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  1. La Réunion au moyen age

La Réunion au moyen age

Illustration de l'article : La Réunion au moyen age
Détail du planisphère de Cantino de 1502

Si l'ile de la Réunion à une histoire humaine connue très récente, elle n'est pas dépourvue d'une histoire plus ancienne remontant bien au delà de sa première colonisation par les français au XVIIe siècle, à commencer par le Moyen Age. La Réunion, appelée sous le règne de Louis XIV, l'ile Bourbon, accueille ses premiers migrants au cours de l'année 1642, lorsque 12 mutins y sont exilés en provenance de Fort-Dauphin (Madagascar). Avant ça, l'ile est encore vierge.

Convoitée depuis quelques temps déjà par la France, La Hollande ou l'Angleterre, elle ne représente pas d'atout majeur suffisant pour une occupation permanente et durable. Ile vierge, sans trace humaine, royaume animal et végétal depuis l'aube du monde. Pas si sur...

Si l'on peut accepter l'hypothèse que l'ile de la Réunion ne fut pas peuplée lors des grandes migrations humaines protohistoriques du fait de son emplacement relativement éloigné des cotes est du continent africain, bien que l'on pense que Madagascar ait, elle, reçu la visite et l'installation de peuples issues de la culture Swahili, les vazimba1, dès le début de l'ère chrétienne, on peut par contre se questionner, si ce n'est sur sa colonisation, du moins sur sa découverte par les navigateurs nusantariens (malayo-polynésiens) qui, selon tout vraisemblance, furent à l'origine de l'expansion démographique de sa grande voisine2, au début du premier millénaire de notre ère. Leurs connaissances maritimes, les courants et vents dominants d'est en ouest les amenant "facilement" sur la cote est de Madagascar, il est inconcevable que certains de leur navires, réputés gigantesques et pouvant emporter un millier d'homme, n'aient pas croisé au large de la Réunion si ce n'est l'avoir abordé car finalement, cette ile n'est qu'à 400 miles nautiques (740 km) de la cote malgache. Durant plusieurs siècles, des bateaux nusantariens auraient vogué sur l'océan indien, peuplant iles et cotes continentales sans mettre pied sur notre fameuse ile...

A partir du VIIIe siècle, mais principalement au XIe, les arabes, qui ont commencé à installer des comptoirs commerciaux sur la cote est de l'Afrique, s'installent à Madagascar3, d'abord au nord de l'ile, puis rapidement sur sa cote est. C'est certainement de ce point de départ que certains navigateurs musulmans aventuriers ou poussés par quelques tempêtes redécouvriront, plus loin vers l'est, la Réunion (Diva Maghrebin3), l'Ile de l'Ouest en référence à sa soeur Maurice dénomée l'Ile de l'Est (Diva Machrekin) et Rodrigues, l'Ile Abandonnée (Diva Hareb). Cela se passe au court du IXe siècle et Al-Idrîsî, le grand géographe arabe, rapportera cette découverte sur sa carte en représentant 3 iles au large de Komr4 (Madagascar), qui donnera plus tard son nom aux Comores. Malheureusement, si la Réunion est pleine de vie "naturelle", ses cotes hostiles incitent peu au mouillage. Ajouter à cela son éloignement et l'on comprend pourquoi les arabes n'y prêtèrent pas ou peu d'attention.

Au début du XVe siècle, c'est au tour des chinois de découvrir la région malgache avec les expéditions du grand amiral Zheng He. Si aucune preuve n'a encore été trouvé, et sans se lancer dans les hypothèses de la possible découverte de l'Amérique par le navigateur chinois, on peut penser qu'il a touché terre à Madagascar et qu'il fut informé de l'existence de l'archipel des Mascareignes, vu que le but principal de ses expéditions était d'identifier tous les endroits commerciaux possibles. Delà à avoir décider de s'y rendre, c'est une autre histoire... Enfin, quelques siècles plus tard, ce fut au tour des européens de découvrir l'ile.

Il semble que le premier navigateur européen à jeter l'ancre aux Mascareignes soit Diego Fernandez Peteira5 et non Tristan de Cunha qui, le 9 février 1504, accosta sur une "ile" qu'il nomma Santa Apelonya. Sa description du lieu donne à croire que ce fut la Réunion. Quoiqu'il en soit, l'ile n'intéressa pas plus les européens qui ne firent que jeter ses lignes sur quelques portulans. Il fallu ainsi attendre le XVIIe siècle et la création des lignes maritimes indo-européenne avec pour la France la Compagnie des Indes pour que cette terre émergée au milieu des flots n'attire enfin l'attention. Si avec tout çà, la Réunion n'a vue aucun humains foulé son sol...

Pour continuer d'avancer dans les hypothèses de colonisation pré-coloniale, je citerais :

Roger Théodora

En 1978, la découverte du tumulus funéraire de Saint-Leu ne connut aucune suite.

Mais ce rappelle t-on de ce type de repos des morts chez les chrétiens du XVIIe siècle ? Non. Il est évident que ce tombeau remontait à bien des siècles auparavant, malheureusement, l'incompétence des services archéologique et de l'administration de l'époque ne tardèrent pas à rayer le site de la carte.

En 1983, c'est à St Pierre, plus au sud, que des ossements sont découvert dans un cimetière du XVIIe siècle. Là aussi, incompétence maximale des autorités, mais quelques experts purent tout de même constater que les corps, ensevelis à plus de 2,5m de la surface n'avait pas les bras croisés sur la poitrine, comme l'exigeait les rites catholiques de l'époque, mais étendu le long du corps et que certains squelettes étaient même allongés sur le coté comme le font certaines cultures malgaches.

En 2007, suite au cyclone Gamède, des squelettes sont mis à jour à St Paul. Là aussi, rien du coté des autorités archéologiques, pourtant :

Roger Théodora

Les squelettes se trouvaient à ± 2m de profondeur [...] Il semble que les corps aient été inhumés assez près les uns des autres. Ce qui pose la question de la difficulté de creuser dans le sable des fosses de 2 mètres de profondeur sans endommager les restes déjà en terre. La réponse [...] serait que les corps ont été inhumés à faible profondeur et que par la suite, l'épaisseur de la dune ait augmenté [...] La superposition de calques de cartes du littoral de Saint Paul, de l’embouchure de l’étang jusqu’au cap La Houssaye depuis 1732 jusqu’à la dernière photo aérienne faite par l’IGN, montrant qu’il n’y a pas eu de modification notable du littoral prêchent en effet pour une évolution des dunes constante et étalée dans le temps.

Si ce n'est pas encore une preuve que des sépultures pré-coloniale ont été réalisé, d'autant qu'un curé du nom de G. Camenhen en fonction à St Paul du 12 mars 1687 au 14 septembre 1690 aurait précisé qu'en 1687 les "petites gens" était inhumés de façon désordonnée6. Signe que ni les ossement de St Pierre, ni ceux de St Paul date de la période de colonisation occidentale, mais sont bien antérieur à l'arrivée des premiers européens.

Pour la petite histoire, comme quoi il ne faut pas toujours croire ce que l'on lit partout, l'origine du nom des Mascareignes ne viendrait pas du nom d'un navigateur portugais. En effet, sur le web, on apprend que le nom de l'archipel vient de Pedro Mascarenhas, aussi appelé Pero. Il faut tout d'abord savoir que Pedro et Pero sont deux personnages bien distincts. Le premier est un noble qui devint vice roi des Indes, le second, un soldat qui se battit aux Indes. Malheureusement, aucun des deux ne passa de près ou de loin les iles de l'archipel5. En fait, l'origine du nom proviendrait plutôt de "Ilhas masca remhas"5, qui signifie "Iles couvertes de forêts" et qui donna par la suite "Ilhas mascarenhas", ce qui s'accorde parfaitement avec la dénomination faite par le pirate anglais Blackwell qui, lors d'une escale en 1613, la nomme "England Forest"7.

Références sur "La Réunion au moyen age"

  1. "Madagascar 1916-1945, Les regards d'un administrateur-ethnographe : Raymond Decary", par Martine Balard
  2. "Madagascar: terre de rencontre et d'amitié - Mémoires au fil des temps, par Raymond W. Rabemananjara
  3. "Histoire du continent africain : De la préhistoire à 1600", par Jean Jolly
  4. "Histoire générale de l'Afrique noire, de Madagascar, et des archipels", par Hubert Jules Deschamps
  5. "Candide et l'Ancien Puits", par Roger Théodora
  6. "Les cimetières de la Réunion : contribution pour servir à une histoire des mentalités à La Réunion", par Prosper Ève
  7. "L'Atlas des forêts de France", par Jean Gadant
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23 novembre 2009 à 20:17
(Maj : 30/03/2011)
Par



Opinions sur "La Réunion au moyen age"

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25 novembre 2009 à 06:03

Excellent.
On remarque en tout cas que wikipedia et de nombreux site web raconte n'importe quoi.

Merci pour ces rectifications et au plaisir d'en apprendre plus.


27 novembre 2009 à 12:41

Super article, aurais tu par hasard les références historiques de l'article. Merci


27 novembre 2009 à 16:47

C'est clair que j'oublie toujours de mettre les ref.
Je corrige ça dès que possible.


07 décembre 2009 à 18:51

merci pour ces infos, tres bon article


24 novembre 2010 à 12:05

effectivement beau boulot !

donc pour continuer sur ces recherches archéologiques

est ce que quelqu'un aurait des pistes

pour en savoir plus


18 mars 2011 à 13:29

Une équipe franco-malgache du CNRS et de l'université de Mahajanga viennent de découvrir des restes de présence humaine dans le nord-ouest de Madagascar datant de plus de 4000 ans.

Comme cela porte la colonisation de l'ile à plus de 2000 ans avant l'arrivée des premiers nusantariens, on imagine facilement qu'avec ces milliers d'années de présence humaine supplémentaire sur Madagascar il serait étrange qu'il n'y ait pas eu de contact avec l'ile de la Réunion.

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-madagascar-etait-deja-peuplee-il-y-a-4a-000-ans-26580.php

Critères de recherche :

Catégorie :
Civilisation



Histoire de la Réunion et des Mascareignes

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