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Reliques et sainteté dans l'espace médiéval

La religion au Moyen Âge Sujets complémentaires :
L'islam médiéval dans les livres d'école
Famille et parenté dans l'occident médiéval
Dans la vie courante ...
La vie dans un chateau du moyen age
jean luc deuffic Ven 15 Sep, 2006 7:57 am           

            
Vient de paraître:

Reliques et sainteté dans l'espace médiéval.
Edition Jean-Luc Deuffic. Avant-propos d'André Vauchez, membre de l'Institut.

Au sommaire:
Note éditoriale de Jean-Luc Deuffic... p. 9
Avant-propos de André Vauchez... p. 11
Reliques: questions de droit
Stéphane Boiron, Définition et statut juridique des reliques dans le droit canonique classique... p. 19
Philippe Cordez, Gestion et médiation des collections de reliques au Moyen Age. Le témoignage des authentiques et des inventaires... p. 33
Maria Stelladoro, Significato, ruolo, potere e culto delle reliquie... p. 65
Reliques et sainteté: la mise en images
Edina Bozoky, Prolégomènes à une étude des offrandes de reliquaires par les princes... p. 91
Chiara Mercuri, Les reflets sur l’iconographie de la translation de la couronne d’épines en France... p. 117
Sara Lutan, Images of the lives of the saints in the sculptural programs and stained-glass windows of the Chartres cathedral... p. 127
Cécile Voyer, La mise en scène du culte d’un saint : la collégiale Saint-Hilaire de Poitiers... p. 141
Yves-Pascal Castel, Reliquaires médiévaux du département du Finistère en Bretagne... p. 163
Pierre-Gilles Girault, La châsse et les reliques de saint Gilles au Moyen Age: une tension entre corps saint et images ?... p.179
Reliques et territoires
John Wortley, The earliest relic-importations to Constantinople... p. 277
Maria Luisa Ceccarelli Lemut & Gabriella Garzella, Sulle rotte dei santi. Circolazione di culti e di reliquie a Pisa (VI-XII secolo)... p. 245
Ariel Guiance, Santos, reliquias y milagros en la hagiografia visigoda... p. 227
Gwenaelle Augry, Reliques et pouvoir ducal en Aquitaine (fin Xe s. - 1030)... p. 261
Eve-Marie Halba, Hagiographie de Renaut de Montauban... p. 281
Brad Eden, The feast of relics in the medieval English church... p. 301
Denise Pericard-Mea, Saint Jacques un et multiple, reliques et pèlerinages... p. 305
Philippe George, Reliques en pays mosan (IXe-XIIe siècles)... p. 339
Jean-Luc Deuffic, L’exode des corps saints hors de Bretagne (VIIe-XIIe s.) : des reliques au culte liturgique... p. 355
Raeleen Chai-Elsholz, Symeon of Durham and the memoria of Bede... p. 425
Laurent Durnecker, Les reliques de Saint-Etienne de Dijon du XIe au XVe s. : constitution, enrichissement et mise en valeur d’un patrimoine sacré... p. 439
Diane Carron, Questions de sainteté : vicissitudes des reliques dans le diocèse d'Autun au Moyen Age... p. 457
Carmen Florea, Relics on the Margins of Christendom : the Cult of a “Frontier Saint” in the Late Middle Ages... p. 471
Anne Wagner, Les collections de reliques à Verdun. Essai d'organisation d'un espace urbain au XIe siècle... p. 497
Lucile Tran-Duc, Les princes normands et les reliques (Xe-XIe siècles) Contribution du culte des saints à la formation territoriale et identitaire d’une principauté... p. 525
Reliques du Christ
Angeles Garcia de la Borbolla, El culto y la devoción al “lignum crucis” en los reinos occidentales de la península ibérica (VII-XV)... p. 565
Ralf Lützelschwab, Zwischen Heilsvermittlung und Ärgernis – das preputium Domini im Mittelalter... p. 601
André Fage, Saint Suaire de Turin : linceul du Christ ...... p. 629
Recherches autour des reliques
Christian Sapin, Jean-Louis Bernard, François Heber-Suffrin et Pierre Gillon, Le Projet collectif de recherche « Cryptes et culte des saints en domaine capétien au Moyen Age »... p. 637
Initiatives: deux expositions... p. 649
Index... p. 651


Site web: http://perso.orange.fr/pecia/
Blog: http://blog.pecia.fr

Contact: pecia@wanadoo.fr
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snorri Ven 15 Sep, 2006 10:34 am           
Modérateur

            
La bien venue et merci pour cette info Wink

Eitt sinn skal hverr deyja
Chacun doit mourir un jour
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An1000.org Ven 15 Sep, 2006 2:23 pm           
Administrateur

            
Merci, la pub interessante, c'est rare...

Rod
Les petits ruisseaux font les grandes rivières...
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armoisine Sam 16 Sep, 2006 11:06 pm           
Modérateur

            
Sujet intéressant!

C'est une des facettes du christianisme qui parait la plus contradictoire... Un culte rigoureusement monothéiste qui s'accomode déjà d'une "trinité", mais qui en plus autorise un culte des saints à la limite de la dévotion au veau d'or Rolling Eyes...

J'avais suivi un cours la dessus et il me semble qu'on y citait justement Vauchez.

Il y aurait peut être ici de quoi découvrir les traces d'un revival paganiste au travers de certaines pratiques... Je me rappellle de textes où il est fait mention de villageois qui, déçus par le saint qui n'avait pas exaucé leur souhait, tournaient la statue face au mur en guise de punition... C'est pas très catholique tout ça...
Et ça éclaire quelque peu le contexte de la scission entre une religion qui se veut pure (protestante) contre le christianisme traditionnel au XVIè.

Le culte des saints restera la marque du catholicisme et il est intéressant de voir théorisée sa place au Moyen Age, utile plus tard dans la conversion des "nouvelles terres", les amériques etc, du XVII au XIXè.

L'homme n'est pas entièrement coupable: il n'a pas commencé l'histoire; ni tout à fait innocent, puiqu'il la continue. Camus
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dame Garsende Dim 17 Sep, 2006 11:50 am           
Bon contributeur

            
En fait le culte des saints n'est pas vraiment autorisé en tant que tel. Leur unique rôle est celui d'exemple et d'intercesseur. Cependant il est vrai qu'ils semblent plus proches des fidèles que Dieu et sa Trinité qui est quand même un concept difficile à appréhender. C'est pour ça je pense que les fidèles médiévaux, qui pour la plupart ne connaissaient pas les dogmes à fond, rendirent un culte quasiment hérétique aux saints. Leurs rapports avec les saints étaient assez proches: comme le dit Armoisine on punissait le saint s'il ne rendait pas les services qu'on lui demandait.

ô rage, ô désespoir, ô vieillesse enemmie! (Don Diègue, Le Cid)
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armoisine Dim 17 Sep, 2006 4:02 pm           
Modérateur

            
Sans vouloir chipotter Very Happy , je pense que ce culte est pleinement autorisé.
On est d'accord, les dérives idolâtres de certains fidèles obligeaient à un encadrement strict (rôle d'intercesseur, exemplaire) de cette forme de dévotion mais elle était aussi bien utile à l'église. Je me demande si ce n'et pas Vauchez qui a justement examiné la "courbe" des saints, soit à quelle période ce culte a connu des pics, et ses explications dans l'histoire du christianisme.

Pour illustrer l'autorisation et l'intégration de ce culte au sein de l'église, il me revient un élément.
L'étincelle qui déclenche la publication des thèses de Luther. Soit la vente des indulgences par le Pape. On nous a expliqué cela ainsi: il existe des bonnes personnes, des saints. Ces saints ont accumulé tellement de bonnes actions qu'ils ne les utilisent pas toutes pour gagner le paradis. On capitalise ainsi ces bons points dans le "trésor des grâces", où on puise pour revendre sous forme de don des indulgences (sorte d'absolution) aux fidèles. A l'époque c'était pour rénover Saint Pierre de Rome entre autre. Cette aspect comptable du culte dépend je pense du contexte et du personnel religieux, on sait dans quel état il était au XVIè...

L'homme n'est pas entièrement coupable: il n'a pas commencé l'histoire; ni tout à fait innocent, puiqu'il la continue. Camus
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Aliénor Dim 17 Sep, 2006 8:38 pm           
Bon contributeur

            
Armoisine a écrit :
Citation:
Je me rappellle de textes où il est fait mention de villageois qui, déçus par le saint qui n'avait pas exaucé leur souhait, tournaient la statue face au mur en guise de punition... C'est pas très catholique tout ça...


Laughing Cela me fait penser à quelques traditions de "part chez moi" comme on dit. Je sais qu'en Auvergne (et peut-être ailleurs) on a un saint particulier pour les vignes et le vin : Saint Verny.
Dans de très nombreux villages, on punie le saint lorsque la récolte est mauvaise, on le récompense, aussi biensur, dans le cas contraire. Je me souviens de plusieurs punitions parmi lesquelles, on lui enlève le tour de son chapeau. Mais il y a encore plus méchant! Twisted Evil En effet, dans un autre, lorsque les villageois sont mécontents, ils plongent la statue dans l'eau!A l'inverse, lorsqu'ils sont satisfaits, il le baigne dans le vin!

On est plus dans le supersticieux que dans la foi, me semble-t-il Rolling Eyes ...mais enfin, ça a le mérite de faire rire! Wink

L'avenir est un long passé. (Manau)
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dame Garsende Dim 17 Sep, 2006 8:38 pm           
Bon contributeur

            
Tiens je connaissais pas cette explication sur les indulgences:). c'est un peu poussé quand même;). Je pense qu'il faut préciser ce qu'on entend par "culte". La révérence envers les saints ou toutes les pratiques autour qui souvent reprenaient les anciennes pratiques dévotionelles paiennes. Mais les dérives étaient critiquées dès le Moyen Age. Je ne me rappelle plus quel auteur (et comme je suis pas chez moi je peux pas chercher:D ) se moquait de la multiplication des reliques (des dizaines de bras du même saint par exemple) et du ridicule de certaines dévotions dont celle d'une petite ville d'Allemagne qui prétendait détenir l'air explusé par Saint Joseph lors d'un effort pour soulever sa hache (le Han! en fait). Mais il est certian que dans un certain sens ces dévotions arrangeaient bien l'Eglise vu que ça rapportait des sous mais certains clercs critiquaient déjà les dérives, bien avant Luther. Very Happy

ô rage, ô désespoir, ô vieillesse enemmie! (Don Diègue, Le Cid)
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armoisine Mar 19 Sep, 2006 7:32 pm           
Modérateur

            
Je ne connaissais pas le coup du souffle, mais je crois que c'est l'aspect le plus abouti de la relique douteuse Laughing ! Il y a une église aussi je crois avec le lait de la vierge contenu dans la flèche, qui se liquéfie à certaines dates.
Miracle assez récurrent chez les saints d'ailleurs. C'est à Naples que ça se produit chaque année non? Je ne sais plus; ce prodige a déjà été démonté par des scientifiques, notamment en analysant les substances familières des "mages" de l'époque, qui par friction (balancement de l'ampoule) se liquéfient.

Au sujet des reliques, je pense aussi à la justification de l'acquisition d'un reste de saint. On ne peut pas l'acheter, ce serait donner une dimension matérielle et mercantile à du sacré. On ne peut pas le donner, sauf entre personnages prestigieux. Alors le mieux est encore de le voler. Si ça réussi, c'est donc que le saint était d'accord pour voir du pays.
Il faut imaginer ces moines "agents secrets" qui se fondent dans les abbayes pour en chiper les ossments sacrés!

L'homme n'est pas entièrement coupable: il n'a pas commencé l'histoire; ni tout à fait innocent, puiqu'il la continue. Camus
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armoisine Mar 19 Sep, 2006 7:40 pm           
Modérateur

            
Je pensais à Sainte Foy de Conques dans ce genre de commerce et voilà ce que j'ai trouvé:

L’explosion du “ reliques business“ en l’an 1000 !
Une bonne relique joue le rôle d’aimant pour une église ou un monastère qui va alors attirer fidèles, étendre ses domaines et augmenter ses revenus. Le « marché de la relique » explose littéralement après les Croisades quand on ramène de présumés bouts de croix du Christ, de suaires, des crânes de Saint-Jean Baptiste. Pas de quoi se moquer de nos ancêtres, car que ne feraient certains aujourd’hui pour décrocher un bout de T-shirt de Johnny.

Vers 1100, le “reliques business“ vire au trafic avec ses intermédiaires louches. Tout cela fait penser à la concurrence entre les clubs de foot européens avec le marché des joueurs et ses intermédiaires douteux.
Ainsi Conques ne s’est pas contenté pas du crâne de Foy. Il va accumuler une cinquantaine de reliques, allant du prépuce du Christ obtenu après la circoncision de Jésus, à des gouttes de sang, ou des fragments de la “vraie croix“…«Avec tous les morceaux de croix du christ en circulation en Europe, il y aurait de quoi bâtir une charpente» s’esclaffe Robert Taussat.


http://www.aveyron.com/histoire/foy2.html

L'homme n'est pas entièrement coupable: il n'a pas commencé l'histoire; ni tout à fait innocent, puiqu'il la continue. Camus
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