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Historiographie médiévale

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Rekk Dim 12 Déc, 2004 8:52 pm           
Modérateur

            
L'historiographie, qui est l'écriture de l'histoire, a eu en somme l'évolution suivante :

1) XVIe-XVIIIe siècle, le Moyen Age est vu comme une période de décadence entre deux âges d'or, l'Antiquité et la Renaissance.
2) XVIIIe-XIXe siècle, le Moyen Age est redécouvert à travers le courant romantique qui exalte cette époque.
3) Milieu XIXe-fin XXe siècle, le Moyen Age est étudié surtout sous son aspect politique par les deux courants concurrents, l'Ecole méthodique et l'Ecole positiviste.
4) Fin XIXe-milieu XXe siècle, le Moyen Age est étudié sous l'aspect économique et social par le courant dit Ecole des Annales.
5) Milieu XXe-fin XXe siècle, le Moyen Age est étudié sous l'aspect des mentalités.
6) Fin XXe-Début XXIe siècle, le Moyen Age est étudié sous l'aspect culturel, qui englobe tout les autres.

Evidemment, il s'agit d'un schéma qui ne prend pas en compte les particularités de chaque époque, mais donne une vision d'ensemble en quelques lignes.

A peste, fame et bello, libera nos domine ! - « De la maladie, de la famine et de la guerre, délivre-nous, Seigneur ! » (litanie médiévale bien connue)
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godefroi Mer 19 Oct, 2005 5:36 pm           
Petit contributeur

            
l'histoire des mentalités au MA est heureusement encore bien active!
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Foulques Lun 07 Nov, 2005 12:37 am           
Modérateur

            
Une question pour notre cher Janus :

Parmi les auteurs de référence sur le moyen âge étudiés ou connus en Italie, est-ce qu'il y a beaucoup de Français ?

Je dis ça parce que je me rends compte que je ne connais guère que des auteurs français...

Exceptions faite de Coryn et Keegan (sur Du Guesclin et Azincourt) qui sont Anglais, et Karl Werner (sur une étude érudite de la chevalerie, qui m'est tombée des mains...) qui est Allemand.

Du côté de l'Italie, je n'ai entendu parler que de Reto Bezzola mais je crois qu'il est plutôt Suisse.

Est-ce que nous avons raté des historiens Italiens importants ?

Pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du Mal. [R. Sheckley]
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Janus Lun 07 Nov, 2005 2:08 pm           
Bon contributeur

            
Foulques a écrit:
Une question pour notre cher Janus :
Parmi les auteurs de référence sur le moyen âge étudiés ou connus en Italie, est-ce qu'il y a beaucoup de Français ?

Malheureusement je ne connais bien l'historiographie... Rolling Eyes

Plus en general ... bien sur! presque le 50% des auteurs qui s'occupent du MO sont français ...
Il y a les "grands" comme Georges Duby ou Jacques Le Goff qui sont très connus, mais il y en a aussi beaucoup d'autres: Bordonove, Pognon, Durville ... pour citer seulement les livres que j'ai prés de mon PC!

En effet l'étude du MA est plus developpé chez vous ... et pas seulement l'étude mais aussi la valorisation du patrimonie médiévale!

Je crois que ça soit déterminé du trés fort lien que vous avez avec le MA ...
Chez nous c'est la meme chose avec les Romains et la Renaissance ...

_________
_________________ Forum sur le Moyen Age Italien
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Barberousse Lun 07 Nov, 2005 7:45 pm           
Contributeur actif

            
C'est vrai il y a bien en Italie que la culture Humaniste s'est imposé en premier avec les cités états...Et lorsque évoque le nom de rome difficile de passer à coté de la rome antique...Ils ont une belle culture!
Je voudrait revenir sur l'historiographie qui je crois est très importante car nous gardons la trace encore bien présente dans nos esprit des différents courants qui sont attribués au Moyen Age.
Seulement même si les pistes de recherches ce sont il est vrai extrement développer à notre époque je voudrait quelque peu nuancer le propos en disant que certaines pistes sont moins exploités que d'autres mais je crois aussi que nous sommes résolument dans la bonne voie...
Je crois que l'historiographie à un sens,il donc qu'il ne faut la dénigré malgré les affreux préjugés qu'elle peut comporté.Tout ce que l'homme ne connait pas il l'imagine...enfin bref cette notion d'historiographie est vraiment à bien saisir je pense.

Il faut féconder le passé pour enfanter l'avenir.
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armoisine Lun 07 Nov, 2005 9:45 pm           
Modérateur

            
Le sujet de capes est assez révélateur je pense: les "villes d'Italie".
Il n'est pas historiquement satisfesant de parler d'Italie médiévale par la diversité et la complexité de son organisation. Je constate cela aujourd'hui!
L'approche par les villes et ce pour couvrir tout les domaines, économiques, politiques, sociaux, culturels est assez pertinente.
Maintenant il est vrai que c'est pas facile de trouver des manuels d'auteurs italiens. Ceux qui nous sont le plus conseillés sont:
Crouzet-Pavan pour Enfers et Paradis, l'Italie de dante à Giotto
JC Maire-Vigueur, J Heers, Y Renouard, G Jehel, I Heulland-Donat...
Rarement un auteur italien, en tout cas rarement traduit...

L'homme n'est pas entièrement coupable: il n'a pas commencé l'histoire; ni tout à fait innocent, puiqu'il la continue. Camus
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Foulques Lun 07 Nov, 2005 10:57 pm           
Modérateur

            
Ah ! C'est marrant je viens d'en trouver un ! Et justement sur le lien que tu citais, Armoisine, que j'ai commencé à lire :

http://www.unine.ch/antic/MLTouati.pdf

L'étude se réfère à un certain Carlo Ginzburg "Storia notturna, una decifrazione del Sabba" Einaudi 1989, traduit en France "Le sabbat des sorcières", Gallimard 1992...

On saura donc qu'il faut 3 ans pour passer les Alpes ! Very Happy

Apparemment il a contribué à l'étude de ce sujet d'une façon importante.

Il est vrai que vous avez pléthore de sujets en Italie et qu'il vous faudra pas mal de décennies avant de venir à bout de l'étude de votre histoire ! Donc l'étranger se fait un plaisir de venir vous filer un coup de main... En tous cas ça fait plaisir de savoir que des auteurs français sont connus au-delà des frontières.

Pognon et Durville, je ne connaissais pas. Quant à l'Italie médiévale, oui, ça parait un sacré casse-tête. J'ai lu un peu de Heers là-dessus et... faudrait que je relise Wink

Je suis Barberousse en gros, moi, paysan sans formation universitaire, j'ai du mal à me repérer dans la subtilité de ces approches.
Ce qui me paraît essentiel c'est l'abandon de l'historiographie qu'Alain Bourreau appelle "libérale" soit voir le monde comme une évolution linéaire où les choses et les gens se seraient améliorés au fil des siècles...
Quasiment le décalque de l'évolution darwinienne, évoluant du rang de la bête au statut social et humain actuel : intelligent, civilisé et propre sur lui !

Mais quand on parle d'histoire avec beaucoup de gens, on s'aperçoit qu'ils ont souvent tendance à rester sur ce sentiment : que le Xe siècle est plus évolué que le VIIIe, le XVIIIe que le XVIe, bref que plus on se rapproche de notre époque et plus les gens avaient compris de choses. L'humanité en marche, quoi Rolling Eyes

Pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du Mal. [R. Sheckley]
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armoisine Lun 07 Nov, 2005 11:18 pm           
Modérateur

            
Foulques a écrit:
Ah ! C'est marrant je viens d'en trouver un ! Et justement sur le lien que tu citais, Armoisine, que j'ai commencé à lire :

http://www.unine.ch/antic/MLTouati.pdf

L'étude se réfère à un certain Carlo Ginzburg "Storia notturna, una decifrazione del Sabba" Einaudi 1989, traduit en France "Le sabbat des sorcières", Gallimard 1992...

En fait je parlais d'études globales ou concernant directement la période du concours. Mon bouquin (P Racine) cite un certain Pini mais je n'arrive pas à trouver de référence à son sujet, à savoir s'il est vraiment italien....



foulques a écrit:
Je suis Barberousse en gros, moi, paysan sans formation universitaire, j'ai du mal à me repérer dans la subtilité de ces approches.

Oui ben moi c'est pareil, même avec université. Et je trouve que Barberousse, tout lycéen qu'il est, en connaît beaucoup à ce sujet! Il faut se conditionner pour "entrer en historiographie". Le pire pour moi c'est l'orientation structuraliste en histoire... Si Rekk peut nous en dire deux mots, parce que j'en serai bien incapable!
Concernant la philosophie de l'histoire (savoir s'il y a évolution, progrés, temps cyclique), il y a eu émulation et rejet. Les philosophes allemands ont beaucoup réfléchi là dessus, les annales ont semble-t-il refusé ce shéma...

L'homme n'est pas entièrement coupable: il n'a pas commencé l'histoire; ni tout à fait innocent, puiqu'il la continue. Camus
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Foulques Mar 08 Nov, 2005 12:25 am           
Modérateur

            
Oui c'est ça, c'est la philosophie de l'histoire en fait.

J'ai dans ma bibliothèque "le déclin de l'occident" d'Oswald Spengler... en deux tomes écrit petit 8)
L'un des allemands dont tu parlais.

quand je l'ai racheté il ya qqes années, la libraire m'a regardé avec une admiration sans bornes...

J'avais lu la préface il y a longtemps, que j'avais trouvé merveilleuse d'intelligence mais depuis... Je manque de courage pour m'attaquer à cette somme et je passe rapidement les yeux quand mon regard tombe dessus, de honte d'avoir flanché ! Smile

Pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du Mal. [R. Sheckley]
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Rekk Mar 08 Nov, 2005 1:57 pm           
Modérateur

            
Foulques a écrit:
http://www.unine.ch/antic/MLTouati.pdf

Lol ! Un mémoire de licence aussi long que mon mémoire de maîtrise... - bon, c'est vrai, j'avais fait le minimum de page alors requis, j'avoue Embarassed

armoisine a écrit:
Si Rekk peut nous en dire deux mots

Bon alors vraiment en quelques mots.

Dans les années 1970, l'histoire structuraliste - qui appartient au courant dit alors « Nouvelle Histoire » - est une histoire socio-culturelle que l'on pourrait qualifiée d'ethnologique.

Exemple d'ouvrage structuraliste - ouvrage fondateur de la micro-histoire :

LE ROY LADURIE Emmanuel, Montaillou, village occitan : de 1294 à 1324, "Bibliothèque des histoires", Gallimard, Paris, 1996 (1re éd. 1979), 642 p.
_________________
Sources :
- Le lien : http://www.adpf.asso.fr/adpf-publi/folio/histoire/nouvelle01.html ;
- BOURDE Guy (1942-1982), Les écoles historiques, "Points Histoire", n°67, Seuil, Paris, 1995 (1er éd. 1983), 413 p.
- TULLARD Jean, Les écoles historiques, PUF, Paris, 1993 (1er éd. 1990), 125 p.
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