pour arriver à une certaine autonomie financière pour l'homme, et lui permettre de financer le ménage, il lui fallait attendre un certain nombre d'années, peut-être même le décès du père.
Il semble que plus l'héritage est conséquent, plus les filles sont mariées jeunes.
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Messagede hortusdeliciarum » 28 Mai 2007 14:36

Rapidement, j'ajoute à ces quelques propos que dans certains cas l'homme devait fournir un douaire pour pouvoir esperer une épouse et que celle-ci devait avoir donné en théorie son consentement car sans celui-ci le mariage n'était pas valable aux yeux de l'Eglise... Tout ça en théorie, car en pratique l'accord des époux était secondaire. Le mariage, chez les nobles comme chez les vilains procédait plus de l'alliance entre deux familles.
De plus, qui dit mariage, dit monogamie dans la religion chrétienne. Pourtant si nous nous réferrons à la consception du couple dans la culture noble des nortmands, avec Guillaume, la pratique n'en était pas si répandue.
Enfin, n'oublions pas que le mariage n'a été un sacrement que tardivement et que certes des conciles se sont penchés sur cette question dès le début de la chrétienté, mais que dans les faits, la simple études du tableau des Epoux Arnold Fini (orthographe approximative), chef d'oeuvre incontournable de la peinture flamande, montre qu'un mariage pouvait être célébré, en comité restreint, dans une demeure privé, en présence de deux témoins et du saint Esprit mais pas devant les autorités religieuses. Aussi, un mariage pour qui soit valable devait être consommé, ce qui engendra quelques ruptures célèbres et bon nombre de légendes. Pour cela je vous renvoie au mythe de Mélusine.
Dans la culture populaire, lors des charrivari, la foule pouvait aussi s'en prendre aux mésalliances (entre une jeune femme et un vieillard). Cette foule les injuriait, leur offrait des mais ideux (matière fécale)... comme le rappelle Dominique Lajoux.
Concernant l'amour au MA, je vous invite à lire J-P Poly, Le chemin des amours barbares ou S. Melchior-Bonnet et A. de Toucqueville, Histoire de l'adultère, de parcourir aussi, quelques écrits de Duby sur les femmes au MA (éd. Folio), ou encore Arnaud de la Croix, L'érotisme au MA et enfin le troisième colloque de l'Institut d'Etudes Médiévales de l'Université de Laval (Québec), dirigé par B. Roy, intitulé aussi L'érotisme au Moyen Age.
De plus, il y a un grand nombre d'article sur ce sujet dans les Cahiers de Civilisation Médiévale publié par l'université de Poitier.
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Messagede Janus » 28 Mai 2007 16:54

tableau des Epoux Arnold Fini (orthographe approximative)
... Arnolfini! :wink: :)
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