Données personnelles M'enregistrer Connexion aux pages perso et au forum ! icon

Tatouages!!!

Le Moyen Âge est la période de l'Histoire située entre l'Antiquité et la Renaissance. Traditionnellement, on le fait commencer en 476 et le terminer en 1492.

Messagede Thorvald » 04 Nov 2005 14:55

J'aimerais savoir si, au Moyen Age, les gens se tatouaient ???

Si oui, à quoi ca devait resembler ?
Meurent les biens,

Meurent les parents,

Mais jamais ne meure la réputation.
Avatar de l’utilisateur
Thorvald
Contributeur
Contributeur
 
Messages: 54
Inscription: 09 Sep 2005 20:41
Localisation: Derrière toi!

Messagede snorri » 04 Nov 2005 15:14

Le plus vieil homme tatoué est Ötzi (3500 ans).

Au Moyen-Age, seuls les payens se tatouaient. Les tatouages ainsi que tout autres modifications du corps étant interdit par l'Eglise.
Eitt sinn skal hverr deyja
Chacun doit mourir un jour
Image
Avatar de l’utilisateur
snorri
Modérateur
Modérateur
 
Messages: 801
Inscription: 25 Nov 2004 15:35

Messagede armoisine » 04 Nov 2005 16:25

A quoi ça devait ressembler?
En ce qui concerne Otzi, il s'agissait de points et de lignes. Vu qu'ils suivent les méridiens d'acupuncture, on a émis l'hypothèse de tatouages thérapeutiques et que du fait, cette sorte de soin est ancestrale.

En ce qui concerne les païens au MA, il y avait peut être une fonction protectrice avec des tatouages de signes et divinités, plus que d'embellissement du corps... No sé.
L'homme n'est pas entièrement coupable: il n'a pas commencé l'histoire; ni tout à fait innocent, puisqu'il la continue. Camus
Avatar de l’utilisateur
armoisine
Modérateur
Modérateur
 
Messages: 1325
Inscription: 02 Juin 2005 20:21
Localisation: Dans mes rêves

Messagede armoisine » 04 Nov 2005 16:35

A propos de l'histoire des tatouages:

La religion Chrétienne : Le christianisme n'a jamais eu de position très nette vis à vis du tatouage, un premier concile en 787 sous le pape ADRIEN 1er interdit les tatouages d'inspiration païenne. Ce concile a été par la suite annulé par celui de NICEE. Cette prise de position peu nette est explicable par l'existence irréfutable de tatouages religieux chez les premiers Chrétiens: signe du poisson, agneau ou ancre sur le bras. Les croisades furent une période faste pour les tatouages religieux. Il était en effet chose habituelle de partir avec une croix tatouée afin d'être en cas de malheur être enseveli en bon Chrétien sur le territoire Musulman. Au moyen âge, les pèlerinages à Jérusalem étaient l'occasion de tatouages religieux et ceci malgré l'avis défavorable de l'Eglise Catholique. Les Chrétiens orthodoxes. Arméniens, les Chrétiens Coptes Egyptiens ont volontiers une croix tatouée à la face interne du poignet droit. Chez les Chrétiens de la Bosnie-Herzégovine les jeunes filles furent tatouées à la puberté sur le thorax et les mains pour éviter leur conception ultérieure à l'Islam et ce jusqu'à la fin du XIX ème siècle.

DENIS BRUNA, Le ‘labour dans la chair'. Témoignages et représentations du tatouage au Moyen Age
Le tatouage existait-il au Moyen Age? Dans l'affirmative, quelle était sa fonction au quotidien, dans la vie comme dans l'image? La tâche pour répondre à ces questions est ardue tant la pratique est difficilement discernable dans les textes. Au XIIIe siècle, Guillaume de Rubrouck parle d'une «petite croix à l'encre» sur la main d'un Mongol. Marco Polo est plus prolixe. C'est lui qui qualifie ces ornements de ‘labour' dans la chair des habitants du haut Tonkin. Les représentations du tatouage sont très rares dans l'Occident médiéval. L'une d'elles illustre sans aucun réalisme le récit du Vénitien. À la différence de cette image, il existe une représentation d'un tatouage d'une étonnante vérité dans un panneau peint par Jorg Breu en 1501. L'homme marqué est un tortionnaire du Christ dans une scène du Couronnement d'épines et présente son bras couvert de motifs ottomans. Dans le retable, les allusions au monde ottoman sont nombreuses et désignent le Turc comme le nouvel ennemi de l'Occident.

cet extrait est issu d'un colloque dont le sujet est la peau, par ailleurs tout à fait interéssant: http://www.brown.edu/Research/Equinoxes/journal/Issue%204/eqx4_colloque.htm
L'homme n'est pas entièrement coupable: il n'a pas commencé l'histoire; ni tout à fait innocent, puisqu'il la continue. Camus
Avatar de l’utilisateur
armoisine
Modérateur
Modérateur
 
Messages: 1325
Inscription: 02 Juin 2005 20:21
Localisation: Dans mes rêves

Messagede armoisine » 04 Nov 2005 16:43

Bon ok j'en mets une tonne mais je trouve le sujet super intéressant!

Denis Bruna Piercing, sur les traces d'une infamie médiévale
Textuel (Septembre 2001)
Si, depuis plusieurs années, le "piercing" connaît un réel engouement, il provoque aussi étonnements et jugements négatifs. Ce malaise apparent ne serait-il pas d'ordre culturel ? Cette pratique, longtemps réservée en Occident aux marginaux, repose sur des traditions très anciennes. L'Occident médiéval apparaît comme une réponse pouvant nous conduire sur les traces de ce malaise. C'est en scrutant les visages percés des personnages du Portement de Croix de Jérôme Bosch que Denis Bruna a entrepris ce travail d'enquête inédit sur le terrain historique. Quelques images peintes des XVème et XVIème siècles laissent parfois percevoir sur le visage d'acteurs de diverses scènes religieuses et sur d'autres parties de leur corps, des anneaux, des pendeloques et des chaînes fixées à travers la chair. Longtemps passés sous silence par les historiens d'art, ces ornements sont réservés à des personnages singuliers de l'iconographie chrétienne : bourreaux, juges ayant ordonné le martyre d'un saint, spectateurs enthousiastes de la Passion du Christ ou Noirs. Autrement dit, des personnes qui, par leurs actes, leur croyance ou leur origine, étaient désignés comme les ennemis de la foi chrétienne. Si l'anneau fixé dans la chair marginalise ainsi c'est parce qu'il venait d'Orient, où il était notamment la parure des juifs et des Sarrasins. Surtout, il transgresse un tabou, celui de l'atteinte au corps que le Moyen Age chrétien a su sacraliser. Le corps est oeuvre de Dieu, intervenir sur lui est sacrilège. Ainsi, si des anneaux viennent s'attacher au corps des bourreaux de la Passion ou des Noirs, c'est pour montrer que ces individus ne partagent pas la même valeur du corps que les chrétiens. Ils transgressent l'ordre chrétien, comme l'ornement métallique transgresse le corps. Semblant surgir quelque six siècles plus tôt, le malaise contemporain à l'égard du "piercing" suit les flots lents des mentalités. Si aujourd'hui l'idée d'exclusion persiste, le code social est inversé. En effet, ces ornements corporels ne sont plus, comme au Moyen Age, imposés telle une marque d'infamie. Ils sont délibérément choisis par leur propriétaire : un marginal volontaire. Le signe d'imposition par la société a évolué vers un signe de revendication et de rébellion envers la société. La marque est devenue une démarque.


http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/vifdusujet/fiche.php?diffusion_id=5228
L'homme n'est pas entièrement coupable: il n'a pas commencé l'histoire; ni tout à fait innocent, puisqu'il la continue. Camus
Avatar de l’utilisateur
armoisine
Modérateur
Modérateur
 
Messages: 1325
Inscription: 02 Juin 2005 20:21
Localisation: Dans mes rêves

Messagede Visiteur » 14 Jan 2006 10:15

Bonjour à tous
bien qu'armoisine précise que l'église n'a pas de position précise. Je me permet de rappeler tout simplement un passage de la bible, Lévitique 19:28 qui dit clairement "tu ne te fera pas d'entailles, tu ne te dessinera pas sur le corps". (certains peuples voisins des Hébreux pratiquaient tatouages et scarifications rituels). Le point de vue biblique est donc sans équivoques.
Je suis moi-meme tatoué, piercé (et parfaitement athée) mais je fais de la reconstitution XVe siecle, je trouve naturel de cacher ses particularités lorsque je suis en prestations. N'oublions pas,de toute façon, que l'homme médiéval (du moins dans le monde catholique) a de nombreux tabous sur le corps. Meme monter ses avants-bras est indécent!
Pour les peuples païens, c'est un autre probleme, mais nous sommes fort peu renseignés et il fort peu probable qu'un tatouage "récent" ai un motif crédible historiquement (j'implique meme le "tribal" dans le raisonnement!
Amicalement
Visiteur
 

Messagede armoisine » 14 Jan 2006 11:54

Merci pour la précision biblique!
Toutefois, comme d'hab, l'église s'est accomodée de certains usages (tatouage de pélerins etc) qui de toutes façons ne rematteient pas en cause profondément le dogme.
Par contre pour le piercing, au vu de l'article cité plus haut, il vaut mieux l'enlever effectivement par crainte de contre sens historique!
L'homme n'est pas entièrement coupable: il n'a pas commencé l'histoire; ni tout à fait innocent, puisqu'il la continue. Camus
Avatar de l’utilisateur
armoisine
Modérateur
Modérateur
 
Messages: 1325
Inscription: 02 Juin 2005 20:21
Localisation: Dans mes rêves

Messagede Visiteur » 14 Jan 2006 12:27

Enlever, c'est beaucoup dire! Mes piercings (aux tétons) et tatouages (épaules) ne sont pas visibles lorsque je suis habillé. C'est pour ça que j'ai axé sur les tabous du corps. On voit trop souvent des torses ou des bras dénudés sur les campements. ce qui est une aberration, historiquement parlant!
Visiteur
 

tatouages

Messagede Ulfùr tre » 25 Fév 2006 19:21

Dans "voyage chez les Bulgares de la Volga" d'Ibn Fadlan , il est cité lors de sa rencontre avec les Varjazi , que nombre de ses derniers étaient tatoués, biensur a l'époque (923) ils étaient encore polythéiste (les Varègues ).Sinon on peux remonter un peu plus tot avec les Pictes...
Le problème est toujours qu'on ne sait pas exactement ce qu'ils portaient comme tatouages, donc faut bien être d'accord qu'une personne ayant un tribal sur un rassemblement fait...tache lol
Eiris sâzun idisi,
Sâzun hêra duoder.
Suma hapt heptidun,
Suma heri lezidun,
Suma clûbôdun
Umbi cuoniouuidi:
Insprinc haptbandun,
Inuar uîgandun.
Avatar de l’utilisateur
Ulfùr tre
Petit contributeur
Petit contributeur
 
Messages: 11
Inscription: 24 Aoû 2005 20:28
Localisation: Bourgogne

Messagede Ytyuï » 25 Fév 2006 21:56

Pour les taboos du corps, oui, mais plutôt vers la fin du Moyen âge.
Exhiber une partie du corps, genre bras, décolté, avant jambes etc... n'était pas un problème, sauf pour les hommes de foi oupour la majorité de la population vers la fin du MA, surtout XVème S donc vu que tu fais de la reconstit XVème S, ce n'est aps gênant, mais il n'est pas abérant de voir ququ'un avec les avant bras et le cou bien dégarni en plein été sur un camp XIIème par exemple.
Pourquoi devoir gagner sa vie alors que les dieux nous la donnent à la naissance?

Proverbe Myraï.
Avatar de l’utilisateur
Ytyuï
Bon contributeur
Bon contributeur
 
Messages: 162
Inscription: 19 Mar 2005 23:21
Localisation: près de Nantes(44)

Le Moyen Age... Info complémentaires

Services et Infos

cron