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Roman

Vous avez particulièrement apprécié un livre, vous recherchez un ouvrage bien précis...
La section littérature vous est ouverte.

Messagede Aaarrrgggh » 10 Nov 2006 08:31

Bonjour à tous,

passionné de Moyen-Age, je viens de m'inscrire sur ce site très enrichissant afin d'en découvrir un peu plus tous les jours :D

Je me permets de poster ma question directement.

Donc je travaille actuellement sur un roman qui se déroulerait au Moyen-Age et mon objectif est de le rendre le plus réaliste possible. J'ai donc bouquiné beaucoup sur la période où se déroule l'histoire. Aussi pour le contexte historique, je pense m'en sortir.

Par contre, je m'interroge concernant l'expression des personnages et le style du récit. En effet, j'ai lu plusieurs romans et histoires qui se déroulaient au moyen-age, des histoires qui ont été traduites ou remodelées à la sauce moderne, ce qui fait perdre de l'authenticité au récit. J'aurais aimé souhaiter faire parler les personnages comme ils parlaient à l'époque. Bien sûr, il y a le problème des dialectes, les langues régionales et tutti quanti. Mais sans rentrer là-dedans, car on ne s'en sortirait jamais, pour vous, est-ce risqué de présenter un roman avec des dialogues et un style vieillot avec expressions et mots obsolètes ? Personnellement, je trouve tout un charme à de nombreux mots et expressions oubliés. Malheureusement, il faut parfois parvenir à les comprendre...

Merci de votre réponse
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Messagede armoisine » 10 Nov 2006 08:48

Salut et bienvenue.

Je suis d'accord, quand la forme du récit rejoind le contenu, ça donne une autre dimension au roman. J'ai en exemple Robert Merle qui a écrit toute une saga courant sur l'Ancien Régime. Le fond historique est exact et les personnages parlent le français de l'époque.
C'est délicieux. Il y a un glossaire à la fin de chaque bouquin pour s'y retrouver;
picanier, parladure, morguer, meshui, ramentevoir, quinaud, dire sa ratelée etc.

L'essentiel reste qu'il faut une bonne histoire, sinon ça deviendrait vite un essai de linguistique.
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Messagede Aaarrrgggh » 10 Nov 2006 10:17

Merci de votre réponse. En effet, l'on m'avait parlé des sagas de Robert Merle et j'en avais acheté un tome pour me forger une idée, mais je n'ai pas encore eu le temps d'y jeter un oeil jusqu'à présent.

Ma principale crainte est que le roman soit considéré comme pédant ou, entre guillemets, comme vous le dites un pur essai de linguistique incompris par le plus grand nombre et qui obligerait chacun à avoir un oeil dans un glossaire pour comprendre certaines expressions - et nous savons combien la paresse pourrait en décourager beaucoup ! Car j'ai, je le reconnais, tendance à utiliser nombre d'expressions vieillies ou disparues.
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Re: Roman

Messagede An1000.org » 10 Nov 2006 14:53

Moyen Âge, mais quelle époque et quel endroit ?

Aaarrrgggh a écrit:pour vous, est-ce risqué de présenter un roman avec des dialogues et un style vieillot avec expressions et mots obsolètes ?

Je pense qu'il ne faut pas en abuser.
J'ai lu plusieurs romans, ou des phrases, de 5 ou 6 mots, en latins sont insérées, avec une traduction en fin d'ouvrage.
Par contre, ces phrases pouvait absolument être inexistantes pour la compréhension du dialogue, elles étaient juste là pour donner une ambiance ou citer une annecdote, un proverbe, un verset.

Juste par comparaison, il est difficile de lire un texte en ancien français pour un novice, les "s" s'écrivant "f".
Imaginez des dialogues complets en patois...
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Messagede Aaarrrgggh » 10 Nov 2006 16:41

Effectivement, j'ai oublié de vous mentionner l'époque. En fait, l'histoire se déroulerait à la fin du 15eme siècle. A cette époque, le français me semble quand même plus compréhensible pour nous que l'ancien français. Je ne compte pas utiliser de patois, sinon je ne pourrais jamais m'en sortir, d'autant que les événements peuvent se produire à divers endroits. J'ai lu qquelques ouvrages qui relataient des dialogues de l'époque (maintenant, il faudriat en vérifier l'authenticité!) et j'essaie de m'en inspirer pour faire dialoguer et donner vie à mes personnages. Ces dialogues sont issus de discussions entre gens de la noblesse, de la haute cour, les plus à mêmes de parler le français, par rapport à un paysan par exemple. Mais, je ne sais comment l'expliquer, comme un "choc psychologique", je ne me vois pas faire parler des contemporains du 15eme dans un langage moderne. Je n'arrive pas à donner vie à cette idée, même si, par exemple, Kaamelot peut le faire très bien.

Je ne pense pas que mes dialogues soient vraiment incompréhensibles, ainsi que le style, j'essaie quand même d'alléger et de simplifier les phrases pour compenser tout ça.
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Messagede An1000.org » 10 Nov 2006 17:08

Un extrait peut-être ?
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Messagede Foulques » 10 Nov 2006 21:11

Salut et bienvenue :wink:

Cela fait plaisir de lire des messages écrits en bon français, déjà, comme une bouffée d'oxygène. On pressent un bon style.

N'ayant pas lu Merle, la référence reste pour moi Pierre Naudin. L'articulation de ses dialogues dans l'intrigue, largement truffées d'expressions d'époque, est vraiment exemplaire : ça coule de source, s'insinue dans l'histoire sans l'alourdir et l'ornemente, lui donne une couleur.

Mais attention, le glossaire de fin d'ouvrage est à éviter (ou alors comme récap) si le lecteur n'a pas immédiatement sous les yeux la signification (en notes de bas de page), c'est impraticable pour lui.

Je pense que tu as raison pour les langues régionales, ça mènerait beaucoup trop loin. Mais pourtant c'est dommage car c'était très important au XVe siècle, notamment pour être accepté à la cour. On charrie beaucoup les nouveaux-venus sur leur patois.
Et justement, c'est le respect des mentalités d'époque qui est le meilleur critère de l'historicité et sans doute le plus difficile à faire. Voir des personnages qui réagissent et pensent comme ceux d'aujourd'hui, c'est ce qu'il y a de plus choquant, à mon avis.

Donc,
1) la qualité de l'intrigue
2) la consistance des personnages (avec ces deux premiers critères remplis on peut te pardonner beaucoup de choses sur le reste)
3) le respect du contexte historique
4) respect des mentalités d'époque, et seulement ensuite :
5) respect de certaines tournures de langage
6) respect de l'Histoire
(puisque, selon la belle formule de Dumas "on peut tromper l'histoire à condition de lui faire de beaux enfants")

La langage inspiré d'époque c'est une bonne chose mais c'est une question de dosage et de praticité.
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Messagede armoisine » 10 Nov 2006 21:21

Tout d'accord avec comme dit précédemment (ou comment la bonne vieille syntaxe foireuse peut mettre à bas l'idée d'un récit).

J'approuve donc ce qui a été dit, le style fait forcément mieux passer la pilule de la langue authentique. Par contre, pour le glossaire, ce n'est absolument pas une gymnastique. La plupart des termes, et c'est bien là également l'une des clés, sont compréhensibles via le contexte de la phrase. Le glossaire intervient au cas où mais la plupart du temps, c'est parfaitement compréhensible.

Bien sûr, il reste quelques exceptions quoique... N'étant pas édité chez Harlequin, on découvre pourtant chez Merle les multiples façons de mentionner l'attribut masculin....: vit, mentule, nephliseth, guilleri etc. Le glossaire éloigne les contre sens.
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Messagede Foulques » 10 Nov 2006 22:05

armoisine a écrit:La plupart des termes, et c'est bien là également l'une des clés, sont compréhensibles via le contexte de la phrase. Le glossaire intervient au cas où mais la plupart du temps, c'est parfaitement compréhensible.

Oui mais alors dans ce cas ça signifie une longue recherche/ sélection de termes pour voir lesquels peuvent être utilisés et dans quel contexte, un sacré taf.

Par exemple j'ouvre Naudin au hasard et je tombe sur "il faudra bien que la mort me surquérisse". Perso je n'aurai jamais deviné comme ça, enfin sans réflexion qui gêne la lecture fluide, que ça veut dire "m'attaque" mais la note est là en bas de page et tout va bien. Si je devais m'en tenir à un glossaire en fin de bouquin ça impliquerait que j'ai un doigt sur la page lue et un autre toujours à la fin du bouquin pour retrouver la signification... C'est impratiquable, on tient pas dix minutes comme ça. Au bout d'un moment on laisse tomber les mots qu'on ne comprends pas et puis basta, au détriment du texte.

Et on voit bien par ma réplique que je suis un mec bien éduqué parce que moi je n'ai parlé que de doigts alors que toi tu parlais de tout autre chose :D
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Messagede Aaarrrgggh » 11 Nov 2006 10:22

Bonjour et merci à tous de vos réponses

Pour l'extrait, je préfère encor attendre un peu. Effectivement la question du glossaire ou de notes en bas de page m'était venue à l'esprit. Il est vrai qu'user d'un glossaire s'avère risqué et pourrait ennuyer le lecteur. Personnellement, je préfère me référer aux notes de bas de page que consulter un glossaire pour découvrir le sens d'un terme. Maintenant, le problème des notes, c'est qu'elles peuvent se noyer dans le texte. Le tout serait de savoir doser et juger utile d'expliquer tel ou tel terme, telle ou telle expression, sans vouloir tout expliquer, mais sans non plus laisser le lecteur dans une totale incompréhension. Faut-il également préciser les événements historiques dans des notes ou laisser le lecteur le découvrir par lui-même ? Etant donné que je fais référence ou allusion à certains faits de l'Histoire, mon but n'est pas non plus de réexpliquer ce que les livres historiques ou les livres de cours font déjà, mais je ne voudrais pas avoir le souci de rendre mon texte incompréhensible à cause de ça.

Ensuite, bien sûr, le récit doit captiver le lecteur. Pour ne rien cacher, au départ, mon histoire était ce qu'il y avait de plus simpliste dans tout ce que l'homme ait pu imaginer. Mais en découvrant cette période, j'ai réussi à essayer de glisser une intrigue historique à l'intérieur, même si ce n'est pas toujours évident, en faisant jouer ou figurer des personnages réels (j'avoue que cela peut être à double tranchant). J'ai encore quelques doutes sur certaines actions.
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