
Découverte en 1722 par l'amiral hollandais Jacob Roggeveen, l'île aux paysages arides déchaîne une fois de plus les passions. Depuis de nombreuses années les écologistes portent comme un symbole le traumatisme biologique qu'a vécu cet écosystème. En effet, les scientifiques avaient démontré que la population présente depuis le IXe siècle avait détruit son propre habitat au fil des siècles.
Aujourd'hui, tout semble remis en cause par la publication simultanée il y a 6 mois de deux études tendant à démontrer que l'homme, s'il n'est pas totalement innocent, n'est pas l'unique responsable de la désertification de l'île.
Mathieu Perreault, journaliste à Cyberpress, revue canadienne, nous donne un aperçut de la controverse qui oppose aujourd'hui la communauté scientifique.
Jusqu'à tout récemment, l'île de Pâques était un symbole du mouvement écologiste. Ses habitants avaient abattu tous les arbres de l'île pour construire leurs maisons et transporter leurs fameuses statues gigantesques. Ils avaient fini par abandonner la pêche aux gros poissons, faute de pouvoir construire des pirogues de haute mer. Puis, l'érosion s'était mise de la partie, minant l'agriculture. À l'arrivée des Européens, au XVIIIe siècle, la population était réduite à la misère.
Une nouvelle théorie est apparue depuis deux ans: les habitants de l'île sont arrivés beaucoup plus tard que prévu, au XIIIe siècle au lieu du IXe siècle. Ils ont amené avec eux des rats qui ont dévoré les arbres. Quand les premiers Européens sont arrivés, ils ont amené avec eux des maladies infectieuses qui ont décimé la population de l'île, comme c'est arrivé en Amérique et ailleurs dans le Pacifique.
Les partisans des deux thèses s'affrontent depuis l'hiver dernier, quand un archéologue de l'Université de Hawaï, Terry Hunt, a publié dans Science une étude à l'appui d'une arrivée au XIIIe siècle. Au même moment, un historien de l'Université de Liverpool, en Angleterre, publiait dans la revue Energy and Environment une réfutation de la thèse de la destruction de l'écosystème par l'humain.
"La thèse écologiste avait été grandement popularisée en 2005 par un livre du célèbre géographe californien Jared Diamond", explique l'historien britannique Benny Peiser en entrevue téléphonique. "La revue m'a demandé de revoir les preuves de la thèse. Je me suis rendu compte que la plupart n'étaient pas solidement étayées sur le plan archéologique, et que bon nombre dépendaient de comptes rendus de seconde main, recueillis dans la deuxième moitié du XIXe siècle par des missionnaires."
L'un des principaux défenseurs de la théorie traditionnelle, l'archéologue John Flenley de l'Université Massey en Nouvelle-Zélande, trouve que ses collègues ont balayé un peu trop rapidement les arguments de leurs opposants. "C'est un peu une tendance, dans notre domaine, d'avoir des chercheurs qui veulent à tout prix trouver une explication nouvelle à un phénomène bien connu", déplore M. Flenley en entrevue téléphonique.
Ironiquement, les partisans de la nouvelle théorie se sont fait attaquer par la droite comme la gauche. "J'ai été décrié par le mouvement écologiste et porté aux nues par des économistes de droite", commente M. Hunt depuis Florence, en Italie, où il passe une année sabbatique. "En même temps, on m'a accusé de parti pris anti-occidental, parce que je dis que c'est l'arrivée des Européens qui a causé le déclin démographique de l'île. Je trouve cela déplorable, notamment parce que je suis très écolo. Tout ce qui m'intéresse, c'est de faire de la science, pas de la politique."
Les points contentieux :
c tres jolis
On en revient toujours au vieux conflit entre les scientifiques comme Flenley qui s'appuient sur de faits, mais aussi les mythes et légendes indigènes que les premieres colons et les missionnaires ont recueillis, et les pseudo-scientifiques marxo-rousseauistes comme Hunt pour qui les malheurs des Paul et Virginie océaniens ont pour cause unique l'arrivée dans leur doux paradis de l'Occident capitaliste. La thèse des rats destructeurs d'arbres est totalement stupide pour le botaniste que je suis, et si les Habitants de l'île de Pâques utilisaient leurs lances pour éplucher les ignames on peut désespérer de leur Q.I.
L'idéologie n'a jamais fait bon ménage avec la réalité historique, Hunt le démontre une fois de plus. La queston à poser est : comment le mythe romantique et marxiste d'O'Tahiti qui fait des populations océaniennes, Mélanésie, Micronésie et Polynésie, de doux pacifistes a-t-il pu effacer la réalité de peuples guerriers qui ont réussi à maintenir un rapport population/surface exploitée de l'ordre de 2 à 4 h/km2 par des guerres et des génocides incessants pendant des siècles et des millénaires, jusqu'à l'arrivée au XIXe siècle de la Pax Europea qui a permis leur explosion démographique.
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