Marketing web

Accessibilité | Contenu | Navigation | Recherche | Plan du site

Les templiers, ces batisseurs

- Le 14 fev 2005 à 22h04 - Illustration de l'article : Les templiers, ces batisseurs

L’ordre des Templiers, avant tout un ordre bâtisseur...

Le 15 juillet 1099, Jérusalem brûle. Les croisés ont enfin pris la cité Sainte. Bien des années plus tard, en 1118, Baudoin II, roi de Jérusalem propose à Hugues de Payns, un chevalier champenois, à Geoffroy de Saint-Omer et à sept autres nobles, une place dans l’antique temple du roi Salomon. L’ordre des Templiers est né. La relation entre l’Ordre et l’apparition du gothique est alors indéniable.

Les bâtisseurs de Dieu, dans la foulée de Cluny

Fondé sous l’impulsion de saint Bernard de Clairvaux, l’ordre des Templiers a versé son sang sur les champs de bataille des croisades et protégé les bâtisseurs de cathédrales, auxquels il a confié de nouveaux savoirs.

Richissime, l’ordre du Temple avait réussi à poser les fondements d’une nouvelle civilisation. Les cathédrales, dans la mystique de saint Benoît puis de saint Bernard, en étaient la dimension spirituelle, l’aboutissement du long labeur élaboré à l’abbaye de Cluny, où ont été établies les fondations de la civilisation chrétienne occidentale. Plus de 1300 monastères se rangeront en effet sous la règle clunisienne. Et c’est de Cluny, aussi, qu’est issu le pape Urbain II, qui prêchera la première Croisade.

Parfaitement organisés, les Templiers avaient assuré le nécessaire vital, le blé, l’outil, l’argent. Avec les cathédrales, ils ont donné au peuple la clé de l’éveil spirituel qui lui manquait. Pour agir sur la pierre, il fallait des constructeurs initiés à certaines lois, à l’instar des constructeurs de dolmens sacrés et des pyramides d’Egypte.

Opération de "magie collective" pour la reconquête des lieux saints, les croisades ont donc favorisé l’essor des cathédrales gothiques dans tout l’Occident...

Pourquoi, comment, s’est-il trouvé, tout à coup dans l’Occident chrétien, des «dompteurs» de pierre comme on n’en avait jamais vu depuis les pyramides? D’où tenaient-ils leur savoir d’initiés? Combien de générations de maçons et de tailleurs de pierre faudrait-il, aujourd’hui, pour produire des maîtres capables de réaliser l’équivalent des cathédrales de Chartres ou d’Amiens ?

On objectera que ce phénomène, unique dans l’histoire de l’architecture, est aussi une question de "mode". Le propre de l’architecture n’est-il pas de s’adapter à l’esprit de son temps ?

En témoigne l’œuvre du dernier bâtisseur de cathédrales, le Tessinois Mario Botta, concepteur de celle de la Résurrection à Evry, près de Paris (1995). Pour lui, l’architecture moderne ne s’applique pas qu’aux supermarchés, mais aussi aux églises, aux mosquées et synagogues...

Des bâtisseurs de jadis ont laissé leurs signatures, sur des poutres ou des pierres. On connaît des noms d’architectes et de maîtres d’œuvre, pour Amiens, mais pas pour Chartres… Le fait est que l’on sait peu de choses sur l’origine de ces constructeurs, sur le savoir-faire dont ils ont été les dépositaires. Ils étaient réunis en confréries, fraternités. Ou compagnonnages, un mot qui vient de "compas", leur outil de prédilection, et signifie aussi "qui partage le même pain".

Les confréries les plus connues avaient pour nom les Enfants du père Soubise, les Enfants de Maître Jacques ou les Enfants de Salomon. Elles ont aujourd’hui pour héritiers les Compagnons des devoirs du Tour de France. Certains d’entre eux ont gardé une tradition initiatique et morale de savoir-faire et de «chevalerie de métier» en refusant, par exemple, de construire des forteresses et des prisons, leur œuvre étant dévolue aux hommes libres.

La cathédrale, dans cette éthique, apparaît paradoxalement comme un édifice laïc, au sens originel du terme, car construit pour l’âme du peuple et non pour la gloire des seigneurs.

De saint Louis, ardent croisé, les bâtisseurs de cathédrales obtinrent des franchises royales qui en firent des "maçons francs". C’est dire la reconnaissance et l’estime dont ils jouissaient. Ces privilèges, le roi Philippe le Bel, dans son acharnement pour anéantir les Templiers, les supprima sèchement...

Médiévalement vôtre.

Ajouter un commentaire

Protection

Réaction



Validation

Votre adresse IP : 38.107.191.107, sera conservée tant que votre commentaire n'aura pas été accepté définitivement.

Infos pratiques

Commenter la nouvelle Lien image pour recommander l'article à un ami Lien image pour imprimer l'article

Liens publicitaires

Articles précédents

Caen, des remparts pour 1000 ans de plus

- Le 10 fev 2005 -

La restauration du château médiéval de Caen - l’une des plus anciennes enceintes médiévales d’Europe, construite par Guillaume le Conquérant - s’inscrit dans un ambitieux programme engagé sur 12 ans, à l’initiative de la ville de ...

Roi, Prince, Comte d'où viennent-ils ?

- Le 03 fev 2005 -

Roi, Prince, Duc, Comte et Marquis servent souvent de patronymes. Mais quelle est l’origine de ces mots communs ? Les termes latins rex et regina, dont sont issus "roi" et "reine", dérivent d’une racine indo-européenne reg- (diri ...

L'Anse aux Meadows

- Le 31 jan 2005 -

Un seul site archéologique est considéré comme un témoignage de la présence des Scandinaves en Amérique du Nord. En 1960, Helge Ingstad, auteur et aventurier norvégien, trouva les vestiges d'un ancien établissement près du village ...

Le plus vieux document écrit danois

- Le 27 jan 2005 -

Une lettre du roi Waldemar IV du Danemark datant de 1359 a été présentée jeudi par le directeur des service des archives municipales de Stralsund (nord de l'Allemagne), Hans-Joachim Hacker, comme le plus vieux document écrit danoi ...

Sélection d'ouvrages

Atlas de Paris au Moyen Age La Légende arthurienne Roger II de Sicile Dictionnaire du Moyen Age Monnaies et marchés au moyen âge Lexique de l'ancien français Châteaux du Moyen Age : Enigmes et secrets au temps de la féodalité