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Solde d'un chevalier

Le Moyen Âge est la période de l'Histoire située entre l'Antiquité et la Renaissance. Traditionnellement, on le fait commencer en 476 et le terminer en 1492.

Messagede Messire Heinrich » 05 Sep 2005 04:50

Bien le bonjour à tous !
Je souhaiterai avoir une info :
Combien pouvait gagner un chevalier du XIIe ou XIIIe siècle?
Même question pour les hommes d'armes.
Merci à vous !
Messire Heinrich
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Messagede Foulques » 06 Sep 2005 21:19

Je ne pense pas être le plus qualifié pour te répondre mais comme personne ne l'a fait encore, je me lance…

"pouvait gagner" pour le prix de leurs services armés, j'imagine ?

Il me semble que ta question n'a pas de sens en ce qui concerne les chevaliers. Leur service armé était la contrepartie du fief qu'on avait confié à leur lignée. Ces terres donnant des revenus, à eux de se débrouiller pour financer leur expédition.
Donc, pas de salaire prévu ni possible puisque ce service de guerre (cadré dans le temps en plus) constitue la justification de leur rang social et des terres de leur famille.

La guerre est cependant extrêmement coûteuse et le meilleur moyen de rentrer dans ses fonds ou même de faire des bénéfices est la capture d'un noble adverse pour rançon. Je dis "meilleur" car il allie la belle manière chevaleresque au bénéfice financier.
Sinon, pour le reste, pour la logistique, on bénéficie des vivres et de la remonte (chevaux de remplacement) fournie par le suzerain puis on vit sur le pays ou on essaie de se faire payer par les villes adverses pour décamper si on ne peut pas les prendre facilement. Si la ville est prise le bénéfice est la part de pillage, le butin, mais je ne suis pas sûr que le pillage était autorisé de façon systématique.

Pour la solde des hommes d'armes, embauchés pour la circonstance d'une campagne ou de la défense ponctuelle d'une ville, là ta question est pertinente mais je n'ai malheureusement pas de chiffres.
Mais si tu en trouves un, attention. Un chiffre, mais par rapport à quoi ? Il faut mettre en regard de ce chiffre le coût de la vie réelle pour connaître le pouvoir d'achat qui en découle.
Or, le prix des denrées par exemple, est fonction de la qualité de la dernière récolte.
Si bien souvent dans l'histoire on arrive à connaître des sommes échangées, on a beaucoup plus de mal à en connaître la valeur réelle d'époque.

Ne pas oublier non plus que le denier a perdu les deux tiers de sa valeur en France entre 1100 et 1340. Les phénomènes économiques comme l'inflation ne sont pas seulement modernes …

D'une manière générale j'aurais tendance à penser que le niveau des soldes ne devait pas être bien élevé eu égard au risque encouru, mais je n'ai rien là pour le prouver.

Ce qu'on pourrait comparer par contre sans risque d'erreur, c'est l'écart de solde entre soldats d'une même armée. Ce serait intéressant de constater par exemple l'écart entre arbalétrier gênois et coutilier ordinaire.
Si tu trouves des chiffres, n'hésite pas à nous en faire part !
:)
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Messagede Foulques » 06 Sep 2005 22:51

J'ai pitié des lecteurs et je vais égayer ma réponse austère d'une anecdote, dont je crois que nous sommes tous friands... :)

Lors de la bataille navale de 1372 au large de La Rochelle, une escadre Gênoise alliée (commandée par Ambrogio Boccanegra, je constate qu'il n'y a AUCUNE page en français répondant à son nom dans Google, c'est une honte :) ) parvint enfin à coincer l'escadre Anglaise de Pembroke.

Bon, j'ai pas le temps de vous narrer l'histoire complète mais la connaissance maritime sans faille de ce Gênois aux ordres du roi de Castille, son sens stratégique et sa supériorité numérique (en plus) font qu'il va envoyer au fond des mers l'escadre ennemie d'une manière magistrale.

Or, il prend bien garde de conserver à flots le navire amiral ennemi, riche de promesses en rançons, lequel sera pris à l'abordage.

On en tire le comte de Pembroke, estimé aussitôt à 130.000 francs.

Du Guesclin, qui ne fût jamais riche que de gloire, y voit là une bonne affaire financière et il échange ce précieux otage -ce trésor sur pieds- contre le duché de Molina qu'Henri de Transtamare, roi de Castille, lui avait auparavant donné contre services rendus...

On voit là que Bertrang, sûrement meilleur homme d'armes que gestionnaire de domaine, préférait un bénéfice immédiat plutôt que l'ennui des soucis agricoles, le gros lot plutôt qu'une rente.

Or ce Pembroke, tout noble et lieutenant du roi d'Angleterre soit-il, est complètement raide :)
Il ne peut même pas rembourser la première échéance de dix mille francs.
Dans ces cas-là, on se tourne vers le suzerain de l'otage sans qui il n'aurait pas été là, mais penses-tu ! Edouard III fait la sourde oreille...

Comble de malchance pour Du Guesclin, son otage meurt en 1375, après qu'on ait pu imaginer l'avoir entretenu à la mesure de son rang... :twisted:

Catastrophe financière pour Bertrang, décidément plus doué pour la bataille que pour sa rentabilité et les calculs financiers...

Le roi Charles V "le sage", fort bien nommé, sera sage encore une fois en choyant ce capitaine au courage aussi légendaire que sa laideur : il lui donnera en compensation 50.000 francs ce qu'aucune règle ne lui imposait.
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