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  1. Reconstruction du patrimoine. Pour ou contre ?

Reconstruction du patrimoine. Pour ou contre ?

Illustration de l'article : Reconstruction du patrimoine. Pour ou contre ?
Incendie du Parlement de Bretagne (1994) © Sdis 35

La France fait partie de ces pays dont le patrimoine historique est des plus vaste et des plus varié. Préhistoire, antiquité, moyen age ou époque contemporaines, des milliers de sites nous permettent de découvrir l'histoire de notre pays au travers de monuments, de mobiliers, d'objet en tout genre. Des dizaines de textes de loi, nombre d'administrations, de services d'état ou d'association protègent, sauvegardent, restaurent ce qui fait notre passé.

En 1965, la France signait la Charte de Venise1, document énonçant les principes à respecter par les restaurateurs de monuments historiques dont les principaux passages sont les suivants :

Article 4
"La conservation des monuments impose d'abord la permanence de leur entretien."

Article 9
"La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel [...] Elle s'arrête là où commence l'hypothèse [...]"

Article 15
"Tout travail de reconstruction devra cependant être exclu à priori, seule l'anastylose peut être envisagée, c'est-à-dire la recomposition des parties existantes mais démembrées."

Cette charte préconisait donc de se focaliser sur la sauvegarde de tous les édifices que l'histoire nous avait transmis, une juste décision tant culturelle, que financière. Pourtant, depuis de nombreuses années, certains se battent pour la reconstruction totale de quelques monuments, une hérésie chez la plupart des archéologues et architectes des monuments de France. Si le bâtiment du Parlement de Bretagne a été restauré après son incendie, que des édifices détruits durant la seconde guerre mondiale furent relevés, la règle veut que tout monument historique ne soit que sauvegardé, aussi, lorsque Alain Boumier présenta, dés 1994 à l'Assemblée Nationale, un projet de reconstruction complète de l'aile du Palais des Tuileries rasée en 1883 il jeta un véritable pavé dans la marre. Longtemps laissé de coté par les gouvernements successifs, l'idée est revenu à l'ordre du jour en 2003, puis en 2004 avec la création du Comité national pour la reconstruction des Tuileries.

Mais que fait-on alors de la Charte de Venise ? Que fait-on de la volonté de sauvegarder l'image du passé, de la volonté de ne pas interférer avec les décisions de l'histoire ? Les projets de reconstructions peuvent avoir tous les atouts possibles, esthétisme, nostalgie, image, quel serait alors l'avenir des monuments historiques s'ils se voyaient concrétisés, et je n'aborde même pas le coté financier, plus de 400 millions d'euros1 pour les Tuileries, qui serait une honte face au manque de moyen pour la conservation des monuments en dangers, d'autant plus que les Tuileries furent incendiées en 1871 durant la Commune par ordre de Bergeret avant d'être détruite 12 ans plus tard sur décision de la Chambre des Député. Si ce n'est pas 2 moments d'histoire, qu'est-ce que c'est ?

Le petit monde de la conservation du patrimoine est donc en effervescence lorsque Alain Boumier annonce3 :

Je me donne dix-huit mois pour trouver, auprès de mécènes, les 350 millions d'euros nécessaires au gros oeuvre

Pourtant Jean-Pierre Adam, architecte et historien de l'architecture, prévient que cette somme serait ce qu'il faut pour réparer toutes les cathédrales de France. Du coté des partisans au projet "Tuileries" se trouve malheureusement Pierre-André Lablaude, Architecte en chef des Monument historiques mais aussi Inspecteur des Monuments Historiques, une double casquette bien inquiétante... surtout lorsque ce dernier affirme3 :

Notre-Dame de Paris, c'est plus de 80 % des pierres en façade qui ne sont pas d'origine. Si on écoutait nos détracteurs, il faudrait la détruire !

Ils'agit pourtant ici de réparation faite au fil du temps et non de reconstruction dans son intégralité d'un monument du patrimoine historique. Finalement, lorsque l'on entend de la part des amis de Boumier qu'ils travaillent pour l'harmonie et la grandeur de paris, mais que dans le même temps ils affirment haut et fort vouloir, je cite4 :

Reconquérir 2,5 hectares de parvis à l'endroit où les bosquets sont un lieu d'insécurité au coeur de la capitale, de tentatives d'enlèvement d'enfants, de mauvaises rencontres et de vente de drogue

Cela en devient presque pathétique...

Personnellement je verrais bien la ré-édification de l'ancien palais de Louvre, voir, pourquoi pas, l'image de la nation, "La Bastille". Cela ferait très chouette dans le paysage urbain de notre capitale et n'imposerait pas énormément de changement. (cf ci-dessous)

Simulation de l'emplacement du palais du Louvre aujourd'hui Simulation de l'emplacement de la forteresse de la Bastille aujourd'hui

Sur ce, bonne méditation...

Références sur "Reconstruction du patrimoine. Pour ou contre ?"

  1. IIe Congrès international des architectes et des techniciens des monuments historiques, Venise, 1964. Adoptée par ICOMOS en 1965. (La charte)
  2. Famille Chrétienne n° 1602
  3. Télérama n° 3062
  4. http://royalartillerie.blogspot.com/2007/03/les-tuileries-cest-parti-presque.html
""
09 décembre 2008 à 16:47
(Maj : 31/03/2011)
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Opinions sur "Reconstruction du patrimoine. Pour ou contre ?"

Protection Combien de "n" dans Moyen Age ?

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14 décembre 2008 à 10:49

Effectivement, ce règlement est a double tranchant;
Il est vrai que reconstruire de toute pièces un monument détruit totalement n'a aucun intérêt, et les exemples exagérés de la Bastille et du Louvre en sont un exemple.
D'autant qu'avec l'imagerie informatique on peut reconstituer ces monuments comme s'ils étaient encore debout.
Toutefois, où commence et où s'arrête la notion d'anastylose???
La reconstruction ne doit pas être stérile, c-a-d à mon avis le monument doit pouvoir être utilisable, donc reconstruit en tenant compte(au moins à l'intérieur) des normes de sécurité.
A mon avis, l'application pure et simple de la charte de Venise condamne la prolongation des monuments dans les siècles à venir;
Vivement un nouveau Viollet-le-Duc! Qui sait que sans lui, ceci n'est qu'un exemple, la cathédrale d'Albi serait par terre, ouverte en 2?


14 décembre 2008 à 14:36

Il est clair que débat il doit y avoir.

Concernant le principe d'anastylose, il va de soit que même si le terme peut être interprété trop "généralistement", il ne doit s'appliquer que sur des monuments dont soit nous avons la majeur partie de l'édifice, même par terre, soit nos possédons les parties les plus importantes, l'ossature et un minimum de caractéristiques architecturales.

Les Tuileries sont, ainsi, complexe à définir. L'état garde quelques partie "précieuse" dans quelques sous-sols et nous avons à notre disposition photo, et document architecturaux. Mais... et c'est là que je prend partie pour la non reconstruction de ce palais, c'est que les monuments sont notre histoire et si j'accepte l'idée la reconstruction d'un bâtiment parti en fumée pour des raisons accidentelles, comme le parlement de Rennes, par exemple, je m'insurge sur la reconstruction d'un monument mis à terre au moment de faits historiques que nous ne pouvons oublier.


28 février 2009 à 14:10

Un jour j'ai visité l'acropole avec ma cousine habitant Athènes. C'était en 1975. Depuis, de grands travaux de restauration sont entrepris pour redonner une meilleure allure à l'édifice.
Personnellement, j'ai été très très déçu de la visite.
En descendant de l'acropole, un marchand de plans vendait des cartes de l'acropole finement dessinés. Et là je me suis dit:"wouaw , ça c'est vraiment magnifique!"
J'aurais préféré que la cité soit reconstruite en dehors du centre d'Athènes et telle qu'elle fut à l'époque. Les architectes ont les plans. Le marbre utilisé dans les colonnes est du même âge que celui dans la carrière d'où il a été extrait. On pourrait nettement mieux se rendre compte de la finesse du lieu en visitant une réplique avec toute la splendeur de l'époque.
Quelle est le but de la restauration? Garder un bâtiment qui de toutes façon est destiné à revenir à la poussière dans les années futures où d'autres réalisations merveilleuses sont à accomplir. Les génération futures auront aussi leur 7 merveilles du monde.. si pas plus.
Ils pourront revisiter les anciens bâtiments virtuellement. Autant de fois qu'ils le désirent.
Alors? la restauration? Oui, pour rafraichir les lieux. Pour quasiment reconstruire? je n'y souscris pas.


11 juin 2009 à 00:05

Bonsoir,
Je trouve toujours lamentable que le patrimoine soit prétexte pour justifier une aseptisation de la vie urbaine. Les minuscules parvis médiévaux des cathédrales étaient infiniment plus vivants et mal famés que ces grandes esplanades sécurisées des cathédrales de Paris Reims ou Amiens.
Ceci étant dit je ne me pose pas la question de la reconstructition (reconstruction-reconstitution) car après tout il y toujours quelque part un pharaon potentiel qui veut laisser son empreinte dans le paysage que ce soit avec un réel amour de l'architecture (pour faire vite)ou pour l'image.
Ce qui m'inquiète d'avantage c'est le problème de la conservation et de la pratique qu'elle engendre; j'ai deux exemples qui à mon sens sont frappants:
- J'ai travaillé sur le chantier du Pont-Neuf à Paris et ce pont est orné de mascarons( sculptures de visages ). Or la politique de l'archi du patrimoine était de dire aux sculpteurs de refaire à l'identique les mascarons: c'est à dire avec l'état d'usure du matériau!
On abouti donc à une perte du volume de la sculpture et à terme en exagérant le propos , on peut imaginer un Pont- Neuf avec mascarons neufs sans nez!
- Je suis allé visiter les tours de la cathédrale de Berne. Or j'y ai vu des sculptures qui n'avaient rien de médiévales, je ne saurai pas vous dire de quelle campagne de restauration elles dataient. Mais elles rendaient vraiment le monument vivant ce qu'il ne faut à mon avis ne perdre jamais de vue en terme de restauration voire de conservation du patrimoine.
Ce que je veux dire c'est que si on veut considérer le patrimoine architectural comme un bien commun et public, il est essentiel de le faire vivre.
Or le patrimoine à l'heure actuelle crève à cause de deux phénomènes: le conservatisme académique qui met les monuments sous cloches de verre comme des fromages et l'avidité des grands groupes privés qui accaparent le bien public dans un contexte où l'Etat cherche à s'en débarrasser.
On peut aussi considérer un métier comme du patrimoine et pour qu'un métier puisse exister dans l'ampleur de ses capacités, il faut qu'il puisse avoir de la matière à travailler. Or à l'heure actuelle on a une politique des archi qui est absolument castratrice : on empêche les métiers de s'exprimer, on les condamne à disparaitre.
Entendons nous bien je ne suis pas contre les archis et je connais bien les petits réflexes corporatistes des métiers sur les chantiers et leur hiérarchie mythique. Et il faut bien quelqu'un qui ait une vue suffisamment globale pour coordonner un chantier et ça c'est la spécialité des archis. Mais actuellement les archis qui sortent du Louvre sont vraiment déconnectés des réalités et il faut vraiment batailler ferme ou faire le pirate pour pouvoir les faire descendre de leur piédestal!
Je tiens à rappeler un truc ou deux:
- 1° les archi au Moyen-Age étaient du métier et ça même si ça fait réac (genre il faut avoir remué la merde pour s'y connaître et l'ouvrir) et bien ça joue indubitablement. En conséquence de quoi, ils avaient déjà leur chef de chantier et leur maître dans les différents corps qui avaient leurs équipes… Bref un fonctionnement collégial par des gens du métier.
- 2°Les archi n'étaient pas formé par un savoir académique mais par leur expériences et celles de leur collègues d'où l'immense diversité des solutions proposées sur chaque monument.
- 3° les chantiers n'étaient pas coupé du peuple et tout le monde y investissait un peu de son argent(financement des vitraux, exposition des reliques...) ou de sa personne. Je tiens à rappeler qu'il y avaient des femmes qui participaient (mortelières).
- 4° Nous vivons une époque où nous avons la chance de pouvoir constituer des sommes d'archives immenses dans des espaces minuscules .On peut donc supposer qu'il ne devrait pas y avoir de problèmes à essayer d'aborder des solutions originales tout en se donnant la possibilité de revenir dessus grâce aux archives. Tiens d'ailleurs pour information certaines piles du pont neuf ont du béton coulé dedans.
Enfin, je pense qu'on a le droit d'actualiser certaines parties des monuments où de toute façon la lecture a été perdue à jamais.

Quoiqu'il en soit c'est actuellement le peuple qui est grand perdant dans cette affaire en étant complètement coupé du patrimoine qui est pourtant censé lui appartenir.


03 novembre 2010 à 11:26

Bonjour,
Bonjour Haroun Mendoud,

Heureux de pouvoir lire un article rédigé par un professionnel transpirant le savoir-faire, et cependant la rage face à l'absurdité, et cette dose d'incapacité à bouger des responsables d'organismes plus solidement ancrés dans leurs principes (et freinés par des budgets dérisoires) que les murailles de nos monuments historiques !

Si ce forum permet de poser sa propre pierre à l'édifice, je me permets alors de supposer que certains éléments peuvent effectivement être reconstruits à l'identique d'une certaine époque, notamment dans le cas où des moellons sont tombés et fragilisent sinon l'aspect d'une muraille surtout sa pérennité.

Reconstruire pour revoir les choses à une époque particulière ? Je doute de l'utilité historique d'un tel programme. Construire pour enrichir ses connaissances et repartir à une époque où les moyens actuels n'existaient forcément pas, oui, bien davantage ! (Cf. Guédelon).
Refaire n'importe comment pour coller à la réalité artistique du moment, certainement pas (Cf. Viollet le Duc et consorts, premiers architectes des monuments historiques de France, mais inscrits dans une vision par trop romantique - même s'ils ont contribué, certes, à la sauvegarde d'ouvrages).
Reconstruire pour consolider, pour transmettre, pour tenter de combattre la pollution et la végétation envahissantes - à condition que 'le Patrimoine' et les ABF soient conscients qu'il devient urgent d'engager des travaux un peu partout !

Signé Un amoureux des vieilles pierres qui ont tant à raconter pourvu qu'on les entende chuchoter.


11 novembre 2010 à 09:30

Je suis pour la reconstruction de ces edifices qui a une epoque servaient d'outil de propagande, de montrer sa puissance et de faire abasourdir les visiteurs ça donne envie de voir et ça fait parti de l'histoire et du génie surtout francais que j'admire énormément.


20 mars 2011 à 18:27

Bonjour,

Beaucoup de monuments français ont souffert des guerres récentes. Après avoir traversé tout ces siècles sans trop de dommages, les guerres modernes sont venues anéantir une grande partie de notre patrimoine historique. Je pense que dans ce cas, réparer les dommages de guerre n'est pas une hérésie. Je prends pour exemple : le donjon royal de Coucy Le château, dynamité par les allemands en 1917; ou encore le vieux pont médiéval de Limay dont on a fait sauter 2 ou 3 arches pour stopper la progression des allemands en 1940 et laissé dans l'état. La France est pleine de ces monuments séculaires meurtris, voir totalement détruits par des conflits sans aucun rapport avec leur histoire, et des monuments pour la plupart déjà inscrit à l'inventaire des monuments historiques dès le 19ème siècle...
De plus, ceux encore existants de nos jours sont le résultat de multiples transformations et évolutions au fil des siècles au grès des différentes affectations qu'ils ont reçu. Et c'est sans compter les restaurations et les reconstructions récentes de Viollet Le Duc qui nous a livré entre autre le chateau de Pierrefonds (profondément remanié) ou encore la cité de Carcassone.

Pour beaucoup de ces monuments les archives sont assez complètes pour permettre une reconstruction fidèle à l'origine sans tomber dans "l'hypothèse". De plus, il est possible d'affecter ces édifices à des services publics tels que bibliothèques municipales ou salle d'expositions. Ces reconstructions ont permit notamment de préserver des monuments tels que la colonne romaine de Cussy-la-colonne, rebatie au début du 19ème siècle. Qui s'en plaindrait aujourd'hui ?

Au nom de quel "courant romantique" contemporain peut-on se permettre de laisser disparaitre des monuments témoins non seulement d'une architecture ancienne mais aussi de notre histoire ? Ce que nous avons le plaisir de contempler aujourd'hui est justement le fruit de restaurations, remaniements et de reconstructions effectuées dans le passé. Est-il juste pour notre patrimoine, pour nos ancêtres et pour les générations futurs de laisser disparaitre autant de tours féodales et de cirques romains pour lesquels il suffirait juste de quelque pierres pour leur rendre meir spendeur passée et les réhabiliter durablement ? Les ruines ne sont et ne restent que des ruines. Rendre une fonctionalité à un batiment historique est notre véritable héritage culturel et patrimonial, une suite logique au passé. Ne pas les toucher ni les réutiliser est faire comme si elles ne faisaient pas parties de notre histoire à l'image de la culture aztèque au Mexique ou les vestiges de la ville aztèque de Tenochtitlan témoignent d'une culture éteinte et étrangère à celle des mexicains actuels.

Bien sûr, il faut que de telles actions soient encadrées par des lois pour eviter des abus et peuvent faire l'objet d'études architecturales historiques sur les techniques de l'époque, voir des chantiers effectués dans le cadre de chantiers de réinsertion ou de compagnonnage. De plus, pour beaucoup de monuments, il est possible de les rebatir avec leurs matériaux d'origines telles les pierres du donjon de Coucy Le Chateau ou ces dernières ont comblé le fossé entourant le donjon et ou elles ont été laissées en place pour témoigner de la barbarie allemande de l'époque. Mais, comme cela a deja ete dit plus haut, le montant financier d'une reconstruction permettrait de restaurer 10 ou 100 autres monuments en ruines. C'est un état de fait qui mérite débat mais qui ne doit pas entraver l'évolution des mentalités dans nos rapports avec notre patrimoine historique et culturel.


31 mars 2011 à 17:34

J'ai le plaisir de vous informer que notre association "Reconstruisons Saint-Cloud !" travaille depuis 2006 sur un projet de RECONSTRUCTION (AUTOFINANCÉE) DU CHÂTEAU DE SAINT-CLOUD dont voici le site internet :

http://www.reconstruisonssaintcloud.fr/

Notre ambition est que cette reconstruction soit effectuée dans le cadre d'un chantier ouvert aux visiteurs (ces derniers finançant les travaux par leur droit d'entrée), assurant ainsi la création d'un musée vivant des métiers d'art. Autrement dit, les flux financiers qui permettraient au château de Saint-Cloud de renaître de ses cendres seraient totalement indépendants de ceux servant traditionnellement à la restauration des monuments historiques. C'est pourquoi notre projet a obtenu de très nombreux soutiens en provenance de tous horizons...

Par ailleurs, nous disposons d'un GROUPE sur Facebook comptant d'environ 2.000 membres dans lequel nous serions ravis de vous accueillir :

http://www.facebook.com/group.php?gid=46321139735&v=info


Bien cordialement,
Laurent Bouvet


23 juillet 2011 à 22:32

je suis pour ces reconstructions, car elles ont un intérêt scientifique par les expérimentations qu'elles permettent en grandeur nature, cela forme aussi des spécialistes de la restauration en plus grand nombre en fonction de l'ampleur des restaurations. Cela donne aussi une chance à de gagner de la notoriété à des régions à l'ecart des gros centres touristiques comme il y a tant en France, je pense à Coucy le Chateau. C'est une facon de retrouver le lien avec le passé, voire de réparer (encore une fois Coucy)ce qui est aujourdhui considéré comme un acte de barbarie (la démolition de monuments (le chateau de Montfermeil, dans les années 20)


13 septembre 2011 à 17:56

Bonjour,

je pense que le danger est de simplifier la question de la reconstruction des monuments historiques. Un point important est à mon avis le contexte de la reconstruction et les motivations de ses partisans qui sont parfois idéologiques et financières et non patrimoniales (cf le château de Berlin). Le numéro de la revue Monumental de septembre 2010 traite de cette question et il eu à Munich une exposition sur la question de la reconstruction l'année dernière (Geschichte der Rekonstruktion - Konstruktion der Geschichte). En France on parle très peu de reconstruction/restitution, mais en Allemagne par exemple il y a de nombreux ouvrages sur le sujet. Ces lecture permettent de se rendre compte de l'unicité de chaque cas et de la multiplicité des solutions de restauration/reconstruction retenues.
Bonne lecture !

On en discute sur le forum médiéval :
Reconstruction ou restauration du patrimoine ?

Critères de recherche :

Catégorie :
Patrimoine



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