
Le tant attendu Assassin's Creed d'Ubisoft, sortie depuis le 15 novembre en France, va certainement devenir le hit de cette fin d'année. Disponible sur console Xbox360 et PlayStation 3, il sera une excellente idée cadeau, mais attention, il est déconseillé au moins de 18 ans.
Après 4 années de développement par une équipe de 250 personnes et un budget avoisinant les 25 millions de dollars, Assassin's Creed nous plonge en Terre Sainte à l'époque de la 3e croisade, en 1191. Vous incarnez Altaïr, membre de la secte des Assassins et votre but est de vous faire pardonner vos erreurs en exécutant les 9 cibles désignées par votre chef spirituel. Mais nous ne sommes pas là pour refaire le travail des testeurs. Sachez simplement que les décors sont à couper le souffle, que les mouvements des personnages n'envie rien aux nôtres et que la bande son est extraordinaire de réalisme. Un jeu somme toute excellent, même si le fond manque encore un peu de rigueur, notamment du coté de l'IA des PNJ. Mais parlons plutôt de cette fameuse "Secte des Assassins".
La secte des Assassins est fondamentalement lié aux différents schismes qui ont fracturé l'Islam originel. En 632, Mahomet meurt après avoir établi les bases de la religion musulmane. Si son successeur immédiat se trouve être Abû Bakr, fidèle du prophète, un vent de contestation voit le jour avec pour ambition, celle de donner une hérédité par sang à la succession de Mahomet. Alî, son cousin, est tout désigné. Le premier schisme sépare alors les premiers, sunnites, des seconds, chiites. Après des siècles de conflits internes et de nouvelles fractures, la communauté des ismaeliens perse, proche des chiites, se divise à la fin du XIe siècle pour donner naissance aux Must'aliyya (Mustaliens) et aux Nizâriyya (Nizârites) suite à la non reconnaissance de ses derniers du nouvel imam, Ahmad, à la place de son frère désigné comme héritier, Nizâr.
Dans cette région perse, occupée par les turcs seldjoukides (sunnites), Hassan Ibn Sabbah devint le responsable de la communauté Nizârite. Menacé par les turcs, il prend le contrôle de la forteresse d'Alamùt en 1092 et en fait le siège de son pouvoir de prédication, prenant alors le nom de "Vieux de la montagne". Quatre ans plus tard, Nizâr, après avoir vainement tenté de prendre le pouvoir en Egypte, est arrêté et emmuré vivant, Hassan Ibn Sabbah se retrouve alors seul pour restaurer le chiisme, malgré l'appui de al-Hâdî, fils du défunt Nâzir. C'est dés le début de son règne, long de 35 ans, que fut, selon le chroniqueur Ibn al-Athir, accompli le premier assassinat politico-religieux des Nizârites sur la personne du vizir turc Nizâm el Mulk, en 1092 et il faudra attendre un siècle, en 1192, pour que la secte s'en prenne aux chrétiens en assassinant, Conrad de Montferrat, Prince de Jérusalem.
A la mort de Hassan Ibn Sabbah en 1124, Kiyâ Buzurg-Ummîd lui succéde, continuant le travail de propagande de ses prédécesseurs. Représentant l'Imam, il faudra attendre 1162 pour que Hasan II, petit fils de Buzurg-Ummîd, ne se revendique officiellement Calife. Leur rayonnement allaient alors s'étendre de la perse à la Syrie et donc commençait à se faire connaître du monde occidental via les croisés. En 1164, Hasan II proclama "La résurrection des résurrections" oeuvrant alors pour une foi intérieur, prêchant l'avènement du pur Islam, développant magistralement leur fanatisme.
C'est en 1175 que l'évocation d'une secte des assassins apparait pour la première fois dans les écrits d'un ambassadeur germain en Egypte. Selon les sources, la secte prend différents noms. L'envoyé de Frédéric Barberousse les nomme ainsi Heyssessini, alors que Guillaume de Tyr évoque le terme Assissini. Marco Polo, bien plus tard rapportera dans son oeuvre, le "Devisement du Monde" que l'on les nommait Hachînchiyyîn en raison de leurs pratiques de consommer le haschisch dans "un breuvage qui les endormait aussitôt". Dernièrement, Amin Maalouf, dans "Samarcande", propose une étymologie différente en prêtant au terme "asâs" la notion de fondement déclinant alors Assassiyoun en "ceux qui sont fidèles au fondement" [de la foi].
Bien qu'ayant assassiné de nombreux sujets du pape, la secte des assassins entra en contact avec les occidentaux et réussit à nouer des relations durables avec certaines institutions. Ainsi, Jean de Joinville raconte que le roi Louis IX aurait reçu la visite du "Vieux de la montagne" dans la ville d'Acre, ce derniers lui demandant aide face au déferlement mongol sur la Perse. Les ordres des hospitaliers et des templiers auraient aussi été en contact avec la secte, jouant de temps à autre le rôle d'intermédiaire entre monde chiite et chrétien. Il se dit d'ailleurs que nombre de leurs érudits auraient appris les ficelles des finances auprès des sages musulmans. Il est par ailleurs avéré que des contingents de templiers et d'hospitalier avaient fait cause commune avec les Nizârites lors de batailles contre les turcs Seldjoukides.
En 1256, la forteresse d'Alamùt fut prise par les troupes mongols et le chef spirituel de la secte, Rukh al-Din Khurshah fut assassiné l'année suivante. Les Nizârites prirent alors à nouveau la clandestinité. Au XIXe siècle, l'imam Nizârites reçoit le titre d'Aga Khan des mains du Shâh d'Iran. Les persécutions politiques obligeront l'Aga Khan à trouver refuge en Inde où son descendant prêche toujours.
En savoir plus : Histoire de l'ordre des assassins
Reportage Arte : La secte des assassins. Diffusé le samedi 1er septembre 2007 à 20h45.
Très bon reportage...
Très détaillé . Interressant
Remarquable
Je trouve cela super, cela apporte une image historique à un très bon jeu!!
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